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Cazaute, grand défi et nouvelle vie

le 01/06/2017
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Après une saison quasi blanche à Béziers, suite à une rupture du ligament croisé du genou en décembre dernier, la réceptionneuse-attaquante de Béziers relève un grand défi au RC Cannes la saison prochaine.

 

Elle y pense, elle trépigne, sentant que chaque jour, elle se rapproche. Héléna Cazaute est à la croisée des chemins, dans tous les sens du terme. Sur la voie d’un retour au jeu, à l’adrénaline, aux bonnes vibrations. «Là, je n’ai qu’une envie, c’est de me retrouver sur les terrains !», clame la jeune Gruissanaise. Elle est en manque de frissons Héléna, depuis mi-décembre et ce violent, rude et brutal coup d’arrêt. C’était à Evreux, un match lambda, un saut ordinaire, une réception basique. Le pied est dans l’axe, mais le genou ne suit pas… Le diagnostic est sans appel : rupture du ligament croisé, saison terminée. Après l’épaule, à l’hiver 2016, c’était une nouvelle ronce sur le chemin pavé de l’un des plus grands espoirs du volley féminin français, qui a déjà appris à souffrir, alors qu’elle n’a pas encore 20 ans.

 

Quelques mois plus tard, la grande vie n’est donc plus très loin. Héléna a quitté depuis longtemps le canapé familial où elle s’est morfondue trois semaines durant derrière l’opération. «C’était un peu compliquée, je ne pouvais pas bouger et je restais là, à ne rien faire dans mon canapé. Heureusement, après, le temps est passé vite», juge-t-elle. Dès qu’elle a eu récupéré un tout petit peu de mobilité et qu’elle fut autorisée à conduire, Héléna a illico raccroché le wagon, retrouvant une place dans le cercle des Anges (les Angels), au plus près du groupe, à défaut de prendre part au jeu. «Rita Liliom me disait que c’était important que je sois là, que j’apporte mon sourire, ma bonne humeur. Je les ai aidées, encouragées comme je pouvais. Ça m’a permis de rester connectée, ça m’a fait du bien», avoue Héléna, qui pour accélérer le temps, a aussi poursuivi une formation diplômante (BP JEPS) dans les métiers du sport.

 

La voilà donc aujourd’hui dans le dernier tronçon de son retour. Entre-temps, pas mal de choses ont changé. Béziers, malheureusement, n’a rien gagné (finaliste de la Coupe de France) et Héléna, elle, a décidé de quitter «la famille» et ce club héraultais qui l’a fait grandir et l’a élevée au monde professionnel. A la rentrée, c’est dans une maison prestigieuse, au RC Cannes, qu’Héléna va ouvrir un nouveau chapitre. C’est incontestablement le premier grand défi de sa carrière, un tremplin aussi, vers l’étranger et l’Italie, où elle rêve un jour d’aller jouer. «J’avais besoin de changer d’air, de sortir de mon cocon, de voir autre chose. La présence d’un entraîneur italien (Riccardo Marchesi qui remplace Laurent Tillie) a aussi été un plus dans mon choix», justifie-t-elle. A Cannes, Héléna a signé deux ans et va aussi faire face à un autre challenge. «J’avais envie de cela, de cette pression, de m’y frotter. Cannes est un peu plus dans la lumière», concède-t-elle.

 

Alors forcément, à Montpellier, où elle enchaîne les courses, les circuits, les sauts de petites haies et chasse jour après jour la légitime appréhension après une telle blessure, Héléna piaffe, mais patiente en silence, dans le sas d’attente. Bien sûr le terrain lui manque, mais elle n’a surtout pas envie de précipiter les choses. Elle ne sait toujours pas quand elle aura le feu vert médical pour retoucher un ballon de volley, mais elle a déjà prévu de consacrer tout son été ou pas loin à sa noble quête. A l’issue de la phase de rééducation active à Montpellier qu’elle terminera dans une dizaine de jours, la néo-Cannoise coupera ensuite une semaine, avant d’entamer un programme spécifique avec le préparateur physique du RC Cannes. «J’ai tout mon temps, je reprendrai tranquillement, je ne vais pas pousser pour revenir le plus vite possible.» Héléna est à l’aube d’un grand défi et elle n’a surtout pas envie de le manquer.