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Christina renoue le fil

le 04/11/2017
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Sept ans après, la capitaine de l’équipe de France a retrouvé la LAF avec le RC Cannes. Entre plaisir et ambition, Christina Bauer s’est lancée avec gourmandise dans cette nouvelle aventure.

 

Les mots sont emplis de sourires, teintés d’un doux plaisir qui entoure et protège, comme une fine pellicule. A 29 ans, sept ans après son dernier passage alsacien, en 2009-2010 à Mulhouse, sa terre d’adoption, celle qui l’éleva vers le plus haut niveau du volley international, Christina Bauer est de retour dans le championnat français. Et au-delà des lumières et de la renommée que l’illustre centrale française projette d’un coup sur la LAF, c’est d’abord un petit bonheur que la capitaine de l’équipe de France savoure pour elle-même, sans égoïsme, mais à la juste mesure du plaisir que la nouvelle joueuse du RC Cannes a désormais à croiser des têtes connues, des ex coéquipières, des adversaires qui le furent déjà dans des temps plus anciens. «Cannes, c’était un choix de vie. Je suis bien ici, c’est agréable de travailler avec  les filles, je prends plaisir à aller tous les jours à l’entraînement», concède la néo-Cannoise.

 

La France n’était pourtant pas son premier choix. En quittant Mulhouse en 2010, après six saisons en Alsace, Christina était partie en quête du meilleur. Avec Busto Arsizio, trois ans durant, elle batailla pour les titres, pour la gagne, réalisant un quadruplé monumental en 2012 (Coupe d’Europe, Championnat, Coupe d’Italie et Supercoupe). A Fenerbahçe, elle côtoya des personnalités du volley féminin mondial, la réceptionneuse attaquante coréenne Kim Yeon-Koung («la meilleure joueuse au monde peut-être», dit-elle) ou Eda Erdem, «l’une des meilleures centrales au monde». L’an passé, à Bolzano, la saison fut plus délicate sur le plan sportif. Mais Christina tissa des liens forts avec le club et la région et se voyait bien rester… avant que le club ne soit rétrogradé. «A la base, mon souhait était de rester en Italie. Cela reste le championnat le plus attractif, mais je voulais retrouver l’objectif de jouer pour gagner», confie-t-elle. C’est donc au RC Cannes, au milieu d’autres grandes dames à la peau tannée par le vécu et les titres, telles que Nadia Centoni, Myriam Kloster et Nadiia Kodola, que Christina relève ce nouveau défi et renoue le fil, sept ans après, la tête dans les souvenirs.

 

Forcément, cela remue les émotions. Dès la première journée, Christina a croisé Isaline Sager Weider, l’une de ses plus proches amies, devant sa famille, présente au match. Au gré des week-ends, la centrale française retrouve des lieux connus, comme la Halle du four à chaux à Béziers, parle du bon vieux temps, comme avec la passeuse de Paris St-Cloud, Mallory Steux, la semaine passée. «Des choses ont changé, d’autres me reviennent en mémoire. C’est spécial, mais c’est vraiment chouette de se retrouver contre des anciennes coéquipières de l’équipe de France», dit-elle, avec une petite pointe de plaisir dans la voix.

 

A Cannes, Christina est venue pour gagner. Le doublé Coupe-Championnat est un objectif fixé pour l’équipe présentée comme la grande favorite cette année. Les premiers pas furent un peu hésitants. Accrochées par Vandoeuvre Nancy, les Cannoises ont ensuite lourdement chuté à Béziers, avant de se reprendre face à Paris samedi dernier. «Contre Nancy et à Béziers, on était trop crispées. La semaine dernière, on a montré de belles choses, c’était beaucoup plus fluide. Il commence à y avoir plus de feeling entre les joueuses, une sérénité qui s’installe», note la centrale et pilier d’un RC Cannes qui reçoit Quimper ce soir, avec la possibilité de s’installer en tête de la LAF.

 

Dans le cours des souvenirs, Christina Bauer n’oublie pas d’où elle vient évidemment. Mulhouse aura toujours une place à part. Elle sait déjà que le retour au Palais des Sports sera un moment intense et particulier. «Mulhouse reste le club pour lequel j’ai joué le plus longtemps, le club où j’ai grandi. Il y a toujours Magali (Magail) et je garde d’excellents souvenirs. Ce ne sera pas évident de revenir, même si je l’ai déjà fait avec Arsizio en Coupe d’Europe. Ça reste le club qui m’a lancé et une étape importante dans ma carrière», raconte Christina, qui a laissé là-bas une grande part de sa vie et ses racines familiales. Sa maman continue même à donner un coup de main au club de l’ASPTTT de temps en temps. Le 2 décembre prochain, jour du Mulhouse – Cannes tant attendu, sûrement que son cœur, pour une fois, balancera pour sa fille…