Billetterie

Paris, l’esprit hardi

le 12/10/2016
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Champion en titre, le Paris Volley a dû reconstruire son groupe et repenser son jeu. Mais l’ambition demeure la même : conquérir un titre.

 

A trois jours de la Supercoupe, premier pas officiel de la saison, le Paris Volley ne sait pas trop par quel bout prendre la chose. Il a l’esprit hardi, des idées de conquête en pagaille, mais il demeure encore un peu perplexe devant la glace. Comme un ado qui ne saurait pas quoi se mettre à quelques heures de son premier rendez-vous galant ! Dorian Rougeyron couve ses ouailles depuis des semaines, mais il a encore bien du mal à appréhender ce qu’ils ont réellement au fond d’eux.

 

Car Paris a beau avoir été sacré au printemps dernier, il a tout de même dû ravaler une bonne partie de sa façade. L’équipe a beaucoup changé et les relations en sont encore au stade des amabilités. «Aujourd’hui, c’est difficile de se projeter parce qu’on a une équipe changée à 80%. C’est le lot de la plupart des équipes en championnat et c’est notre cas aussi. La petite chance que l’on a, c’est qu’à part Ardo Kreek (appelé en sélection estonienne pour les qualifications à l’Euro), on a eu toute l’équipe sur place pour la préparation», convient l’entraîneur parisien.

 

Difficile donc d’évaluer précisément un champion largement remodelé, qui fut déjà un drôle de cachotier l’an passé, cahotant toute la saison régulière, avant de se révéler pleinement et d’exprimer sa véritable personnalité en Play-Offs. Mais au moins, Dorian apprécie-t-il l’esprit qui semble animer sa nouvelle troupe, visiblement plus encline au partage et à la vie commune. «Sur ce qu’on voit, c’est une équipe plutôt saine et humainement très intéressante. J’ai le sentiment que cette équipe vit beaucoup mieux que celle de l’an dernier sur le plan des relations sociales et humaines. Les gars sont enthousiastes, contents d’être ensemble. C’est important car ça aide à surmonter les temps faibles et on en aura forcément», analyse-t-il.

 

Reste à transposer cela comme il faut sur le terrain. Là, c’est encore un peu flou. Techniquement, cette équipe ne ressemble pas vraiment à celle de l’an passé. «Les problématiques sont complètement différentes. On a peut-être moins de potentiel mais plus de stabilité», envisage le technicien parisien. Pour que la base soit solide, il faudra intégrer au mieux des joueurs en totale découverte du volley made in France, tels que le libéro japonais, Taichiro Koga (1,70 m, 26 ans), qui arrive de Finlande mais n’a jamais évolué à ce niveau, et le pointu brésilien, Franco Paese (2,01 m, 26 ans), monstre athlétique exceptionnel, mais qui n’est encore jamais sorti de son pays. Heureusement, Nuno Pinheiro (1,92 m, 31 ans), quadruple champion de France avec Tours et Poitiers, connaît le refrain LAM, Thiago Sens (1,98 m, 30 ans), champion d’Italie avec Modène, ne devrait pas s’en faire et le champion d’Europe avec les Bleus, Franck Lafitte, en a vu d’autres aussi ! «C’est une équipe qui a du potentiel», admet le coach. «Maintenant, on reste sur des matchs amicaux, où tu ne peux pas évaluer l’équipe en termes de stabilité émotionnelle, ce qui est un facteur de performance important.»

 

La Supercoupe tombe donc à pic. Tout à la fois comme un dernier super match de prépa, mais avec des grains d’émotion dedans et un titre à gagner. «Même si c’est loin de la valeur d’un titre de champion ou d’une Coupe de France, à la fin on part avec un trophée si on gagne», résume trivialement Dorian Rougeyron. Ça lancerait idéalement la saison d’un champion qui n’a nulle intention de défendre son camp, mais se veut d’abord vindicatif et combatif. «Le titre de champion n’appartient pas à l’équipe de cette saison. Je n’aime pas trop la notion de défendre son titre. On ne défend rien du tout, on a un titre à conquérir ! Le titre, on le gagne en le conquérant, pas en le défendant», considère l’entraîneur parisien, pour qui la fête du printemps dernier est finie depuis longtemps…