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«On n’a pas explosé grâce à la Coupe»

le 09/03/2017
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Nantes Rezé défie Ajaccio samedi pour la première finale de Coupe de France de son histoire. Pour l’entraîneur, Martin Demar, c’est sans doute cette aventure qui a permis à son équipe de ne pas sombrer, quand la saison en championnat fut souvent délicate.

 

- Martin, que ressentez-vous avant de disputer la finale de la Coupe de France, samedi face à Ajaccio ?

Evidemment, on est content de jouer cette finale à Clermont Ferrand. Ce n’était pas évident, dans notre situation, d’arriver jusque-là, parce qu’à cette période de la saison, on était vraiment moins bon en championnat. Mais en Coupe de France on a réussi à gagner de gros matchs. On a battu Paris 3-0, Montpellier 3-1 ! Je pense que la Coupe de France nous a permis de ne pas exploser dans la tête, de rester un peu serein. Grâce à cette compétition, on a aussi pu avancer dans le travail, en championnat. C’était notre bonus cette saison.

 

- C’est donc la Coupe finalement qui vous empêche de ne pas perdre pied ?

Exactement ! Comme je l’ai dit, c’était le bonus qui fait du bien pour la tête. On savait que l’on avait du talent mais on n’était pas capable de le concrétiser, de le montrer en  championnat. La Coupe nous a permis de travailler et d’évoluer dans notre jeu.

 

- Comment expliquez-vous que cette saison ait été si délicate pour vous ?

Si j’avais une solution, je l’aurais appliquée ! Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas évident, chaque année, de changer pas mal l’effectif. Surtout, on a pris des joueurs qui ne connaissaient pas le championnat et qui ont été très surpris par le niveau, la combativité qu’il fallait mettre chaque semaine. Quand tu joues en Belgique, en Allemagne, ou même Italie, tu as toujours quatre, cinq équipes très fortes et certaines autres moins bonnes. Même quand tu es moins performant, tu es persuadé de gagner quand même quelques matchs. En France, ce n’est pas le cas. Si tu n’es pas prêt dans la tête, si tu n’es pas fort mentalement tous les week-ends, tu perds. Après, c’est vrai aussi que la défaite contre Nice à la maison (le 26 novembre), alors qu’on mène 14-8 dans le 4e set, nous fait très mal. A partir de là, le doute s’est installé et on ne savait plus trop quoi faire. Notre jeu n’était pas vraiment au niveau.

 

- C’est symbolique, mais vous venez justement de dominer coup sur coup Paris et Montpellier en championnat ! Nantes Rezé semble se redresser au bon moment alors ?

Quand on a perdu Floris Van Rekom (épaule), avant le match contre Poitiers (le 18 février), que l’on perd ce match 3-0, ça nous a encore fait très mal psychologiquement. Mais derrière ça, on s’est dit que l’on n’avait rien à perdre. Nos dirigeants nous ont laissé travailler. Joueurs et entraîneurs, nous nous sommes concentrés sur le boulot et ça nous a aidés. Je pense aussi qu’on a fait un gros match contre Paris. C’était important de gagner ce match 22-20 au 5e set ! On n’avait jamais eu l’occasion de gagner un match comme ça depuis le début de la saison et ce genre de victoire a beaucoup manqué au groupe, pour sa confiance. Celle-ci nous a fait du bien et on a su confirmer derrière contre Montpellier. On a été présent dans tous les secteurs de jeu, on a continué d’être agressif, positif, on s’est amusé sur le terrain, point par point. Contre Poitiers, tout le monde croyait qu’on était condamné à jouer le barrage. Ces deux victoires nous ont donné de la confiance. On s’est  complètement libérés, complètement lâchés.

 

- Rester positif, c’était une attitude indispensable pour espérer relever la tête à un moment ?

J’ai été positif toute l’année oui. Ce n’était pas évident. Mais le groupe est sympa, il travaille bien. Bien sûr on a passé des moments difficiles, mais on les a passés ensemble, pour sortir de la situation critique.

 

- C’est avec cet état d’esprit que vous devrez aborder cette finale de Coupe, la première de l‘histoire du club ?

C’est notre première, pour le club et même pour moi ! Personnellement, je rêvais de jouer une finale en France. C’est très beau et ça donne une certaine marque aussi pour l’entraîneur. On tombe contre Ajaccio, qui n’est pas simple à jouer, avec des joueurs d’expérience, qui savent à quel moment il faut mettre la main sur le match. En plus, c’est leur 3e finale en un an, ils ont gagné la Coupe de France l’an passé, la Supercoupe en début de saison, ils ont l’expérience de ce genre de match. Nous, on n’a jamais vécu ça, on n’a aucune expérience. Mais on ne va pas se mettre de pression. C’est grâce à la Coupe qu’on n’a pas explosé, qu’on n’a pas plongé dans le doute. On va aborder cette finale comme les matchs précédents, jouer avec la tête froide et être très combatif, positif et jouer pour gagner bien sûr. C'est peut-être la dernière finale pour moi et pour certains joueurs et on aimerait ne pas rater ce rendez-vous.

 

- Derrière cela, vous pourrez même continuer à croire aux Play-Offs ?

On joue match par match. Maintenant, je ne pense qu’à la finale de la Coupe de France. Je ferme les yeux et je ne vois que la Coupe au-dessus de ma tête ! Après, en championnat, on va jouer à Chaumont, puis il reste deux matchs à la maison (face à Toulouse et Ajaccio). Mais la vérité, c’est d’abord éviter le barrage ! Il y aura une bataille jusqu’au bout entre Cannes, Sète et nous. On vient d’enchaîner deux très bons matchs, il faut continuer comme ça, mais je reste vigilant et les pieds sur terre. Je n’ai pas envie de trébucher.