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Ajaccio, maître de cérémonie

le 16/10/2016
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Au terme d’un match enlevé et spectaculaire, le Gazélec a dompté Paris au tie-break et décroche, à domicile, la Supercoupe. Chez les femmes, «Saint-Raph» a croqué  le RC Cannes en trois sets.

Il y a des débuts de saison au goût bien plus fade et ordinaire que celui-là. Certes, ce n’est qu’un premier jet, un premier coup de crayon pour lancer la saison, avec tout ce que cela comporte d’approximations et de travail supplémentaire à fournir encore avant l’ouverture du championnat la semaine prochaine. Mais ce fut tout de même un joli samedi soir sur l’Ile de Beauté. Une rentrée réussie, sportive et humaine, la LNV soutenant à cette occasion, comme elle le fait depuis bon nombre d’années, l’ONG Play International, qui utilise le sport comme vecteur d’impact social, principalement auprès des enfants, aux quatre coins du monde. On vit donc au Palatinu du volley souvent clinquant. Notamment une finale masculine, entre Paris et Ajaccio, qui en a régalé plus d’un au Palatinu, tant elle fut enthousiasmante, renversante et disputée sur un rythme échevelé. A l’arrivée, c’est donc Ajaccio qui rafle la mise, au tie-break (3-2, 18-16 au 5e set). Paris peut sans doute s’en vouloir un peu. Dans le jeu, il fut peut-être un rien supérieur aux Corses, mais il n’a pas assez pesé sur des choses simples, comme le service, où il laissa en chemin cinq points sur mise en jeu durant le seul tie-break ! «Clairement, on manque de réalisme au service», regrettait d’ailleurs le néo-parisien Franck Lafitte.

Pour Ajaccio, la victoire est belle, d’autant qu’elle fut joliment tissée au fil tactique. Jovica Simovski, le pointu, ne passant pas, Frédéric Ferrandez s’est ajusté et Ludo Castard, en doublure de luxe, a fait le taf. «Paris nous a été supérieur dans  le jeu, on a joué par à-coups. Et si le banc ne fait pas la différence, on ne s’en sort pas», notait avec honnêteté l’entraîneur ajaccien, qui a pu compter aussi sur son central canadien, Brett Dailey, parfait Monsieur Propre. En tout cas, Ludo Castard avait la banane. Ses soucis physiques semblent en voie d’évaporation et le transfuge de Tours a réussi son baptême sur l’Ile. «C’est convenu ainsi avec le coach. C’est sûr que ça fait plaisir de faire un premier match comme ça à la maison», relatait le pointu français.

Au-delà du succès ajaccien, ce match aura aussi permis de voir que les entraîneurs de LAM ont du flair. A Paris, le libéro japonais, Taichiro Koga a sorti trois premiers sets de très haut niveau et devrait apporter énergie et stabilité à l’équipe. Quant à l’attaquant brésilien, Franco (36 pts), il va faire, à coup sûr, quelques carnages cette saison. «Il y a du potentiel dans cette équipe, mais on peut faire mieux et on doit être plus stable émotionnellement dans les moments importants», notait le coach parisien, Dorian Rougeyron, qui devrait recevoir un réceptionneur-attaquant en renfort incessamment sous peu.  Ajaccio ne s’est pas trompé non plus avec le Serbe Nikola Mijailovic (29 pts), gros bras ultra puissant. «Il va nous apporter beaucoup en bout de filet», promet déjà l’entraîneur corse.       

Si Ajaccio fut sacré au bout de la nuit chez les hommes, l’affaire a été bien plus vite emballée et pesée chez les femmes. Une chose est certaine désormais : Saint-Raphaël, champion de France en titre, n’est plus là par hasard. Au Palatinu, les Raphaëloises ont croqué en trois sets un RC Cannes, pas encore taillé pour lutter et se sont adjugé la Supercoupe féminine, dans l’élan du titre national décroché au printemps dernier. Ce pourrait être le début d’une domination,  mais Giulio Bregoli, l’entraîneur du SRVVB, coupait sec et prestement toute tentation de ce genre. «On avait un petit avantage sur Cannes, avec une équipe qui a déjà des automatismes. On a gagné, c’est important pour la confiance des filles. Après, la saison est longue, il ne faut pas se monter la tête, il faut travailler.» Il n’empêche que les Varoises ont semé en Corse quelques jolis petits cailloux qui peuvent les emmener loin. Un esprit, une solidarité, une combativité, une présence au bloc (10 ctres), une défense qui s’arrache et le bras de Liesbeth Vindevoghel (16 pts) qui envoie toujours du lourd, mais qui, elle non plus, ne s’enflamme pas. «Aujourd’hui, on a bien joué, mais il ne faut pas penser qu’on est la meilleure équipe française.»

Mais «Saint-Raph» est plutôt déjà bien disposé, ce qui ne fut pas trop le cas du RC Cannes ce soir. Dominé dans l’agressivité, les Cannoises ont toujours subi le rythme du champion et même quand elles furent en mesure de prendre l’ascendant, elles galvaudèrent quelques précieux ballons, à l’image d’un 8-1 pris de plein en fin de deuxième set sur autant d’erreurs cannoises que de points raphaëlois. Pour Laurent Tillie, le baptême était rude et le néo coach cannois a conscience que les attentes dans un tel club sont élevées. «On va devoir grandir sous le feu, dans le stress. On a l’obligation de résultat. Il faut arriver à donner de la confiance, un minimum de sérénité aux filles pour faire beaucoup moins d’erreurs et jouer un jeu plus propre. Aujourd’hui, on s’est fait étouffer par une équipe de Saint-Raphaël qui a très bien joué», constatait l’entraîneur cannois. Mais ce n’est qu’une image furtive, un révélateur éphémère sans doute. «On ne peut pas dire qu’on a fait un grand match, mais on va y arriver avec le temps», promettait la nouvelle passeuse cannoise, Sanja Grbic. Du temps, les quatre qui ont fait le show en Corse n’en ont plus guère avant la reprise désormais, mais Ajaccio et Saint-Raphaël ont, eux, déjà un trophée de plus en vitrine…