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Cannes, au début d'une autre vie

le 11/10/2016
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Avec les retraits des deux personnages emblématiques du RC Cannes, Yan Fang, le coach, et Anny Courtade, la présidente, le club phare du volley féminin français, entraîné désormais par Laurent Tillie, débute cette saison une nouvelle vie.

 

Ils sont tout à la fois les témoins de la grande histoire et les sculpteurs des plus hautes œuvres. Dans leur malle, ils ont amassé suffisamment de souvenirs pour raconter la folle épopée du RC Cannes sur trois ou quatre générations ! Eux, ce sont Anny Courtade et Yan Fang, les créateurs de la plus fabuleuse équipe que le volley féminin français n’ait jamais comptée. Avec la retraite de la capitaine emblématique, Victoria Ravva l’année précédente, le départ du duo coach-président sonne véritablement la fin d’une ère. Mais aussi le début d’une nouvelle vie.

 

Mais ils ne sont jamais bien loin. Cannes, c’est un pan de leur vie, un petit morceau de leur chair. Anny Courtade, qui a passé le témoin à Agostino Pesce, guide habilement son successeur et Yan Fang épaule, conseille, avise Laurent Tillie, le sélectionneur des Bleus, débarqué ici avec un appétit de jouvenceau et une humilité sincère. «Il y a toujours Anny derrière et Yan et «Vika» sont là et m’accompagnent. Je suis fier d’être adoubé par Yan Fang. C’est un peu la nouveauté dans la continuité», relate le nouvel entraîneur cannois, heureux de son sort, en charge uniquement du terrain et qui a ainsi fait très vite la transition entre la déception brésilienne avec les Bleus et la nouveauté d’un défi avec le RC Cannes qui, visiblement, l’inspire. «Rebondir après Rio, c’était bien. J’étais un peu au fond du seau. Et puis Cannes est un club bien structuré, c’est donc plus facile pour moi. Le club, les dirigeants me laissent faire du volley.»

 

Pour ses premiers pas dans ce nouveau monde du volley féminin, Laurent Tillie, forcément, a tiqué un peu. D’abord, il rentrait des J.O., où les Bleus avaient joué le Brésil dans un Maracanazhino déglingué, rempli de 12.000 âmes survoltées, pour retrouver une salle vide, dans l’anonymat d’un début de préparation. «Le choc a été violent», admet-il. Ensuite, sur le terrain, Tillie a dû aussi changer les schémas. A l’explosivité et la puissance des hommes, il doit désormais appréhender le volley autrement en LAF. «Le volley masculin est vertical et le volley féminin est horizontal. Les deux, trois premiers jours, tu ne comprends pas que la fille couvre moins de terrain, démarre moins vite, aille moins haut. Mais après, tu t’adaptes pour développer le meilleur volley possible, quelles que soient les conditions», raconte-t-il.

 

Laurent Tillie s’y emploie, découvre petit à petit un effectif solide, construit sur une nouvelle diagonale passeuse-pointue, avec les renforts des «voisines», Tanja Grbic (Saint-Raphaël) et Olga Savenchuk (Le Cannet). Surtout, il roule des mots gourmands à l’évocation du défi : reconquérir la couronne nationale après que Saint-Raphaël, l’effronté, a osé piétiner le règne du géant cannois en mai dernier. «Le challenge sportif et intellectuel m’a beaucoup marqué. Vouloir reconquérir le titre c’est important. Le championnat féminin est très dense, très homogène aujourd’hui. Je n’ai pas de marge. S’il n’y avait pas ce stress, cette difficulté, je pense que je ne n’aurais pas pris», convient-il. Mais là, dans son costume d’explorateur, il se sent bien. Et il a hâte de plonger dans la compétition, samedi, en Corse, pour ce premier gros duel de l’année face au champion en titre, Saint-Raphaël, en Supercoupe.