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«Personne ne va dominer le championnat»

le 04/11/2016
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Sélectionneur des Bleues et coach de Mulhouse, Magali Magail a vite dû ranger la déception de l’été avec l’équipe de France et basculer sur le challenge alsacien, avec l’ASPTT.

 

 

- Magali, l’équipe de France féminine n’a pas réussi à se qualifier pour l’Euro. Que retirez-vous de cette campagne de qualification ?

- Je me sens frustrée, surtout par rapport au match contre l’Espagne où on déjoue. C’est un match à enjeu, en France, et on se fait marcher dessus. Au vu de tous les efforts consentis tout l’été durant la préparation, passer à côté de ce match, c’était frustrant. Au final, le bilan, c’est trois victoire, trois défaites et cette défaite face à l’Espagne est celle de trop. Après, je crois quand même que le groupe a grandi, entre la Ligue européenne et ce tournoi de qualification.

 

- Pourquoi ça ne passe pas pour les Bleues ? Qu’est-ce qu’il manque à l’équipe de France aujourd’hui ?

- Les filles ont besoin  de jouer des matchs comme ça. Juliette Fidon à Evreux ou Héléna Cazaute à Béziers performent en championnat et la responsabilité qu’elles ont dans leurs clubs, c’est hyper important. Mais quand on regarde où jouent les Françaises et combien de jeunes sont sur le terrain, on voit bien qu’il y a des manques. Par exemple, on n’a aucune joueuse qui joue à l’étranger. Or, être une joueuse étrangère dans un championnat, ça forge aussi un caractère et les responsabilités ne sont pas les mêmes. Chez les garçons, pas un seul du six de base ne joue en France. Après, être une jeune joueuse française majeure dans un club, ça s’apprend. Etre la meilleure en championnat de jeunes et être une joueuse pro, ce n’est pas la même chose.

Il faut du temps, c’est un apprentissage.

 

- L’Euro était un véritable objectif. C’est donc un sentiment d’échec ?

- C’est un échec à partir du moment où ces jeunes joueuses ne disputent pas ces grandes compétitions internationales. Après, toutes les anciennes ont arrêté en même temps et quand tu n’as pas ce relais, la responsabilité pour ces jeunes joueuses de qualifier la France était peut-être trop grande. Les seules guides, finalement, c’étaient nos deux libéros, Alexandra (Rochelle) et Deborah (Ortschitt). Avec cette génération, il y a un vrai potentiel mais il faut être patient. Cazaute, Fidon, Druenne, Soldner... il y a des joueuses qui arrivent. Mais il faut qu’elles se construisent.

 

- Comment avez-vous opéré la bascule de l’équipe de France à votre club, l’ASPTT Mulhouse ?

- Je suis rentrée un dimanche, j’ai repris le lundi matin ! Forcément, les filles t’attendent un peu. La transition se fait naturellement. Tu passes d’une déception à toute de suite une remobilisation sur un autre challenge. Quand tu arrives, avec la fatigue accumulée et le groupe que tu n’as pas vu depuis six semaines, c’est un peu stressant, tu te dis : «Wahou le chantier !» D’autant que le groupe avait jusqu’ici travaillé sans passeuse. Mais après, tu es dans la construction de l’équipe et tout s’enchaîne vite.

 

- La saison dernière avait été un peu décevante. Avec l’apport d’Angie Bland, cette équipe a-t-elle le caractère qui manquait à sa devancière ?

- Angie tire effectivement tout le monde vers le haut, c’est une compétitrice, avec un amour du maillot très fort et qui est toujours en recherche de l’excellence. Mais la jeune passeuse colombienne (Maria Alejandra Marin) et la Portoricaine (Daly Santana) apportent aussi un autre dynamisme, une autre richesse dans cette équipe, qui est intéressante. Maintenant, il faut que le groupe se construise, qu’on avance à chaque match. Pour l’instant, on fait trop de fautes directes. C’est un championnat qui va être hyper dur, avec aucun match où tu te dis : «Là, on est tranquille». Je pense que personne ne va dominer le championnat et énormément d’équipes peuvent prétendre au titre. Ça va être passionnant pour tout le monde.

 

- Difficile donc de situer précisément l’ASPTT Mulhouse sur cet échiquier-là pour l’instant ?

- Il faut qu’on construise notre succès, rien ne va arriver tout seul. Dans l’état d’esprit, il faut qu’on soit irréprochable. Pour l’instant, ce que montre l’équipe sur ce plan-là me plaît. C’est une équipe qui ne lâchera rien. Et l’osmose avec le public lors du match contre Saint-Raphaël (3-2) était extraordinaire. C’était une ambiance de finale d’il y a quelques années ! A la fin de ce premier match à domicile, 80% des joueuses avaient les larmes aux yeux. C’est sur le terrain que l’on va pousser le public à nous suivre, même si on sait que le chemin est encore très long.