Billetterie

Talia, la force de frappe

le 30/11/2017
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Le pointu néo-calédonien d’Avignon est l’un des plus gros physiques du volley pro. Mais le troisième marqueur de LBM possède aussi une technique affinée qui en fait un attaquant redoutable aujourd’hui.

 

Il sourit et s’en amuse volontiers. Maoni Talia est un atypique, un singulier, un colosse qui tonne et qui détonne dans le volley professionnel français. Son physique est monumental, son corps semble taillé dans la pierre. «Il met 20 kilos à tout le monde. Physiquement, c’est un animal», résume joliment son entraîneur, José Amet. Et ça lui plaît au jeune attaquant français, né à Nouméa et venu au volley parce qu’un oncle, entraîneur, lui dit un jour d’essayer. Repéré à 14 ans, lors des Volleyades à Annecy, Maoni fit ensuite le grand saut. Pôle à Dinard, CNVB, puis premières classes à Ajaccio, l’histoire était lancée.

 

Alors, quand il déboule à la salle les soirs de match et que certains adversaires lui jettent des regards interloqués, s’arrêtant sans doute un instant sur le diamètre impressionnant de ses mollets, Maoni se marre, en son for intérieur. «Le physique impressionne beaucoup de monde. Parfois, je sens que certains se disent : c’est lui le pointu, mais comment c’est possible, comment c’est possible qu’il saute ? J’ai conscience d’être atypique, oui. Et ça me plaît», avoue le pointu avignonnais, qui tient le fil offensif de l’équipe vauclusienne depuis trois saisons maintenant.

 

Et effectivement, Maoni Talia saute, et plutôt vite, bien et haut ! Avec plus de 120 kilos à propulser, ce n’est pas le plus délié, le plus aérien des attaquants forcément, mais sa force de frappe, sa puissance sont phénoménales et surtout, elles n’agissent pas seules. Maoni aurait pu, lui, tout miser sur son physique, mais il a mâtiné ce don génétique d’une technique désormais maîtrisée, bien affinée. «Malgré son physique, Maoni est aussi un joueur très technique avec une belle qualité de mains. C’est un attaquant aujourd’hui qui a tous les angles, toutes les lignes, qui est capable de trouver la diagonale, la petite diagonale. En attaque, il a vraiment toute la panoplie même s’il doit encore progresser sut tout ce qui est ballon travaillé», estime José Amet.

 

En tout cas, pour son retour dans le monde pro, Maoni s’éclate. Après trois saisons corses, à Ajaccio, comme un apprentissage en LAM, le Néo-Calédonien de 25 ans avait hâte de quitter l’Elite et de relever un défi plus à sa taille. A l’intersaison, certains clubs de Ligue BM ont bien lorgné sur la bête mais le regard était plus curieux que totalement intéressé et personne n’a vraiment eu l’audace de miser sur lui. «On m’a dit que j’étais encore jeune, qu’on ne savait pas trop comment j’allais évoluer à ce niveau. Cette saison, j’ai vraiment envie de montrer ce que je vaux, j’ai vraiment envie de me montrer», clame Maoni, heureux finalement d’avoir rempilé dans le Vaucluse, au côté de son son ami passeur, Ricardo Martinez, dont il partage l’aventure depuis les  premiers temps au «Gaz» d’Ajaccio et qui le convainquit de venir à Avignon il y a trois ans. Troisième marqueur de LBM (125 pts), le Néo-Calédonien ne se cache pas : «Je veux faire les Play-Offs et être meilleur marqueur !», assène-t-il, conscient aussi qu’il peut encore grappiller des points au contre et au service. «Mon service n’est pas très régulier, il faut que je travaille là-dessus. Ce n’est pas mon point fort», dit-il.

 

En tout cas, malgré une arrivée au volley sur le tard, à 13 ans, Maoni est certain de ne pas s’être trompé de sport, quand d’autres l’auraient bien vu plein champ sur un terrain de rugby. «J’ai essayé le rugby quand j’étais plus jeune, ça me plaisait bien de percuter des gens. Maintenant, c’est le ballon que je percute», sourit le joueur, plutôt discret dans le groupe, malgré un physique immanquable. «C’est quelqu’un de très apprécié, assez discret, qui a de l’humour quand il faut, c’est un gentil», résume son entraîneur, qui a en tout cas trouvé la parade en cas de remue-ménage. «Si on ne veut pas être embêté, on le met devant !». C’est aussi une tactique qui semble payer sur le terrain.