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Toulouse, nouvelle ère

le 27/07/2017
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Finalistes la saison dernière, les Spacer’s ont tourné une page d’histoire à l’intersaison. Nouveau coach, nouvel effectif et Ligue des Champions : le club toulousain fait face à un joli défi.

 

La belle aventure s’est donc terminée début mai dernier. Celle d’une bande de jeunes loups français au talent et à l’ambition aiguisés comme des lames. Celle d’un groupe de mecs impavides, prêts à se rebeller, à relever la moindre balle près du sol. A la tête de cette troupe d’effrontés, Cédric Enard, coach de foi et de conviction, qui éleva avec son staff et la direction du club, la formation au rang de bel art du volley toulousain, en faisant même une composante vitale de l’ADN du club.

 

Alors, quand Toulouse perdit face à Chaumont en finale (3-0), que Brizard, Rossard, Louati et le coach, lui-même, firent leurs adieux au groupe, tout le monde savait que Toulouse ne serait plus comme avant. Le club tournait une page. Mais il ne voulait pas non plus tout chambouler, tout casser. C’est donc Stéphane Sapinart, coach-adjoint, nourri au même lait depuis 2011, qui a désormais la lourde tâche de tirer le navire haut-garonnais. Un défi délicat, mais tellement intéressant à relever que le nouveau technicien en chef n’a pas hésité longtemps avant de plonger, dès lors que le départ de Cédric Enard pour Tours était acté. «Pour moi c’est un super challenge. On a fait de belles choses avec Cédric. C’est un gros challenge parce que sportivement, les résultats obtenus avec Cédric étaient top. Mais c’est aussi le début d’un nouveau cycle», convient le nouveau chef de l’armée toulousaine, entouré désormais de Erik Arjona (assistant-coach), Wilfried Veyrac (préparateur physique) et toujours Benoit Ognier (centre de formation).

 

Car, dans le tourbillon d’une fin de saison ébouriffante, Toulouse a un peu lâché son fil. Les talents maison sont partis. Et même si la pépite internationale de 19 ans, le central Barthélémy Chinenyeze, et le réceptionneur-attaquant de 22 ans, Luka Basic, entretiennent la bonne terre, les Spacer’s ont clairement changé de version, plus polyglotte, pour la saison prochaine. Mais ce n’était à la base, ni l’idée, ni l’envie. Seulement, Toulouse n’a pas vraiment eu le choix. «J’ai été entraîneur du centre de formation. Jouer avec des joueurs français, je suis à fond dans ce choix-là», clame Stéphane Sapinart. «Mais quand j’ai commencé le recrutement, après la finale du championnat, il n’y avait plus de joueurs français tout simplement ! La plupart des bons jeunes français étaient déjà recrutés. Je ne voulais pas avoir une équipe constituée d’étrangers, mais je n’ai pas eu le choix. J’espère l’année prochaine y apporter des touches de jeunes français. C’est un changement de cycle, c’est momentané, il a fallu s’adapter.»

 

Avec une paire passeur-pointu espagnole, Miguel Angel De Amo et Andres Villena, des réceptionneurs attaquants brésilien (Bruno Temponi) et canadien (Ryan Nickifor) et un seul élément nouveau rompu à la LAM avec le libéro belge Jelle Ribbens en provenance de Nice, Toulouse a donc changé de filière. Mais le nouveau technicien assure que sous le tapis, les racines demeurent et il espère bien réussir de jolies choses avec ce groupe tout neuf. «Encore une fois, avoir des joueurs étrangers, ce n’est pas un choix et ça ne correspond pas forcément à l’image de Toulouse. Mais j’espère qu’on va pouvoir faire des choses sympas avec ce groupe-là. Les joueurs ont l’état d’esprit en tout cas», raconte le coach, qui se lance dans une belle mais complexe saison. Avec un tour préliminaire de Ligue des Champions à livrer face aux Serbes de Novi Sad et surtout un statut en championnat dont il va falloir être digne. «Pour nous, le plus important c’est, de loin, le championnat de France. La Ligue des Champions, il faudra déjà s’y qualifier. On reconstruit tout, un collectif, des automatismes avec beaucoup de nouveaux joueurs. C’est une saison qui va être difficile», prévient Stéphane, qui pourra cependant compter sur onze pros, soit un de plus que l’an passé.

 

Et aussi sur une certaine idée du jeu et de la philosophie toulousaine qu’il n’a aucunement l’intention de débroussailler. «Ce que Cédric a réussi à mettre en place, c’est ce qui me correspond à fond. Au niveau de l’état d’esprit, de l’engagement sur le terrain, ce côté accrocheur, combatif, j’espère pouvoir les conserver, même avec un nouvel effectif. Je suis sur la même ligne. La philosophie va rester très proche de ce qu’on a fait avec Cédric, je ne vais pas tout révolutionner», assure le coach, qui réunira ses hommes le 17 août prochain, pour le premier jour d’une nouvelle ère.