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«C’est aussi une aventure humaine»

le 24/11/2017
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Vainqueur autoritaire de Nice (3-0) hier, Paris s’installe provisoirement à la 2e place de LAM et propose un jeu de plus en plus solide, sur la base notamment d’un service efficace.

 

- Dorian, que pensez-vous du début de saison de Paris ?

Bizarrement, vu la «qualité» de notre préparation, avec pas mal de blessés, notre passeur Nuno (Pinheiro) qui a repris juste avant le premier match, on appréhendait un peu le début du championnat. Mais sur l’envie, on a été plutôt bon dès l’entame. On va gagner à Chaumont, on bat Tours chez nous. Sur l’enthousiasme et nos qualités techniques aussi, on a réussi à démarrer fort. Puis derrière, on a eu un coup de mou. Une fois l’excitation du début de championnat un peu retombée, on a payé notre préparation pas hyper solide. Là, depuis une dizaine de jours, ça commence à se remettre doucement en place. On rejoue correctement, même si on peut encore bien mieux faire.

 

- Ce petit coup de mou dont vous parlez explique en partie cette défaite sèche face à Poitiers à domicile (0-3) ?

Je le situe même avant. On perd à Toulouse, alors que l’on mène 1-0 et 23-21, que l’on peut tuer le match. Mais on n’y parvient pas et on part dans un match galère. En plus de la baisse physique, cette défaite nous a fait perdre de la confiance. Après, il y a le match contre Poitiers. On essaye de ne pas dramatiser mais d’analyser les causes de cette contre-performance, qui n’en est pas vraiment une finalement car Poitiers est une très bonne équipe. Sur cette défaite, on a essayé de ressortir les points sur lesquels il fallait qu’on progresse.

 

- Hier, face à Nice, Paris a proposé une grande qualité de service. C’est vraiment l’une des armes fortes du Paris Volley cette saison !

J’ai le sentiment que sur notre gestion de la prise de risque au service, on est en progrès. On sait que l’on a de grosses qualités au service, mais on avait tendance à être trop en rupture à mon goût, à vouloir faire la différence. Aujourd’hui, on fait peut-être moins d’aces, on met peut-être la jauge moins haute en termes de puissance, mais à 80%, on est beaucoup plus constant et on garde quand même une belle qualité de service et une pression sur l’adversaire intéressante.

 

- Derrière cette mise en jeu agressive découle un jeu plutôt bien tenu à Ajaccio la semaine passée et hier face à Nice, avec notamment un contre de plus en plus performant (12 hier). Paris est en train de mettre son jeu en place ?

On installe tactiquement notre plan de jeu, grâce à cette pression au service et derrière, notre bloc-défense est meilleur. On affaiblit la réception adverse, on limite les choix du passeur, en le faisant bouger. Quand on parvient à une bonne qualité de service, sans tomber dans la rupture, on arrive à bien installer notre contre. Sur le début de championnat, à part les deux matchs perdus, on fait la différence sur le service-bloc-défense.

 

- Dans cette optique, le retour d’Ardo Kreek et la montée en puissance de Franck Lafitte sont des bonnes nouvelles ?

Forcément. Hier, on a fait le choix de donner un peu de temps de jeu à Ardo (Kreek), qui est à court de rythme et qui peut nous apporter encore bien plus. Pour Franck (10 points dont 5 contres hier), j’ai envie de dire que la saison qu’il a vécue l’année dernière, c’est presqu’un mal pour un bien. On profite cette année de son enthousiasme décuplé. Il a faim de ballon, il en veut toujours plus, on sent qu’il prend du plaisir et qu’il veut profiter de la chance qu’il a d’être sur le terrain. Et c’est tout bénéfice pour nous.

 

- Votre pointu, Wouter Ter Maat, fait déjà partie des gros attaquants de LAM. Il semble s’être glissé aisément dans le championnat et dans son costume parisien ?

C’est vrai pour Wouter mais aussi pour tous les joueurs cette année. Tout le monde s’est intégré facilement car cette équipe est composée de joueurs plutôt intelligents socialement. C’est aussi une de nos forces. L’équipe vit très bien car les mecs sont plutôt costauds sur ce plan-là. Ça aide énormément et c’est hyper agréable à travailler. C’est plaisant depuis le début, pour moi, pour les joueurs. On est content quand on arrive à la salle, on sait qu’on va prendre du plaisir. Une belle saison, c’est aussi une aventure humaine.

 

- Pour poursuivre cette montée en puissance, quels sont les principaux axes de travail sur lesquels Paris doit plancher ?

Techniquement, on peut faire beaucoup mieux sur le fond de jeu, notre jeu de transition et l’on doit réaliser parfaitement les choses simples. Par moments, on fait des choses extraordinaires, comme beaucoup d’autres équipes de ce championnat, mais celles qui vont finir par gagner sont celles qui vont avoir le jeu le plus stable et qui feront à la perfection les choses simples. On doit aussi être meilleur dans notre gestion émotionnelle. Parfois, on a encore des passages à vide et on confond un peu agressivité et nervosité, ce qui crée de la crispation et détériore notre technique. Il faut avoir la juste agressivité, qui ne nous empêche pas d’être lucides et sereins.