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Toulouse : Pour un beau clap de fin

le 04/05/2017
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Finaliste LAM pour la première fois de son histoire, Toulouse veut vivre le moment intensément, mais avec l’audace et l’ambition qui ont caractérisé cette joueuse et jeune équipe tout au long de la saison.

 

Tous savent que la fin est proche. Depuis quelques jours à l’entraînement, ils semblent vouloir étirer le temps, grappiller une tranche, encore, de cette bonne vie passée ensemble. Samedi, Toulouse va disputer à Coubertin la première finale LAM de son histoire. Un moment intense, magique évidemment pour une équipe arrivée seulement sixième sur la ligne de la saison régulière et qui a passé Nice en demi-finale et Tours en quart au laminoir en Play-Offs, avant que le TVB ne devienne quelques jours plus tard un grand d’Europe ! Ce n’est déjà pas rien, mais ces garçons-là en veulent encore plus. Comme Chaumont bien sûr. C’est trivial : on n’arrive pas en finale pour la perdre.

 

 

Mais pour ces Spacer’s, le rendez-vous de Coubertin a une saveur encore un peu plus particulière. Au-delà du titre de champion de France que cette finale a à offrir, elle est le dernier acte commun pour cette bande de potes. Champion ou pas, Toulouse va devoir refaire sa vie. Victoire ou défaite, Antoine Brizard, jeune passeur au physique colossal et au talent majeur, s’en ira, Nicolas Rossard, libéro magnifique aussi, puis Bram Van Den Dries, pointu ravageur, Yacine Louati, réceptionneur-attaquant de grand avenir…mais aussi Cédric Enard, l’homme à la barre. Samedi soir, quand la dernière balle tombera, dans un camp ou dans l’autre, l’entraîneur toulousain refermera le grand livre d’une histoire toulousaine de 15 ans, entamée en 2002 sur sa fin de carrière de joueur et terminée aujourd’hui dans le sérail, parmi les coachs qui comptent dans le volley français. Alors oui, tous ont envie de vivre ce moment intensément. «Ça rajoute peut-être un peu d’envie de bien faire, de bien finir avant de se séparer», avoue Cédric Enard. «Mais le petit supplément d’âme, il est surtout dans le désir des mecs de vivre ensemble le plus longtemps possible. Ils sont tellement bien ensemble depuis le mois d’août. Parfois, à l’entraînement, ils le disent, moi j’écoute, et ça me fait plaisir. Franchement, ça a été un régal toute l’année», raconte le technicien, un rien ému.    

 

 

Forcément, au moment des premières balles samedi soir, tout cela va produire un sacré bouillonnement dans les têtes. Mais il faudra très vite ne plus y penser et jouer cette finale pour la gagner, sans autre attention ni préoccupation. Le coach en est conscient. Toute la semaine, derrière les séances d’entraînement, il n’a cessé de marteler et d’insister sur le rendez-vous sportif qui les attendait samedi. Car Toulouse, tout bon 6e qu’il fut cette saison, a les moyens d’enquiquiner la grosse machine à servir chaumontaise. Sa jeunesse française, son audace, ce jeu instinctif bien tenu dans un cadre tactique, sont tout à la fois source de plaisir et des atouts monumentaux. «Quand tu as une équipe jeune, il faut quand même une discipline tactique. J’aime quand on est respectueux des schémas de jeu, par contre je n’arrête pas de leur dire que ce que j’aime chez eux c’est le côté no limit ! Ça peut partir, ça tente des coups, parfois il faut recadrer, ça peut partir dans le n’importe quoi, mais on a tellement à y gagner quand on s’exprime comme ça !», s’enthousiasme Cédric Enard.

 

 

Et puis cette année, il y a le pointu. L’attaquant de race, l’homme fort capable de faire tomber la grêle en fin d’orage. Avec Bram Van Den Dries (2,07 m) et son bras musclé, Toulouse a eu du nez. Meilleur marqueur du championnat, le Belge (23,5 pts par match) est bien celui qui a transporté les Spacer’s, systématiquement sortis au premier tour des Play-Offs lors des trois dernières éditions, dans une autre dimension. Son entente avec Antoine Brizard forme une diagonale qui a rendu fou plus d’une défense cette saison. Opéré d’un pied sérieusement abimé en janvier 2016, le joueur a respecté toute l’année un protocole de soins. Il fallait oser. Toulouse a misé juste. «Il fallait tenter un coup. Après la signature, j’ai passé l’été à me dire : J’espère que je ne me suis pas planté ! A l’arrivée, c’est au maximum de ce qu’on pouvait espérer», glisse l’entraîneur. Décidément, à tous les plans, Toulouse a vécu une grande histoire cette année. Reste maintenant à y mettre le plus beau point final…