Billetterie

Al Hachdadi voit très haut

le 07/11/2017
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Le nouveau pointu marocain de Poitiers, Mohamed Al Hachdadi, réussit parfaitement son début de saison et perpétue la tradition des attaquants spectaculaires passés ces dernières années au SPVB.

 

C’était une audace. Une de plus pour l’entraîneur poitevin, Brice Donat. Le jeune technicien (41 ans) est en effet un coach hardi. Jamais effrayé et même souvent tenté par l’idée d’emprunter des sentiers pas encore totalement balisés. Il le fit ainsi ces deux dernières saisons, transformant un passeur néerlandais au physique hors norme, Nimir Abdel-Aziz, en attaquant de pointe véloce et explosif ! Cette fois, il est allé chercher jusqu’en Corée du Sud un pointu marocain, certes international largement reconnu dans son pays, mais pas franchement sur les radars des grandes maisons européennes. Et quand Mohamed Al Hachdadi (1,98 m, 26 ans) a débarqué en Nouvelle-Aquitaine à la fin de l’été, sans doute que Brice, lui-même, ne savait pas avec une infinie précision à quoi s’attendre, mais il avait déjà crayonné sa petite idée.

 

A Poitiers, le feu couve toujours. Il y a eu les grandes heures, puis les temps silencieux. Et dans cette période de reconstruction, de réinstallation au plus haut niveau, de retour à l’ambition, le club poitevin veut encore que ça chante et que ça vibre. Ici, la salle chahute, elle galvanise, elle emporte. Mais il lui faut des coups d’éclats, des sensations fortes. Brice Donat a bien compris cela. Et cette émotion rude, cette joie bruyante est bien souvent proportionnelle à la force du ballon que l’on écrase au sol. Depuis plusieurs années, l’entraîneur a intégré cette notion-là. Il s’est mis en quête d’attaquants capables de mettre le feu, d’embraser Lawson-Body en un tour de bras. «Je sortais de Nimir à l’attaque. Avant lui, j’avais eu Romero Poey, des joueurs explosifs, spectaculaires, capables d’aller très haut. Je voulais rester dans cette lignée pour offrir du spectacle au public. Au-delà des résultats, cette donnée-là est importante. Et Mohamed s’inscrit parfaitement dans ce registre. C’est le genre de pointu que j’aime bien, athlétique, haut et puissant», commente le technicien du SPVB, qui a longtemps lorgné sur le néo-Parisien, Wouter Ter Maat, avant de s’avouer financièrement vaincu.    

 

Mohamed est donc arrivé à Poitiers, avec son bagage à main exotique, passé par le Qatar et la Corée du Sud notamment. Mais avec une expérience très limitée du volley européen (une saison en Finlande, à Loimaa, en 2015-2016) et une vision technico-tactique forcément un chouia courte. «Mohamed était très intéressé par le challenge français, car cela lui offrait la possibilité d’évoluer dans un championnat très homogène où chaque week-end, c’est la guerre !  Cela lui permet de travailler la technique pure et l’aspect tactique qu’il ne maîtrise peut-être pas totalement et dont il aura besoin pour passer un cap. Pour lui, ce passage en France est important car l’objectif à terme, c’est une grosse équipe européenne. Il veut un challenge sportif, s’éclater en Europe quelques années», résume l’entraîneur poitevin.

 

Malgré une préparation débutée tardivement, un début de saison «à trou», avec un aller-retour en sélection marocaine pour la Coupe d’Afrique des Nations, qui lui fit manquer le match face à Nantes Rezé (le seul perdu par Poitiers jusque-là), Mohamed s’est aisément acclimaté. D’entrée, le garçon a frappé très fort, avec un premier match à 36 points à Ajaccio. En trois sorties, il tourne à la moyenne rondelette de 25 points par match et pointe au sixième rang des marqueurs de LAM…avec un match de moins ! «Sur les trois matchs qu’il a faits, il a d’excellentes statistiques, mais c’est aussi en efficacité (53% en attaque), au service, pas seulement en termes de points marqués. Il a aussi les aptitudes pour être bon au bloc et en défense, mais il n’a pas vraiment les bonnes bases, donc on travaille là-dessus avec lui», note Brice, avec satisfaction. L’entraîneur se réjouit aussi de voir que la connexion avec le passeur allemand, Jan Zimmerman, s’affine de jour en jour. «Il travaille avec plaisir. C’est vraiment un joueur très attachant, avec qui je m’entends remarquablement bien. Il est souriant, bien en place dans le groupe. Il est vraiment super à manager», convient Brice. Mohamed n’attend plus maintenant que l’arrivée imminente de son épouse pour que la vie soit encore plus belle dans la Vienne.