Billetterie

Sur l'Ile pour commencer en Beauté

le 14/10/2016
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Paris, Ajaccio, Cannes et Saint-Raphaël ont l’occasion, ce samedi, de lancer leur saison par un titre, avec la Supercoupe, qui promet une belle journée de volley en Corse.

 

Ajaccio, qui se noie sous des trombes d’eau, qui tonne de rage, dans un ciel zébré d’éclairs, c’est un tantinet éloigné de la carte postale. Les Supercoupes en Corse, c’est comme ce petit grain de beauté posé là, délicatement, qui embellit tout. Las, Ajaccio est dans le gris, les nuages frottent au sol. Mais finalement, peu importe. La saison LNV démarre officiellement ce samedi et c’est d’entrée un trophée qui pend au mât ! Saint-Raphaël, le RC Cannes, Paris et Ajaccio ne sont pas venus là pour traîner en tongues sur le sable, mais pour se mettre en condition compet, avant d’ouvrir le championnat la semaine prochaine.

 

Au Palatinu, l’antre du Gazélec, on sonne la première bataille et ça titille déjà tout le monde. Les Raphaëloises notamment, championnes de France en titre, ont débarqué sur l’Ile avec une idée assez bien arrêtée. «Pour moi c’est un match qu’il faut gagner. C’est le premier trophée de la saison, c’est toujours bien de soulever une Coupe, surtout que moi je ne l’ai pas soulevée l’an dernier !», clame Letizia Camera, la nouvelle passeuse du SRVVB, transfuge du RC Cannes, qui retrouve ses anciennes coéquipières, «sans esprit de revanche», glisse-t-elle. C’est aussi le crédo de son coach, Giulio Bregoli, qui oscille entre l’appât du gain immédiat et les heures sup’ profitables. «C’est un peu bizarre de jouer ce trophée maintenant. Il y a encore des automatismes à trouver, beaucoup de boulot à faire. Après ce serait bien de gagner car ça donne de la confiance pour la suite, mais on sait que l’équipe à battre, ça reste Cannes cette saison.»

 

Laurent Tillie, lui, découvre un peu tout ça. Immergé depuis deux mois seulement dans le volley féminin, le sélectionneur des Bleus, désormais aussi entraîneur du RC Cannes, roule de grands yeux gourmands. «J’aime bien le mot gourmandise. Oui il y en a. On va enfin passer dans le vrai, la compet. Il y a un peu d’anxiété, mais j’ai vraiment envie que ça commence, pour pouvoir bâtir encore un peu plus», indique le coach cannois, qui déjà distille de bonnes ondes à ses filles. «L’écho est positif. Tous ces changements au club s’inscrivent dans une démarche de progression, pas de stagnation. Laurent, par son charisme, a gagné le respect du groupe», estime la centrale expérimentée, Myriam Kloster, qui se réjouit de livrer cette première grande bataille. «Je trouve ça bien de jouer la Supercoupe maintenant. C’est un peu comme un match de gala pour lancer la saison.»

 

Chez les garçons aussi, on en est encore à ourdir les plans d’attaque pour la saison à venir. Mais personne ne galvaude le rendez-vous. A domicile, après avoir décroché la coupe de France l’an passé, le Gazélec, qui évolue joliment depuis quelques saisons, veut rester dans le bon élan. «On s’est battu pour gagner la coupe de France l’an passé, ce n’est pas pour tout jeter maintenant, qui plus est chez nous. On ne veut pas trop passer à côté», clame le coach ajaccien, Frédéric Ferrandez, qui admet cependant ne pas trop savoir où son équipe en est aujourd’hui. «On navigue un peu à vue.» Son libéro multi galonné, Jean-François Exiga, qui a connu une préparation à trous avec la naissance de sa fille, est dans la même réflexion. «Il y a un titre et ça ne se prend pas par-dessus la jambe. Le club a changé de dimension aujourd’hui, mais il ne faut pas non plus jouer ce match sous stress», convient le fils du président.   

 

En face Paris est dans le même tempo. Champion de France en titre certes, mais au début d’une nouvelle histoire. L’équipe a beaucoup changé, d’autres âmes sont arrivées, comme Franck Lafitte, venu de Sète, pour impulser, guider et gagner. Après la finale perdue avec l’Arago, la mésaventure olympique avec les Bleus, le central international est à nouveau régénéré. «Après les J.O., j’ai déménagé, je suis parti en vacances avec  ma copine, ça m’a fait du bien de couper du volley, de me vider la tête», confie-t-il, motivé à l’idée de croquer dans ce nouveau challenge. «C’est ce qui nous fait tous avancer. Si on reste dans notre zone de confort, on est moins compétitif», avise Franck. Et ce Paris-là a plutôt le profil audacieux. «La Supercoupe, il y a un peu de tout dedans. C’est le match ultime de prépa, mais avec une vraie charge émotionnelle et un titre à gagner», résume Dorian Rougeyron. Ça mérite de se faire, sur l’Ile, une beauté.