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Soir de sacre pour Mulhouse et Chaumont

le 07/05/2017
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Vainqueurs de la saison régulière en Ligue A Masculine et Féminine, Mulhouse et Chaumont ont tenu leur rang et décroché leur premier titre de champion de France. Rennes, lui, évoluera en Ligue AM la saison prochaine.

 

 

Depuis le début de la saison, on leur promettait de grandes choses. Eux-mêmes avaient tout tracé ou presque. Il y avait de belles idées, des envies de tout croquer dans les têtes chaumontaises et mulhousiennes. Toute une saison pour vivre cela, toute une année à bâtir, à construire, à empiler des systèmes, à répéter des gammes pour être fort le jour J. Etre là, sur un match, qui déciderait de tout. Et ils ont répondu, ils sont allées au bout. Chaumont a plié Toulouse (3-0), en faisant preuve d’une maitrise de l’évènement et d’une qualité de service bien supérieure à des Toulousains, rattrapés par l’inexpérience et la force de l’événement. Quant à Mulhouse, il est passé par tous les états, toutes les émotions. Son cœur a fait des bonds, la peur l’a frôlé, la détresse l’a touché, la défaite l’a frôlé. Mais à l’arrivée, l’ASPTT a bel et bien décroché en cinq sets (3-2), le premier trophée de son histoire, avec ce titre de champion de France.

 

 

Pour Mulhouse, cette soirée à Coubertin sonne donc comme une délivrance. Douze fois, l’ASPTT était arrivée en finale (8 en championnat et 4 en Coupe). Douze fois, elle y avait perdu. Depuis 1998, Magali Magail, l’entraîneur, les avait toutes vécues, comme joueuse puis entraineur. Alors, quand Maëva Orlé (24 pts) plaça le dernier contre du match, poinçonnant pour de bon le succès alsacien, Magali a défailli et les larmes ont jailli. D’un coup, les misères passées étaient enterrées. «Enfin ! Dix-neuf ans après. J’ai pris quelques rides, mais on y est arrivés. Avec ce titre, ce groupe est uni à jamais», glissait Magali, entre deux émotions fortes. Car Mulhouse avait eu très peur. Face à une équipe du Cannet au jeu tenu, discipliné et qui ne donnait rien (10 fautes directes en cinq sets !), Mulhouse a craint le pire. Incapable de se libérer, malgré quelques «caramels» de son bras armé portoricain, Daly Santana, elle a d’abord joué petit bras et a dû sauver cinq balles de match dans un quatrième set totalement irréel. «On s’est dit que l’on avait plus grand-chose à perdre, qu’il fallait moins réfléchir, revenir sur nos valeurs collectives et tout lâcher», racontait Maëva Orlé. Et Mulhouse, effectivement, y mit alors plus de justesse, de fluidité, moins de peur, pour dompter finalement une équipe du Cannet qui a vu le bonheur de si près, sans jamais l’attraper…

 

 

Pour Chaumont, en revanche, la soirée fut plus calme, même si elle a abouti au même intense bonheur. Face à Toulouse, le finaliste de la Challenge Cup a fait parler la puissance au service, l’anticipation au block et surtout une lucidité, un sang-froid face à l’événement que les Spacer’s n’avaient pas. Pour Silvano Prandi et ses joueurs, ce premier titre de champion est la récompense du lourd travail accompli toute l’année, mais il n’est qu’un premier pas. Chaumont veut désormais s’inscrire parmi les grands, aux côtés de Tours et Paris, les deux cathédrales du volley français depuis quinze ans. «Je crois que l’on a montré de la qualité et que l’on va pouvoir construire et même s’améliorer encore. Ce titre est une bonne chose pour construire et la Ligue des Champions va être une bonne expérience pour nous», racontait l’entraîneur italien. Pour Toulouse, en revanche, la fin de l’histoire est un peu gâchée. Une vilaine rature avant de se dire au revoir. Avec les départs actés de Cédric Enard, le coach, à Tours, ceux d'Antoine Brizard, Nicolas Rossard, Yacine Louati et Bram Van Den Dries, Toulouse est triste et dépeuplé. «Ce n’est pas nous ça. Le plus rageant, c’est le visage que l’on a montré. On ne mérite pas ça», glissait Cédric Enard, les yeux rougis par les larmes. Sans doute qu’il faudra un peu de temps à cette bande de potes pour oublier ce triste soir.

 

 

Chaumont et Mulhouse au panthéon du volley français, la grande journée à Coubertin avait d’abord commencé par le duel pour l’accession en Ligue A entre Rennes et l’AS Cannes. L’un, Rennes, le désirait avec force depuis deux ans. Son coach, Nikola Matijasevic, voulait croire qu’il y avait une justice dans le sport. L’autre, Cannes, réfugié de Ligue AM, voulait mener au bout sa mission survie. A l’arrivée, Rennes, porté par une foi plus grande, a chassé les fantômes du passé. «Ce que l’on a vécu l’an dernier, on l’avait oublié, mais cela nous a servi. On s’est dit que l’on n’avait pas le droit d’être petit bras», racontait l’entraîneur des Bretons. En tout cas, pour le jeune central, Gildas Prevert, pas couard pour deux sous pour sa première finale comme titulaire, à 20 ans, l’histoire était belle. «C’était le match le plus important de ma carrière pour l’instant. Mais je ne me suis pas pris la tête», avouait-il, après sa belle partie (14 pts dont 3 ctres). Pour Cannes, en revanche, c’était moins joyeux. Place forte du volley français, l’AS Cannes était en difficulté ces deux dernières saisons et cette fois le couperet est tombé. «C’est à l’image de ce que l’on a vécu toute la saison. On n’est pas loin mais jamais vraiment là», se désolait Arnaud Josserand. Pour les Cannois, il faut maintenant rebâtir en Ligue BM.