« L’ambition ne nous rend pas malade »

le 07/12/2016
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L’entraîneur de Tourcoing, Igor Juricic, arrivé cet été à la tête du club, brigue la remontée en LAM dès cette saison. Une ambition qu’il ne craint pas d’afficher et qui lui semble au contraire pouvoir agir comme un moteur pour son équipe.

 

- Igor, Tourcoing est invaincu après six journées de Ligue BM. Le début de championnat est plutôt satisfaisant, non ?

- Oui, c’est sûr. Mais le début de saison, ce n’est qu’une étape. Avant, il y a eu la phase de  construction d’équipe, le recrutement, avec l’idée de travailler ensemble pour tendre vers un objectif qui n’est pas facile. Mais pour moi, Tourcoing doit jouer pour monter. Dès le départ, l’objectif était clair et net, pour moi et pour les joueurs. Maintenant, je pense que le championnat est plus costaud que jamais, la Ligue BM est plus forte que jamais, elle a beaucoup monté au niveau du physique.

 

- En tout cas, Tourcoing ne s’est pas caché : dès la préparation, le club a clairement affiché son ambition : la remontée en LAM !

- J’ai effectivement annoncé que l’on souhaitait être champion cette saison, avec tout le respect que j’ai pour toutes les équipes autour de nous, dont certaines souhaitent évidemment atteindre le même objectif. Je ne suis pas venu à Tourcoing pour dire que je veux jouer les Play-Offs ! Les joueurs ont besoin de savoir ce qu’est le projet. Moi je n’ai pas eu peur, c’était logique de fixer cet objectif de la montée. Maintenant, on le sait, on partage la pression avec deux, trois autres équipes. On sait que c’est dur, mais cette pression ne nous pèse pas. L’objectif est fixé, il faut faire avec. Et encore une fois, ce n’est surtout pas manquer de respect pour les autres équipes.

 

- C’est un challenge d’envergure dans votre jeune carrière d’entraîneur finalement ?

- C’est ma cinquième année en tant que coach. Mais l’an passé, en Belgique (il était l’entraîneur du Prefaxis Menen), on a fait 3e du championnat et demi-finale en Challenge Cup. Il faut être ambitieux. Je ne cache pas mes ambitions et mes joueurs non plus. Après 30 ans dans les gymnases, le volley c’est toute ma vie. Depuis que j’ai arrêté de jouer, je désirais devenir entraîneur. C’est un boulot très créatif, un boulot de manager aussi, pas seulement de technicien. Ce poste a beaucoup évolué. Chaque jour, chaque match est un nouveau challenge et le groupe est assez intelligent pour comprendre ce qui est important. Pour l’instant, l’ambition ne nous rend pas malade. On sait que l’on est attendu, que l’on est favori à chaque match et que chaque journée est capitale. On sait aussi que cet objectif, monter en un an, est vraiment difficile à atteindre. Il faut être sérieux dans le travail, discipliné, modeste et vivre la situation sereinement, étape par étape.

 

- Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet tourquennois ?

- C’était justement le fait qu’il y ait un projet. Tourcoing est un club avec une bonne structure, de bonnes conditions de travail et on m’a laissé l’opportunité de recruter une équipe qui convienne à mon caractère, mon profil d’entraîneur. Il y a aussi des jeunes joueurs qui peuvent progresser, certains du centre de formation qui s’entraînent régulièrement avec les pros. Cette équipe est un bon mélange d’anciens et de jeunes. Il y a des qualités individuelles, du talent, du physique, de l’intelligence dans cette équipe. Les pros font attention à l’hygiène de vie, ils montrent l’exemple. Pour l’instant, ça fonctionne. On verra ce que ce sera dans quatre, cinq semaines. Ce n’est que le début de saison, on n’a rien fait encore.

 

- Offensivement, l’axe passeur (Tavares) – pointu (Jimenez) était une priorité de votre recrutement. Ça semble gagnant jusque-là ?

- On a passé beaucoup de temps sur ce sujet, lors du recrutement. On a vraiment bien pensé : qui recruter, pourquoi et ce que ça pouvait nous apporter. Ce sont deux postes très importants, mais aussi deux jeunes joueurs encore (Tavares a 23 ans et Jimenez 26). Il y a encore beaucoup à travailler. A la pointe, on voulait trouver un joueur qui ait un potentiel de Ligue AM et c’est vrai qu’on a eu cette chance avec Ronald (Jimenez).

 

- Finalement, ce championnat de Ligue BM ne va-t-il pas se réduire à un duel Rennes-Tourcoing ?

- Il y a  vraiment beaucoup de facteurs que personne ne maîtrise, comme celui des blessures. On ne sait pas ce que sera demain. Je ne sais pas comment ça se passe à Rennes, moi je suis coach à Tourcoing. Est-ce que ce sera Rennes ou nous ou quelqu’un d’autre ? Il y a Nancy aussi, Saint-Nazaire qui monte. Pour l’instant, c’est comme ça, mais peut-être que demain ce sera différent. Rennes, c’est sûr, cache un peu ses ambitions. Après, qui sera meilleur, on verra ça bientôt…