«On ne fait pas de bruit»

le 26/12/2016
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Les Nantaises surfent sur six succès de rang avant de se rendre mercredi au Cannet. L’entraîneur, Sylvain Quinquis, peut compter sur un groupe plus expérimenté et qui ne lâche rien cette année.

 

 

- Nantes est 4e de LAF et reste sur six victoires de suite. Qu’est-ce qui fait la réussite de ce groupe sur cette première partie de saison ?

C’est un groupe qui s’entend bien, qui travaille bien. Il a fallu que le collectif se mette petit à petit en place. On a disputé des matchs accrochés, sans jamais rien lâcher. A Evreux, on était très mal embarqué mais les joueuses ont su aller chercher cette première victoire à l’extérieur qui a lancé la série. On a aussi gagné à Paris, à l’arraché, après avoir mené 2-0. Ce sont des succès à l’image de l’équipe, qui baisse rarement les bras, qui a aujourd’hui un peu plus de confiance en son jeu.

 

- Il y a eu du chemin de fait sur ce plan car le début de saison fut un peu délicat, non ?

Il a fallu effectivement installer cette confiance. Le début de saison m’a fait un petit peu peur. C’était un peu hésitant. On s’incline à Quimper, on ne concrétise pas une balle de match pour gagner 3-0 contre Mulhouse. Après, le doute s’installe un peu. Ça n’a pas été simple à gérer, il a fallu rester positif, pour que les filles se lancent vraiment, pour que le collectif se mette vraiment en marche. On a géré ce moment autrement par rapport à l’an passé, en gardant un discours le plus positif possible, sans montrer une pression ou une inquiétude directe. Là, depuis quelques matchs, c’est plus solide. On ne perd pas pied, le jeu ne part pas dans le désordre, on a des bases un peu plus solides. Ça nous permet de pouvoir réagir et rester lucide. On n’a pas encore une totale maîtrise de notre jeu, on a gagné qu’un match 3-0 à Venelles, mais l’important, c’est que l’on gagne les matchs.

 

- Nantes a perdu trois finales en trois ans et sort d’une saison mitigée. Se nourrit-on de ces frustrations-là ?

Oui, forcément. Ce sont des expériences dont il faut tirer des conséquences pour essayer de trouver ce qui a manqué. Ça a été beaucoup de frustration de ne pas réussir à décrocher un titre, notamment l’an dernier face à Cannes en finale de Coupe de France, où on avait les moyens de s’imposer. Mais c’est une chose compliquée de gagner un titre. Il faut vraiment faire preuve de constance, de régularité, être présent dans les moments importants.

 

- L’arrivée de joueuses avec pas mal de vécu, comme Cutura, Bacsis, Pihlajamaki est donc un élément clé de la réussite nantaise jusque-là ?

Oui. Le groupe a été construit dans ce sens-là, avec un peu plus d’expérience, de vécu. Avec des joueuses comme Cutura, Tiemi, Bacsis, Pihlajamaki, on a essayé d’amener un peu plus de maturité autour de nos jeunes joueuses prometteuses. Ce mélange fonctionne plutôt pas mal, même si on reste très prudent et très humble dans ce championnat très ouvert. Il faut rester vigilant.

 

- Parmi ces recrues, Hana Cutura, troisième marqueuse LAF (166 pts), apporte clairement une nouvelle dimension offensive à l’équipe !

C’est effectivement une joueuse avec un profil plutôt offensif et de grosses qualités physiques. Elle peut avoir un gros impact. Surtout, c’est une vraie professionnelle, qui ne lie pas du tout la performance à la chance. Elle a une grosse préparation d’avant-match, c’est vraiment une vraie pro.

 

- Votre pointue, Roxana Bacsis peut, en revanche, sans doute vous apporter un peu plus ?

Elle nous a rejoints tardivement, ce n’est pas une situation facile à gérer, d’autant qu’il y a  beaucoup d’attente autour d’elle. Elle a un gros statut à endosser, elle en est consciente, elle bosse énormément. C’est à elle maintenant de pouvoir gérer cette attente, cette pression, ces responsabilités qu’elle a d’apporter du scoring à l’équipe.

 

- Comment gère-t-on ce Boxing Day, avec ce déplacement au Cannet mercredi, entre Noël et le nouvel an ?

C’est un peu dur pour les joueuses je trouve. D’autant que nous n’avons pas fait le choix de sacrifier la Coupe de France, même si on s’est fait éliminer par Béziers (3-0). On s’est entraîné le 24 au matin, avec un petit repas de Noël avec les joueuses le midi, puis on s’est entraîné à nouveau deux fois aujourd’hui. On laissera quatre jours de repos aux joueuses après le match au Cannet.

 

- Votre situation au classement vous donne-t-elle de nouvelles ambitions ?

Je préfère rester très prudent. Notre statut nous va très bien. On ne fait pas de bruit, on ne parle pas trop de nous, on fait notre petit bonhomme de chemin, on avance tranquillement, ça nous va bien ce rôle-là. Mulhouse, Béziers, Le Cannet sont devant et nous on est derrière, en embuscade.

 

- En revanche, vous voulez relever un grand défi le 7 janvier prochain ?

On accueille les championnes de France de Saint-Raphaël à la salle métropolitaine de la Trocardière pour la première fois et on aimerait bien battre le record d’affluence LNV. C’est une salle de 4500 places et on va essayer de battre le record détenu par les garçons de Toulouse (4223 spectateurs pour Toulouse/Cannes en 2011). Il y a le potentiel. L’an dernier, contre Yuzhny en Coupe d’Europe, on avait fait 5300 personnes à Beaulieu, donc c’est possible. Tout le monde est mobilisé !