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Chamalières, le volley en version originale

le 22/08/2017
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TOUR DE FRANCE DES CLUBS : CHAMALIERES (LAF)

Champion de France Elite, le club auvergnat retrouve la LAF, avec un peu plus de vécu et toujours une démarche singulière, où la notion de spectacle doit avant tout guider le club tout au long de l’année.

 

C’est rafraîchissant, presque déroutant. Quand le sport pro est souvent affaire de points et de calculs, à Chamalières, il se raconte et se vit autrement. Ici, on monte un chapiteau, on prépare un spectacle, on conjugue le plaisir. Ainsi va la vie au VBCC, de retour en LAF, deux ans après une saison épique, marquée par une descente au bout du fil, sur la dernière rencontre régulière, après avoir eu deux balles de match pour se sauver ! Si le traumatisme fut douloureux, il est désormais totalement évacué. Hier, l’entraîneur Atman Toubani et ses nouvelles dames ont repris le chemin «de l’école» avec la banane. «C’était la grande rentrée, les nouveaux cartables», raconte avec enthousiasme le coach historique du club. «Je suis revenu avec envie, j’avais hâte de rentrer dans le gymnase. J’étais comme un gamin !», dit-il.

 

 

Car Chamalières veut vivre une grande saison. Non qu’il fut, avec ses moyens modestes, un candidat déclaré au titre ou même aux places d’honneur. Surtout pas. Le maintien est déjà une cible suffisamment ambitieuse et compliquée à atteindre. Mais le champion de France Elite 2017 veut voir au-delà ces résultats. Ici, le volley est une fête, un rassemblement, un moment de partage. Et le classement n’a finalement pas tant d’importance que cela. Chamalières veut faire vibrer, oser, sortir du carcan et proposer autre chose. Dans l’approche du sport, comme dans le jeu. «Il faut créer un spectacle. Ici, les gens suivent l’histoire, ils ont mordu au truc. Ils veulent ce spectacle. Il faut vendre plusieurs produits. On sait qu’on ne jouera pas le haut de tableau. Les résultats peuvent aider à remplir une salle quand on cherche un titre. Nous, on apporte un vent nouveau et peu importe presque que l’on finisse 12e. Les sponsors nous soutiennent pour cela aussi», estime Atman Toubani.

 

 

L’audace doit donc être mère de fortune à Chamalières. Le club veut voir grand et envisage même de remplir plusieurs fois la Maison des Sports de Clermont-Ferrand, et pourquoi pas dès le premier match à domicile, face à Evreux, le 21 octobre prochain ! En couplant parfois les soirées avec le club de basket de Vichy-Clermont (Pro B), en s’enrichissant auprès du riche parterre de personnalités du sport de haut niveau dans le bassin Auvergne-Rhône-Alpes, Chamalières veut grandir à sa façon, à sa manière. Et dans le jeu, ce sera pareil ! Après la filière africaine, longtemps privilégiée par le club, c’est l’accent US qui va résonner cette année. Dans le sillage de la passeuse, Kathleen Gates, trois autres Américaines (Neuenfeldt, Schad et Horton) ont ainsi rejoint les rangs.

 

 

Et là encore, Chamalières veut dérouter, embrouiller, comme il avait déjà tenté de le faire il y a deux ans. Avec parfois trois pointues sur le terrain, Chamalières jouera sur le fil de l’attaque, quitte parfois à «dérouiller» en réception. «Si on s’amuse à faire comme les autres avec moins de moyens, il y a 90% de chance qu’on descende. Il faut faire autrement. Le but du volley, c’est de faire tomber le ballon par terre. Jouer avec trois pointues sur le terrain, ça peut nous coûter très cher c’est clair, mais ça peut aussi surprendre. Contre nous, tout le monde prépare ses matchs en bouffant du service toute la semaine. Ça passe ou ça casse. En tribune, les gens le savent. Ça peut être un flop, comme ça peut être un super spectacle», assume le technicien chamaliérois, qui devra cependant se passer de sa pointue camerounaise emblématique, Christelle Nana, durant toute la préparation et même pour la 1re journée, celle-ci étant réquisitionnée par son équipe nationale. Un souci majeur évidemment. Mais pas au point de calmer l’ardeur du coach. «Tout le monde est impatient. C’est encore loin le 16 octobre !», s’exclame-t-il, comme s’il voulait déjà accélérer le temps.