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« Pas de coupe dans les ambitions ! »

le 01/03/2017
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Toujours présent sur les trois tableaux, 5e du championnat, quart de finaliste de la Coupe d’Europe (Coupe CEV) et qualifié pour la finale de la Coupe de France, Ajaccio s’installe désormais parmi les places fortes du volley français et son entraîneur, Frédéric Ferrandez, entend jouer tous les coups à fond.

 

- Frédéric, ça semble sourire pour Ajaccio et  pourtant, la saison fut loin d’être simple, avec une flopée de blessés notamment ?

Ca n’arrête pas depuis décembre ! J’ai eu pratiquement tous mes joueurs touchés à un moment dans la saison. C’est une chose inédite, autant de blessures c’est assez incroyable. Mais malgré cela, on arrive à remplir tous les objectifs que l’on s’était fixés. On est cinquième en championnat, en course pour les Play-Offs, on va défendre notre titre en Coupe de France (le 11 mars prochain face à Nantes Rezé) et on est en quart de finale de Coupe d’Europe !

 

- Qu’est-ce qui fait finalement que vous vous en sortiez aussi bien malgré les aléas, le calendrier chargé et les blessures ?

On s’en sort car on a misé en début de saison sur une richesse de banc. Au lieu de mettre un paquet d’argent sur six, huit joueurs, on a préféré répartir l’enveloppe sur une rotation plus large, à 12 joueurs. A partir de cette richesse de banc, on a réussi à construire un collectif cohérent et équilibré. On a souvent joué avec la manière. Au début de la saison, j’ai bien expliqué aux joueurs qu’ils étaient 12 et qu’il y avait moyen de faire quelque chose.

 

- Avec la manière, mais avec beaucoup de caractère aussi !

C’est un peu la marque de fabrique maison. J’essaie de prendre des joueurs avec beaucoup de caractère. Ce n’est pas facile à gérer tous les jours ! Mais quand on aurait tendance à s’alarmer de suite quand ça ne va pas, moi je vois les choses différemment. Contre Chaumont, on gagne avec le passeur en pointe et le pointu en réception ! On gagne avec sept joueurs, je n’ai pas un remplaçant ! Sur le banc, les gars étaient là pour faire le nombre, mais ils étaient blessés. 

 

- Vous êtes encore engagés sur tous les tableaux. Vous n’avez pas pensé faire impasse sur l’une ou l’autre des compétitions pour préserver votre effectif ?

Non. Il n’y a pas de coupe dans les ambitions ! Je joue tous les matchs pour les gagner, même à l’entraînement ! C’est une culture que j’essaie d’inculquer aux joueurs mais ils l’ont en eux. Il y a juste à raviver la flamme parfois. Etre sur les trois compétitions (championnat, Coupe d’Europe, Coupe de France), c’est la deuxième saison d’affilée pour nous. On est la seule équipe du championnat encore dans ce cas. Cette année, on laisse des plumes en championnat, où on a un peu moins de carburant, mais sans faire d’impasse. Ce n’est pas facile, j’apprends à gérer les situations, la fatigue supplémentaire, le temps d’attente, avec le fait de devoir tout le temps prendre un ou deux avions en déplacement. On perd énormément d’influx physique et nerveux. Hier, nous sommes partis à 6h du matin d’Ajaccio pour aller à Istanbul et on a réservé une salle de musculation dans un hôtel à côté de l’aéroport à Paris, pour ne pas perdre la journée ! Il faut se débrouiller.

 

- En tout cas, Ajaccio confirme sa montée en puissance sportive et structurelle. Le club est-il en train de s’installer dans le paysage du volley français ?

C’est un projet parti depuis bien longtemps et la nouvelle salle (U Palatinu) a permis de mettre tout cela en œuvre. Ça a complètement changé le cadre de fonctionnement, on a pu mettre des choses en place, plus adaptées aux sportifs de haut niveau et c’est beaucoup plus facile. Le club est plus pro, la structure mieux organisée, j’ai un adjoint à plein temps avec moi, un ostéo qui fait les déplacements avec nous… Mais il ne faut pas croire qu’on est arrivé, on n’a encore rien prouvé, même si deux titres en deux saisons, c’est déjà énorme pour nous. On a été un club qui jouait le maintien tous les ans depuis dix ans et maintenant, on joue pour gagner des titres ! Les gars sont pleinement ancrés dans le projet et on propose de la qualité dans le jeu aujourd’hui. On essaie de faire le maximum.

 

- C’est d’autant plus méritant que le championnat aujourd’hui est extrêmement costaud et homogène !

Je pense que c’est l’un des plus beaux championnats européens. On a de très bons joueurs chez nous, des jeunes français qui éclosent de partout, comme Patry, Boyer, Brizard. Ça fait du bien à notre championnat. Paris et Tours sont toujours là mais ils ne sont plus seuls. C’est bien que l’on voie d’autres visages. Il y a deux équipes en ¼ de CEV, une en Challenge Cup : il y a du boulot qui est fait. Je pense qu’on est dans les clous et que ce nivellement tire le championnat vers le haut. C’est peut-être encore un peu en-dessous d’un championnat polonais ou italien, mais ça n’a rien à envier à la Turquie.