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Cannes, l’atout Corre

le 14/02/2018
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A 28 ans, le passeur Raphaël Corre semble atteindre la pleine maturité dans son jeu, au sein d’un groupe cannois ambitieux, leader de Ligue BM, qui vise le titre et la remontée en Ligue AM dès la saison prochaine.

 

Ce n’est pas tonitruant, ce n’est pas extravagant, mais c’est dans le bon sens et sans tapage. Et c’est bien là l’essentiel pour Raphaël Corre, passeur titulaire de l’AS Cannes depuis le début de la saison, créateur de jeu pour l’actuel leader de LBM, étiqueté favori pour la remontée directe en Ligue AM, à cinq journées de la fin de la saison régulière. D’ailleurs, quand Arnaud Josserand, l’entraîneur cannois, s’arrête un instant sur la saison de son passeur, il n’a pas un mot plus haut que l’autre, mais derrière les termes sages se dégage en creux une espèce de force paisible qui sied parfaitement aux ambitions cannoises du moment. «Raph, c’est quelqu’un de très tranquille, c’est un passeur qui est à l’écoute de son groupe. C’est un garçon attentif, tourné vers le collectif et qui essaie de bien faire jouer son équipe. C’est très important», raconte ainsi le coach.

 

Des choses simples en somme, basiques, triviales presque pour un passeur. Mais, dans le courant d’une saison où l’AS Cannes a cumulé les petits pépins, où Raphaël a dû remodeler son jeu de passe, avec la blessure notamment de son binôme, le pointu titulaire, Thomas Zass, revoir à la va-vite le relationnel avec Daniel Maciel, un temps revenu en pointe, puis créer une histoire expresse avec les  nouveaux entrants, le Finlandais Antti Poikela et l’attaquant argentin, Pablo Koukartsev, la mission est soudain devenue un peu plus délicate. «C’est vrai que l’équipe a été pas mal modifiée, qu’on n’a pas pu installer une stabilité forte sur plusieurs matchs depuis le mois de janvier, avec pas mal de changements dans le six de départ. Mais on s’entraîne tous les jours pour pallier cela et tout le monde se fait confiance. Il n’y a pas de mecs au-dessus dans cette équipe et elle vit très bien», convient le Cannois.

 

En discussion permanente avec Arnaud Josserand toute la semaine à l’entraînement et en liaison étroite avec son adjoint, Luc Marquet, les soirs de match, Raphaël a ainsi réussi à poser son jeu, à affiner son sens tactique et aiguiser sa lecture de jeu, tout en conservant ses qualités intrinsèques, celles d’un passeur offensif et moderne, au physique avantageux (1,97 m), qui lui permet d’être performant bien au-delà de la passe, sa sphère de compétence. Bon serveur, gros contreur, excellent défenseur, Raphaël est un rouage précieux, dont la polyvalence permet de relever ici un ballon, de grappiller là un point, comme le week-end dernier où il termina le match à 7 points dont 3 contres face à Orange, sa meilleure marque offensive de la saison. «C’est un passeur qui se rapproche d’un Antoine Brizard, avec une belle dimension physique. C’est intéressant dans un groupe car il est capable de mettre un petit ace, un petit bloc, une première main pour soulager», confirme Arnaud Josserand.

 

Mais pour Raphaël, la bonne nouvelle de cette saison vient surtout des progrès dans son approche du jeu et la lucidité qu’il estime désormais avoir acquise à son poste. Après des débuts en Ligue AM avec Rennes (2009-2013) où il n’eut peut-être pas tout le terrain d’expression qu’il aurait souhaité, il s’est surtout façonné dans l’ombre, en Ligue BM, à Nice puis à Lyon. Mais il y a emmagasiné de  l’expérience, du vécu, il y a joué trois finales aussi avec Nice, club avec lequel il participa à l’aventure de la remontée en 2015-2016. Une maturation peut-être plus lente que d’autres, mais qui l’installe solidement aux commandes de l’AS Cannes aujourd’hui. «J’ai l’impression d’être plus posé. On dit qu’à ce poste, la maturité vient un peu plus tard. A 28 ans, j’ai la sensation d’avoir passé des caps dans la vision du jeu, dans la façon de faire jouer mon collectif, mais aussi dans le calme que je peux dégager, cette sérénité que je peux  apporter à un groupe», avise le passeur cannois.

 

Reste maintenant à aller au bout, à valider le projet de l’AS Cannes, dans lequel Raphaël se sent bien et qu’il entend poursuivre l’an prochain en Ligue AM. «Aujourd’hui, il y a une réelle envie de pouvoir se montrer, faire de belles choses si possibles en Ligue AM», admet-il. «Je ne suis pas frustré de ma carrière. Si je n’ai pas eu l’opportunité avant, c’est peut-être que je ne la méritais pas. Maintenant, j’ai des objectifs, je n’ai pas envie de rester en Ligue BM. J’ai eu besoin d’un peu plus de temps, «de bouteille», pour performer à ce poste. Aujourd’hui, je suis prêt, je vais tout faire pour obtenir ce titre de champion et après on se projettera sur la Ligue AM.» En tout cas, il est déjà dans les plans du staff pour la saison prochaine. «La route est longue, il a encore des progrès à faire au niveau de la gestion tactique de ses matchs, où il montre un peu d’impatience parfois. Mais il est jeune, il a la gagne en lui et on voit qu’il a le niveau», résume ainsi Arnaud Josserand, sans secret ni grands mots, mais avec la certitude que Raphaël a encore un bel avenir devant lui…