C’est phénomène Haak !

le 07/01/2017
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La jeune attaquante franco-suédoise de Béziers, Isabelle Haak, meilleure marqueuse LAF, est un véritable phénomène, qui rayonne sur le championnat depuis le début de la saison.

 

Elle a 17 ans et une voie pavée de belles promesses devant elle. Arrivée à Béziers l’été dernier, Isabelle Haak a posé son empreinte et son sourire indéfectible sur la LAF. Meilleure marqueuse du championnat (243 pts après la 10e journée), elle est le moteur rugissant des Angels de Béziers, leaders du championnat, qui accueillent ce samedi les Mariannes de Paris Saint-Cloud. Suédoise de naissance, mais de sang français par son père, l’attaquante venue du Nord est un talent rare, un véritable phénomène.

 

Précocité, maturité, férocité

Isabelle Haak n’a pas attendu le nombre des années pour se montrer. Après avoir poussé ses premiers ballons à 9 ans, elle s’impose très vite dans son pays. Double MVP du championnat avec Engelholms, elle honore sa première cape internationale à…14 ans et sans aucune appréhension ! «Je me souviens que l’équipe n’arrivait plus à faire de points. Elle rentre et elle tape dans la balle ! Elle n’a pas peur», raconte Anita, sa maman. Pour le technicien héraultais, Cyril Ong, la maturité dont faire preuve son attaquante est assez stupéfiante. «Elle arrive, elle n’a pas de pression. Elle sait qu’elle a les capacités, le potentiel. Elle a déjà beaucoup de maturité, une grosse puissance et un gros mental. C’est une tueuse sur un terrain et techniquement, elle est très forte déjà.» Elle est aussi portée par un physique et des qualités athlétiques hors normes. Une taille (1,95 m), une explosivité et de longs segments qui lui confèrent une hauteur d’intervention incroyable. Elle frappe fort, sert fort et sa présence au block (24 contres) n’est pas négligeable. «Mais je peux encore progresser partout, notamment dans le jeu défensif et en réception», tempère la joueuse, un peu gênée lorsqu’il s’agit de se mettre en avant. 

 

L’insouciance de la jeunesse 

Pour le coup, l’expression n’est pas convenue : Isabelle Haak rayonne sur la LAF mais elle ne se prend surtout pas la tête ! Elle promène constamment son large sourire et même si sa vie est un tantinet différente de celle des ados de son âge, elle pose un regard candide et souvent insouciant sur ce qui lui arrive. «Je ne pensais pas réaliser cela si vite. Je suis heureuse, j’apprécie. Mais ce n’est pas juste moi. Sur le terrain, il y a d’abord une réception et une passe», résume-t-elle, humblement. Posée, équilibrée, la joueuse est suivie de près par sa maman, Anita, qui a fait avec elle le déplacement à Béziers. Après avoir eu la douleur de perdre son père en 2009, Isabelle ne se sentait pas de tenter l’aventure française toute seule. «Je suis contente qu’elle soit là, c’est important pour moi. Et puis, entre le volley et les cours, je ne peux pas tout faire. La cuisine, laver le linge, elle m’aide beaucoup !», sourit la grande blonde, qui passe par correspondance son bac suédois. «Elle a toujours le sourire, la banane en permanence, jamais de mauvaise humeur», souligne Cyril Ong, ravi d’avoir déniché une telle perle.  

 

Un avenir à choix multiples

Forcément, un tel talent ne passe pas inaperçu. A 17 ans, Isabelle Haak est à l’aube de choix de carrière importants. Engagée pour deux saisons avec Béziers, l’attaquante est déjà courtisée. L’université de Texas (NCAA) la suit attentivement et l’Europe la regarde aussi. «J’ai beaucoup d’options, mais je peux aussi rester un an de plus ici. Béziers, c’est un bon choix, c’est comme une famille», dit-elle. En attendant, la maman gère le courrier et les candidatures qui affluent. «Beaucoup de grands clubs écrivent, mais à beaucoup je ne réponds pas. L’avenir n’est pas décidé encore», admet Anita. Il demeure flou aussi en ce qui concerne l’équipe nationale. Internationale suédoise, Isabelle Haak a toujours la possibilité de revêtir à l’avenir le maillot français, à condition d’observer une période de deux ans sans matchs internationaux. «C’est un peu dur de choisir. Je n’ai pas pris de décision encore, on verra», glisse-t-elle.

A Béziers en tout cas, on ne fait pas de secret : l’idée est évidemment de garder le joyau dans l’Hérault une saison supplémentaire, même si le sujet n’a pas encore été posé sur la table pour l’instant. Leader de LAF, actuellement en pleine recherche d’un joker médical pour remplacer Héléna Cazaute, blessée jusqu’à la fin de saison, Béziers veut vivre sans retenue cette belle aventure.