Billetterie

Brizard, le vent nouveau

le 02/12/2016
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Passeur titulaire des Spacer’s depuis deux ans, le jeune international Antoine Brizard (22 ans) prend encore un peu plus de poids et de responsabilités dans une équipe toulousaine en déplacement à Sète ce week-end.

 

Même quand tout s’accélère, même quand les choses vont vite, Antoine Brizard a cette faculté précieuse d’analyser posément la situation, sans se laisser emporter par le tourbillon, quand certains, à sa place, seraient sans doute tentés par une certaine griserie. Après trois saisons à regarder et à grandir dans l’ombre de Guillermo Hernan à Paris, le jeune passeur français de 22 ans a en mains depuis deux ans le jeu des Spacer’s de Toulouse. Après une première année d’apprentissage accéléré de la grande vie, avec un poste de pointu un tantinet fragile à ses côtés, Antoine est cette fois bien lancé. Sa fin d’exercice 2015-2016 l’a mis sur la voie et ce début de championnat semble l’installer pleinement dans son rôle. «L’évolution est bonne. Cette année, c’est lui rendre service que de lui mettre un pointu expérimenté come Bram (Van Den Dries). C’est un sacré point d’appui et c’est rassurant pour un jeune passeur. Pour le moment, il gère plutôt bien la fameuse 2e année, celle où tu dois confirmer. Même s’il y a encore du boulot, le truc est en marche», résume très justement son entraîneur, Cédric Enard, l’homme qui murmure des promesses à l’oreille des jeunes joueurs, choyés et exposés par ici.

 

En tout cas, Antoine s’est saisi prestement de l’affaire. Avec une volonté, un désir, une ambition farouche matinée de lucidité. Propulsé sur le devant de la scène très tôt, présenté comme le futur grand passeur français, il a évacué toutes les belles paroles passées pour se concentrer uniquement sur ce qu’il doit faire aujourd’hui pour avancer. «Je n’ai rien promis à personne. La confirmation, c’est surtout pour le coach qui me fait confiance, pour l’équipe et pour moi-même. Ça ne m’intéresse pas trop de répondre aux attentes de qui que ce soit. Cette saison, c’est plus facile pour moi car ma place dans l’équipe est à mes yeux, beaucoup plus légitime. L’année dernière, même si je n’ai rien volé à personne en devenant passeur titulaire de Toulouse, il fallait que je prouve. Là, dans le vestiaire, je suis plus présent, j’ai plus de responsabilités dans l’équipe», estime le jeune international, qui accrocha son premier galon bleu au printemps dernier, lors de la première phase préparatoire au TQO. Mais là encore, Antoine ne fanfaronne pas. La route est longue et l’équipe de France est loin, tout au bout du chemin. «Arriver dans le groupe France, c’était surtout une belle opportunité, mais pour moi, je n’ai aucune légitimité encore. J’avais un peu l’impression d’être le remplaçant du remplaçant. Oui, j’ai eu ma première sélection, mais mon aventure internationale n’a pas encore commencé, j’ai vraiment envie de goûter à un peu plus», explique le meneur toulousain.

 

En tout cas, avec Bram Van Den Dries à ses côtés, actuel meilleur marqueur LAM et frappeur d’élite à la carrure internationale, Antoine Brizard a l’occasion de s’élever. Pour la première fois de sa carrière, le voilà installé dans une relation passeur-pointu de haut vol et, qui plus est, très bien pensée. Car, chacun à son poste, les deux garçons ont du coffre, un volume athlétique et physique terrible, une présence majuscule au contre et cela ouvre de grandes perspectives. «Avec Bram, c’est l’apprentissage du très haut niveau. C’est une super relation. Il m’a mis à l’aise très vite. On a confiance l’un dans l’autre. J’arrive à sentir le moment où il est vraiment bien, à anticiper un peu cela. Son humilité facilite les choses. C’est assez simple avec lui. Il a la classe internationale mais ce n’est pas une star dans son esprit. Il faut savoir jouer avec lui, sans trop jouer avec lui. C’est très intéressant pour moi mais avant tout pour l’équipe», estime Antoine.

 

Bien ancré dans le collectif toulousain, Antoine ne s’endort pas pour autant. Cédric Enard ne le lâche pas un instant. Sur le travail d’appuis, le jeu de pied capital pour un passeur, le jeu défensif encore perfectible, la justesse d’un choix tactique, la spontanéité, la vivacité de la passe, autant de domaines où Antoine peut aller plus loin et s’accomplir vraiment. Le joueur en est conscient, il ne rechigne pas et bosse. «Il ne faut pas se tromper. Tout passera par le travail et la performance fournie pendant la saison. Le club est le support indispensable à toute ambition. Il est très intelligent, lucide, pour son âge. Il se donne les moyens d’y arriver. Ça ne va pas tout de suite tomber, mais à un moment donné le travail, ça paye», promet le coach.