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Tours revient aux affaires

le 21/02/2018
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Avant de croiser le Champion de France en titre, Chaumont, le week-end prochain, le TVB, co-leader de LAM, a retrouvé un équilibre dans le jeu et du caractère sur la phase retour. Dans une saison pas simple à gérer, Tours est toujours resté debout.

 

Il y en a eu des vents et des tourments. Mais Tours est une cathédrale du volley français. Ici, les fondations sont solides, profondément ancrées au sol, serties de vécu et d’expérience, ces renforts précieux indispensables quand les temps se gâtent. Sûrement que d’autres auraient pris la bourrasque de plein fouet, quand en novembre, décembre, rien n’allait vraiment dans le bon sens à l’extérieur, quand le TVB se cherchait un véritable leader sur le parquet et en dehors, un homme capable d’impulser. Sans doute que beaucoup seraient tombés quand le club et surtout son réceptionneur-attaquant, Nathan Wounembaina, eurent à subir, un soir de dinguerie à Olympiakos en Grèce, les cris de singe et les postures racistes d’une poignée d’imbéciles, sans que cela ne suscite, encore à ce jour, la moindre réprimande de l’autorité tutelle, la CEV.

 

Mais voilà, Tours est sextuple Champion de France et vainqueur de la Ligue des Champions (2005). Il est un vétéran des grandes guerres. Et si fin février, il est éliminé de la Coupe de France et de la Challenge Cup depuis belle lurette, il est toujours debout et fier, ragaillardi même par une phase retour bien plus en phase avec son standing, durant laquelle il n’a laissé en chemin que deux petits points sur 21 possibles ! Et avant de défier samedi, dans un Grenon forcément ardent, le champion de France chaumontais, le TVB est même carrément d’aplomb, co-leader de LAM, à l’heure au rendez-vous désormais. « On avance. C’est vrai qu’on a connu une première partie de saison où il a fallu faire le dos rond, se taire, continuer à travailler et croire en nous. En novembre, décembre, on se pose des questions, on est dans le dur et quand tu es à Tours, il faut gagner ! On s’est dit deux, trois vérités et à un moment donné, il y a eu une prise de conscience. Le groupe a compris qu’on avait besoin d’un autre état d‘esprit, notamment à l’extérieur », exprime l’entraîneur tourangeau, Cédric Enard.

 

Bien sûr, il n’a pas seulement suffi d’un mot plus haut que l’autre, de deux vœux pieux et de trois claquements de doigts pour que la magie opère ! Ce serait trop simple. Un homme est essentiel à la métamorphose tourangelle : Konstantin Cupkovic. Arrivé début janvier, le réceptionneur-attaquant croate de 30 ans a littéralement changé le paysage. Naturellement, il a pris la tête du cortège. D’un coup, il a désinhibé les uns et libéré les autres ! Sur le terrain, les choses se sont aussi soudainement ajustées. Le TVB a trouvé son point d’équilibre et empilé les certitudes sous une carapace guerrière, comme il le démontra par exemple à Rennes le week-end passé, en se relevant sans une égratignure d’un premier set où il avait été pourtant broyé (1-3). « L’arrivée de Cupkovic, ça change beaucoup, beaucoup la donne et pas seulement sur le plan du volley, mais aussi humainement, dans le vestiaire, dans le groupe », convient d’ailleurs Cédric Enard. « Jusque-là, ça bossait, mais ça manquait un peu de pêche, de caractère. Certains joueurs en ont du caractère, mais peut-être pas pour être leader de groupe. Avec l’arrivée de Cupkovic, les mecs qui avaient ça en eux sont redevenus eux-mêmes. On avait besoin d’un mec qui dynamise le groupe. »

 

A quatre journées de la fin de la phase régulière, c’est comme si Tours était seulement au début de son aventure. Tout reste à faire, mais ça frémit et ça vibre à nouveau en Touraine ! « La dynamique positive, on l’a enclenchée, c’est bien. Mais le plus dur reste à venir. Maintenant, il faut la choyer, l’entretenir en vue des Play-Offs. Mon ambition en venant ici c’était de gagner quelque chose, aller au bout d’un truc. Maintenant, avec cette équipe, on a vraiment les armes pour aller au bout», estime le coach, qui tente aussi de ne pas s’emmêler dans les sentiments. Car pour Cédric Enard, à l’instant où Tours se relève et renaît cette saison, c’est presque déjà la fin…

 

Le technicien ne sera en effet plus sur le banc du TVB l’an prochain, remplacé par l’ex-entraîneur de Sète, actuellement à Lubin en Pologne, Patrick Duflos. Le club et lui-même auraient pourtant aimé faire encore chemin commun, mais des dissonances de calendrier ont rasé le projet à la première pousse. Adjoint de Laurent Tillie en équipe de France, Cédric Enard ne pouvait se résoudre  à manquer le Mondial italo-bulgare en septembre prochain. Le TVB, lui, voulait un coach dispo sur le temps de la préparation, pour bien lancer la prochaine saison. « L’envie de prolonger l’aventure, elle y était des deux côtés. C’est un peu la mort dans l’âme. Mais je comprends et je respecte la position du club. De mon côté, une fois que tu as mis les pieds dans une équipe nationale, que tu peux vivre cela, ça me paraissait difficile d’arrêter. J’ai 41 ans, c’est ma 7e année de coach, je suis encore jeune et j’ai soif d’apprendre, de curiosité, de développement. J’ai envie d’avancer et l’opportunité d’aller l’été en équipe de France, d’être confronté au plus haut niveau, c’est inestimable », avise-t-il.  Mais avant de partir, Cédric Enard n’a qu’un seul désir : faire les choses bien jusqu’au bout et ramener à Tours le titre de champion…