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«J’aime jouer avec le sourire»

le 21/10/2016
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A 32 ans, Alexandra Rochelle, la libéro internationale de Béziers pétille toujours ! Et cette saison, son vécu et son leadership seront des atouts précieux pour une équipe rajeunie mais qui entend bien rester dans le haut du tableau.

 

 

- Alexandra, comment sort-on d’une saison au long cours réussie (2e de l’exercice régulier) mais terminée dès le premier tour des Play-Offs ?

- J’en suis sortie très frustrée. A la base, je n’aime pas perdre. Pour moi perdre en quart de finale, ça a été difficile à admettre. Ce qui m’intéresse le plus, ce sont les Play-Offs. Ok, c’est bien de finir 2e de la saison régulière, mais le vrai challenge de la saison, ce sont les Play-Offs.

 

- La blessure de votre attaquante, Hélène Schleck, la veille de ces Play-Offs, vous fait évidemment très mal ?

- Forcément. J’étais triste pour elle car finir sa carrière sur une blessure, c’est moyen. Mais on sait que la blessure fait souvent partie de la carrière d’un sportif de haut niveau. Après, on était triste, mais on n’a pas trop eu le temps de s’apitoyer sur son sort, on était dans le jus des Play-Offs. Dans ces circonstances, quand on se sait diminué, il faut aller au combat quand même.

 

- Cette année, l’équipe est très jeune. Sans vous, la moyenne d’âge flirte avec les 23 ans. Comment vivez-vous cela ?

- Je suis la plus vieille, je sais (sourire) ! Sincèrement je n’y pense pas. Je ne fais pas de différence en me disant que la fille à côté de moi a 18 ans ! Je n’ai pas l’impression d’avoir plus de poids sur les épaules.

 

- Pourtant, vous allez avoir un rôle capital à tenir dans ce groupe. Vous avez le vécu, l’expérience, vous allez être un peu la « grande sœur», celle qui recadre, non ?

- Quand tu es plus âgée, forcément tu n’as pas la même place dans un groupe. Ça fait longtemps que je suis là (Alexandra entame sa 6e saison à Béziers) et les filles qui arrivent me respectent parce que je suis justement là depuis longtemps. Maintenant, il va peut-être falloir élever la voix plus souvent car elles sont jeunes. Mais c’est un rôle qui me plaît et c’est quelque chose que j’ai toujours plus ou moins fait. Ce n’est pas nouveau pour moi. Sur un terrain, j’ai toujours  parlé, essayé d’apaiser les choses. Je n’ai pas l’impression qu’on me demande plus.

 

- Comment ressentez-vous ce groupe à la veille de votre premier match de championnat à Venelles ?

- Les filles sont très sympas humainement. Maintenant, je ne les connais pas depuis très longtemps, je n’ai retrouvé l’équipe qu’il y a trois semaines. Mais elles sont travailleuses, c’est top !

 

- Et en termes de niveau de jeu, comment situez-vous le groupe ?

- Physiquement, il y a du potentiel, ça c’est sûr. Maintenant, il faut voir comment l’équipe va évoluer. Il n’y a pas que le physique dans le volley. Le plus grand danger pour une équipe jeune, c’est l’irrégularité. C’est pour ça que je ne suis pas capable de dire aujourd’hui comment l’équipe va rouler. Mais je pense que Béziers a la dimension pour titiller les plus grands, d’autant plus cette année, où le championnat s’annonce très dense.

 

- A 32 ans, quand on a connu la blessure sérieuse (aux deux poignets) et que l’on ne fut pas loin de stopper sa carrière, le plaisir d’être sur un terrain doit être décuplé ?

- Pour certaines personnes, la blessure peut freiner une carrière. Moi, elle m’a donné un coup de fouet. En 2009, le chirurgien m’avait annoncé que ma carrière était finie ! Je suis allé travailler pour ne pas rester chez moi à ne rien faire. Et quand j’ai vu ce qu’était la vie «normale», j’ai compris que nous les sportifs, on était des privilégiés et qu’on ne s’en rendait pas forcément compte quand on est dedans. Peut-être que cet électrochoc, je ne l’aurais pas eu en 2009, sans ma blessure. Au final, c’est un peu comme si je repartais de zéro et que je revenais encore plus forte ! Et quand je me suis blessée à l’autre poignet en 2014, j’ai tout de suite relativisé, j’avais déjà connu cela, je savais que j’allais revenir. Alors oui, le plaisir est décuplé. J’aime jouer au volley et j’aime jouer avec le sourire, en rigolant. Et aujourd’hui, je ne suis toujours pas blasée ! C’est ma passion, je vis de ma passion et ça n’est pas donné à tout le monde.

 

- En revanche, la passion n’aura pas suffi à emmener l’équipe de France à l’Euro. Nouvel échec en qualifications, nouvelle déception ?

- Là aussi, j’en suis ressortie très frustrée. J’ai eu l’impression d’avoir travaillé depuis le mois de mai pour rien. Ce n’est pas très loin, mais il manque encore pas mal de choses. L’équipe était assez jeune et je pense que c’est compliqué pour des jeunes joueuses d’avoir autant de poids sur les épaules. Je suis surtout déçue pour le volley féminin français et ça fait ch…pour la jeune génération. Moi j’ai 32 ans, c’est fini pour moi. Je pense que c’était ma dernière campagne en équipe de France. Place aux jeunes ! Il y a un fort potentiel, c’est à elles d’aller cravacher ! Ça ne passe pas pour l’instant, mais ça va passer.