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Patry, le ciel au-dessus de la tête

le 28/10/2016
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Vainqueur lors des deux premières journées, Montpellier a réussi son début de saison, avec à la pointe de son équipe un jeune attaquant d’à peine 20 ans, Jean Patry, qui porte haut les promesses héraultaises.

 

Il n’a pas encore 20 ans et déjà le regard tendu vers le ciel. Du haut de ses 208 centimètres, la fortune paraît sans doute plus proche et l’espoir, là, tout près, à portée de doigts. Jean Patry est le nouveau pointu titulaire du Montpellier Volley UC. Un pari, une audace, un désir avoué, chevillé depuis bien longtemps surtout par le club héraultais. «Je suis là depuis que j’ai commencé le volley, j’ai toujours eu cette confiance de la part du club, qui m’a donné cette chance», considère avec beaucoup de reconnaissance le jeune homme, passé quelques temps au CNVB, avant de réintégrer bien vite le sérail montpelliérain.

Forcément, elle est belle et louable cette intention, cette attention, cette responsabilisation des jeunes pousses, Jean Patry, mais aussi Daryl Bultor, les deux joyaux maison. Bien sûr, le risque n’est pas loin, de faire porter sur les graciles épaules des minots une charge et une pression qui auraient vite fait de les accabler, de les affaisser. Car combler l’appétit des louveteaux, être dans l’accompagnement, le développement sans mettre en péril la performance collective immédiate, c’est une démarche qui s’apparente un peu à celle d’un funambule sur un fil.

 

 

Mais c’est la voie choisie par le club héraultais depuis plusieurs années et pleinement validée par le nouveau coach, Olivier Lecat. «La performance de Jean, je l’intègre et je la détache tout à la fois de celle de l’équipe. Ce serait criminel de lui faire porter trop de responsabilités. On est demandeur d’un certain rendement, mais sa performance doit être diffusée dans l’équipe, la prise de risque supportée par les joueurs d’expérience autour de lui. Jean a un potentiel de très haut niveau, c’est un réel investissement du club auquel j’adhère pleinement. Mais ça reste un gamin et on ne peut pas demander à un joueur de 19 ans de savoir tout faire», explique l’entraîneur du MVUC.

Mais déjà, Jean promène ses aptitudes, son talent et sa capacité à aller haut, avec une étonnante maturité. Pourtant, les galons de titulaire à plein temps sont tout neufs, apposés officiellement sur le veston par le coach en août dernier ! «Au début, cela m’a mis un peu de pression. Ce n’est pas n’importe quel poste, c’est celui de pointu, celui qui doit apporter des points à l’équipe. Mais j’étais convaincu qu’il fallait y passer un jour», dit, dans un petit sourire, le jeune et grand attaquant montpelliérain, qui se souvient avoir été titulaire pour la première fois en LAM à… 17 ans, contre Paris. «On avait perdu le match mais ça c’était bien passé pour moi, j’avais fait 17 points en trois sets», dit-il.

 

Cette fois, c’est différent. Jean, qui a signé son premier contrat pro cet été, est au centre du projet. Et passées les minutes de crispation de début de match, il a plutôt bien relevé le défi depuis le début de saison : 19 points au Barrou sétois, dans un derby de feu remporté au tie-break face à l’Arago, puis 12 à Nice, avec une semaine quasi off, en raison d’une cheville flageolante. «Mon début de saison n’est pas mauvais mais j’ai encore tellement de choses à apprendre et à améliorer, comme ma présence au bloc, ma défense et mon entente avec Davide (Saitta) dans la relation passe-attaque. Mais pour le moment, les coéquipiers et le coach me font confiance et ces deux victoires laissent présager de bonnes choses pour la suite», convient le jeune homme, titulaire du Bac ES, mention assez bien, même s’il a depuis abandonné les études de droit qu’il avait entamées dans la foulée. «Ce n’est pas simple de déconnecter du volley. Petit à petit, je me suis fait à l’idée qu’il fallait que je mette peut-être tout sur le volley», considère-t-il aujourd’hui.

 

 

Car Jean a de grandes vues. Sous les mots sages, le garçon rêve de toucher le ciel sans se mettre sur la pointe des pieds. Champion de France avec les moins de 20 ans et désigné meilleur pointu de la classe la saison passée, il a arpenté toutes les catégories de jeunes avec l’équipe de France et il n’a pas l’intention que son histoire française s’arrête là ! «L’équipe de France, c’est un réel objectif», clame-t-il, sans tergiverser. «J’ai envie de goûter à ces matches-là. Je n’envisage pas autre chose que d’aller en équipe de France. C’est le must. Mais pour cela, il ne faut pas se tromper d’objectif à court terme et je sais qu’il n’y aura pas d’équipe de France si je ne suis pas bon avec mon club.»

Mais le MVUC et Olivier Lecat sont là, vigilants. Ils veillent et façonnent, sans précipitation, dans un début de saison qui légitime les choix et installe une précieuse sérénité au travail. «C’est un pari qui se doit d’être tenté. On a ouvert le terrain, à lui de prendre ce qu’il y a à prendre, d’enrichir ses sensations. Jean est quelqu’un de très ambitieux, déterminé dans la démarche. Mais il n’est pas impatient et je crois beaucoup au temps passé», confesse l’entraîneur, qui se plaît à voir son «gamin» bosser en levant les yeux vers le ciel…