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Fidon, le grand pas en avant

le 09/12/2016
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Après une saison en université américaine, la jeune réceptionneuse-attaquante d’Evreux, Juliette Fidon, a découvert la Ligue AF sans appréhension, ravie d’avoir à assumer déjà beaucoup de responsabilités.

 

Il y a des pans de vie où tout va vite, où l’histoire palpite. D’un coup, tout s’accélère et l’on se sent un peu comme dans un tambour à linge, balloté ici et là, sans finalement pouvoir maîtriser grand-chose. Juliette Fidon a connu un peu cela depuis qu’elle a reposé le pied sur le sol français au début de l’été. A 20 ans, la réceptionneuse-attaquante d’Evreux a changé de cap, radicalement, soudainement. Partie à la rentrée 2015 pour tenter l’expérience universitaire américaine, elle est rentrée en France, un peu prématurément au bout d’un an. Et au cours des quatre derniers mois, elle a découvert l’équipe de France, la Ligue AF, Evreux, de nouvelles coéquipières et les responsabilités qu’elle aime tant assumer ! Tout cela en un souffle, sans presque avoir le temps de respirer. «En fait, on vit ça au jour le jour, on prend les choses comme elles viennent. C’est sûr que le tout début de saison avec Evreux n’a pas été évident. Il fallait un peu de temps pour que les choses se mettent en route», raconte la jeune internationale.

 

Du temps aussi, sans doute, pour digérer l’expérience NCAA aux Arkansas Razorbacks, pas pleinement satisfaisante et écourtée au final, sans tristesse. Elle qui rêvait de vivre à fond l’aventure du sports-études à la sauce US, s’est vite retrouvée désoeuvrée, privée de volley tout le premier semestre en raison de problèmes administratifs. Et quand elle a pu réintégrer l’équipe, le championnat était terminé ! «C’est sûr que c’est un peu frustrant. Au deuxième semestre, je n’ai fait que les entraînements. C’était difficile car je n’avais pas le volley et très peu de vie sociale. Avec le recul, je ne sais pas si j’aurais aimé continuer à faire ça, mais je ne regrette pas d’y être allée», commente l’ex pupille du Pôle France cadette de Châtenay-Malabry.

 

Forcément, en France, sa vie a sacrément changé. Retenue chez les Bleues à l’été, propulsée joueuse majeure à Evreux par l’entraîneur, Oliver Lardier, Juliette Fidon (105 pts) retrouve les sensations, les bonnes vibrations, comme au bon vieux temps du Plessis-Robinson, club avec lequel elle fut championne de France junior. «Avec son niveau technique, elle assume un rôle très important dans notre collectif, elle a un vrai impact dans le jeu offensif. Il y a une bonne base de travail, même si elle doit gagner en régularité, en constance dans le combat, dans la stabilité défensive. Comme Héléna Cazaute, Clémentine Druenne, Juliette a le potentiel pour s’affirmer et jouer dans les gros clubs, jouer des Coupes d’Europe. Elle a déjà le niveau de la Ligue AF et est indispensable à l’équipe d’Evreux», résume le technicien ébroïcien.

 

Et pour remplir le challenge, Juliette n’est pas rentrée les mains vides des Etats-Unis. Son gros travail foncier l’a endurcie et elle s’est parée d’une sérénité précieuse en toutes circonstances. «Physiquement, je me sens bien plus résistante qu’avant. Humainement, on revient un peu plus solide dans la tête, plus sereine. Dans toutes les équipes où j’ai joué, j’ai toujours eu des responsabilités. C’est quelque chose que j’aime vraiment. J’essaie d’être relâchée par rapport à ça, sinon ça peut vite te bouffer», constate l’ancienne joueuse d’Albi en Elite, qui a retrouvé à Evreux sa passeuse albigeoise, Oriane Amalric, mais aussi quelques connaissances du temps des aventures en équipe de France jeunes. Des repères forcément précieux.

 

Demain soir, elle retrouvera de l’autre côté du filet un autre grand espoir à son poste du volley féminin, Héléna Cazaute, la réceptionneuse-attaquante de Béziers, l’équipe irrésistible de ce premier tiers de saison en LAF. Mais pas question de faire le match pour autant ! «Ca, il n’y a pas de risque. J’essaierai d’être au mieux pour aider mon équipe, plutôt que d’être perso pour mettre plus de points qu’elle !», lâche Juliette, l’esprit collectif.