Billetterie

«C’est un peu magique»

le 29/11/2016
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Cyril Ong, l’entraîneur de Béziers, actuel leader de LAF avec 17 points pris sur 18 possibles, se félicite de ce début de saison quasi parfait et veut continuer à entretenir cette incroyable dynamique

 

 

- Cyril, quels sont les clés qui expliquent selon vous ce début de saison particulièrement réussi de Béziers ?

- Je pense que l’amalgame a bien pris. On ne s’est pas trompé sur le caractère des joueuses qu’on a recrutées. La vraie force de cette équipe, c’est sa jeunesse et son envie de performer. La jeunesse pousse tout le monde dans le sens du travail, vers la performance. C’est une équipe équilibrée, autour d’Alexandra Rochelle et la capitaine Berit Kauffeldt qui veillent à la bonne organisation de la vie de groupe.

 

- Vous vous attendiez à ce que l’alchimie prenne si vite ?

- J’avais dit que le début de championnat serait primordial car on jouait face à des équipes de niveau équivalent au nôtre. On a réussi à imposer notre jeu, notre puissance, notre jeunesse. On a aussi dégoté une joueuse qui fait la différence dans les moments importants (Isabelle Haak). Mais elle n’est pas seule, c’est une équipe qui gagne ensemble. Evidemment, son impact est important et elle nous aide beaucoup. Mais toutes apportent quelque chose. A Nantes par exemple, je finis le match avec Safiatou Zongo à la pointe et Isabelle Haak en poste 4. Chaque fois que je fais appel au banc, il nous apporte quelque chose. C’est sûr qu’on a une attaquante de pointe qui nous sort souvent de la difficulté. En même temps, elle est là pour ça (il sourit) ! En tout cas, on a de la chance d’être à 6-0 et 17 points pris sur 18. C’est un début de saison quasi parfait, bien au-delà de mes espérances.

 

- Parlez-nous un peu de cette pointue suédoise de 17 ans, Isabelle Haak, meilleure marqueuse (152 pts) et sensation de ce début de saison en LAF ?

- Tout le monde en parle, tout le monde l’a vue, on ne va pas pouvoir la cacher ou la protéger plus longtemps (sourire) ! A 17 ans, être constante à ce niveau, capable de sortir des matchs comme ça, c’est assez incroyable. C’est une joueuse qui est sûre de sa force. Elle a pour elle sa jeunesse, sa gentillesse, son insouciance et surtout son plaisir du jeu. C’est une fille qui ne se prend pas la tête. Elle est exigeante envers elle-même, elle n’aime pas faire de fautes, mais elle ne se frustre pas quand elle en fait. Elle a conscience qu’elle a encore du travail. A Nantes, elle a été mise un moment en difficulté et c’est en changeant les choses tactiquement qu’on l’a rendue plus performante. Dans le fond de jeu, la relance, elle est encore perfectible. Maintenant, physiquement, mentalement, c’est énormissime.

 

- Le succès du week-end dernier face à une grosse équipe de Mulhouse confirme pleinement en tout cas que Béziers est un candidat au titre plus que sérieux désormais ?

- On peut l’analyser de plein de choses. On n’a pas fait le match parfait, on a été dominé, balloté même pendant trois sets par une très forte équipe de Mulhouse. On a peut-être fait le match avant de le jouer. Mais on est suffisamment là quand même, on revient, Isabelle claque des aces quand il faut, dans le money time on est là ! C’est intéressant forcément car on s’appuie sur la jeunesse, avec des joueuses toujours en apprentissage. Mais cette équipe a déjà une sacrée force de caractère, c’en est même étonnant. A nous maintenant de garder les pieds sur terre, de continuer à travailler, de gérer le physique car cela demande une grosse débauche d’énergie. Il faut que ça tienne. On est à un peu moins d’un tiers du championnat. J’espère que l’on va continuer à construire.

 

- Dans une telle dynamique, quels sont les dangers qui vous guettent néanmoins ?

- Il faut faire attention à la stabilité de l’ensemble. Je compte sur le vécu de mes «anciennes» pour rattraper les éventuelles dérives. Pour l’instant, c’est un peu magique, mais il faut rester les pieds sur terre. Il faut garder cette dynamique, repousser un peu plus leurs limites à l’entraînement. Je n’ai pas trop peur d’une défaite. Elle arrivera à un moment. On dit que plus on gagne, plus la défaite se rapproche. Mais vu la façon dont on construit les choses, elle ne peut être qu’une étape, pour remettre les gens dans le droit chemin ou se dire : «Attention on n’est pas encore suffisamment stables pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis». Il ne faut pas se prendre pour ce qu’on n’est pas.

 

- Avec un tel début de saison, cela va-t-il vous amener à réfléchir à d’éventuelles «impasses» pour privilégier le championnat ?

- Non. On va jouer tout à fond. On a la chance de ne commencer la Coupe d’Europe (CEV Cup) qu’en janvier et on reçoit Nantes en Coupe de France en décembre. On a un peu de réussite dans notre calendrier pour l’instant. Je suis bien content d’être là où je suis. Mais le plus dur est devant nous.