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Saint-Raphaël : un champion les pieds au sol

le 13/10/2016
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Sacré au terme d’une fin de saison magique, Saint-Raphaël a conservé le noyau dur de l’équipe championne de France. Mais à l’aube d’une saison réjouissante, le club varois ne veut pas s’enflammer.

 

Il n’y a même pas les prémices d’un emballement. Sous l’accent italien qui fait rouler les phrases, il n’y a aucune hâte à raconter l’incroyable histoire. Giulio Bregoli, l’entraîneur de Saint-Raphaël, sait parfaitement ce qu’il s’est passé au printemps dernier. Bien sûr que le bonheur du titre de champion de France l’a submergé, étreint, bousculé lui aussi. Un instant, quelques jours sans doute. Mais l’entraîneur italien de «Saint-Raph» a vite posé un regard lucide sur ce moment magique de l’existence du SRVVB, qui lui permet aujourd’hui d’appréhender la suite avec tranquillité et humilité.

 

Saint-Raphaël, champion de France, c’est un hommage sublime rendu à la grande incertitude du sport. Un an auparavant, le club varois était en sous-sol, relégué sportivement, repêché finalement ! Dix mois plus tard, il terrassait les géantes du RC Cannes en finale. Une chevauchée irréelle, une épopée prodigieuse. Et voilà Saint-Raphaël, d’un coup dans le grand monde ! Mais, à l’aube d’une saison où les Varoises vont découvrir la Ligue des champions, encaisser à minima deux matches par semaines et de grosses charges émotionnelles, Giulio veut apaiser la chose. «C’est évidemment une saison très excitante à jouer. Mais j’ai gardé un esprit très tranquille. L’année dernière, c’était quelque chose de magique, mais il ne faut pas oublier qu’on a terminé 7e de la saison régulière, ce qui veut dire qu’il y a encore pas mal de boulot. La ligue des champions, c’est quelque chose de très grand pour nous. On va comprendre ce qu’est le niveau international, mais il ne faut pas perdre le focus sur le championnat. Il n’y a pas de préoccupation, mais Saint-Raphaël a grandi très vite et il faut rester les pieds au sol. C’est bien de rêver, mais faut avoir conscience que ça va être une saison difficile. L’objectif sera de démontrer que l’année dernière, ce n’était pas de la chance», résume ainsi le coach varois.

 

Le challenge commande donc des efforts. Le club s’y attelle. L’idée est de finaliser un budget autour du million d’euros. Un entraîneur adjoint, Thierry Hippolyte, est venu épauler Giulio Bregoli, un préparateur physique est désormais disponible à temps plein, le club s’est doté aussi d’un Club des partenaires. Bref, Saint-Raphaël prend quelques centimètres pour voir plus haut dans la hiérarchie et s’installer durablement dans le Top 4 français. Visiblement, la démarche a séduit. Trois joueuses seulement sont parties et l’axe prioritaire du travail préparatoire pour le staff technique fut de relier les attaquantes à leur nouvelle passeuse, Letizia Camera, l’Italienne venue de Cannes. Mais là encore, Giulio reste calme. «Je suis satisfait d’avoir pu garder la majorité du groupe. Maintenant, le changement d’une passeuse, c’est important. Même si des choses sont déjà en place, il y a quand même du boulot pour trouver des automatismes, notamment avec le retour de Veronica Angeloni (blessée l’an passé)», tempère-t-il.

 

Saint-Raphaël va en tout cas pouvoir s’étalonner dès ce week-end, face au RC Cannes, en Supercoupe. Même si le technicien ne fait pas de ce match un point de référence. «C’est bizarre de  jouer ce match tout de suite. Moi je le prends honnêtement comme un dernier match de préparation. C’est vrai que c’est un trophée, mais ça ne veut pas dire grand-chose à ce moment de la saison. Pour moi, si tu gagnes la Supercoupe, tu ne sauves pas la saison ! ça arrive trop tôt. En termes de préparation physique, on ne s’est pas préparé pour gagner la Supercoupe, sinon les filles tu les pousses en chariot en décembre !», sourit l’Italien. Mais tu instilles peut-être le doute dans les esprits cannois avant de lancer le championnat. Et pour le tenant du titre, cela ne serait certainement pas une mauvaise chose…