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Le Cannet : Fin de cycle, nouvelle histoire

le 04/10/2016
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Avec le départ de son coach emblématique, Riccardo Marchesi, Le Cannet tourne une page et repart sur un autre cycle, serein, sans grande pression mais non pas sans ambition.

 

Il y eut forcément quelques pincements, une pointe d’émotion, un petit nœud dans la gorge à l’instant de se dire au revoir. Après quatre saisons passées à la tête du Cannet, l’entraîneur italien, Riccardo Marchesi s’en est allé, comme cela avait été acté avec son président. De 2012 à 2016, le technicien bolonais a placé très haut les Azuréennes sur la carte du volley féminin français et il les a incontestablement libérées de l’ombre envahissante des grandes dames de Cannes qui empilaient les gloires à trois kilomètres de là. «On est arrivés à la fin du cycle, comme on se l’était promis», raconte avec solennité le président du club, Daniel Bussani. «Il a laissé une très belle empreinte, de vrais acquis au club. Il a fait un gros travail.»

 

Bien sûr, l’histoire retiendra les trophées, les grands moments qui ont fait chavirer ce petit club devenu grand déjà, alors qu’il a tout juste plus de 20 ans ! Ce double duel homérique, héroïque, en 2015 face au plus bel ennemi, le RC Cannes, avec un succès en Coupe de France et une finale perdue d’un rien en championnat.  Mais Riccardo Marchesi, c’était aussi la sensibilité d’un homme bouleversé, saluant avec mille sincérités l’attention et le soutien de ses adversaires quand Le Cannet avait les pieds dans l’eau, ravagé par les inondations terribles qui frappèrent la ville il y a tout juste un an. Alors quand ses filles, malgré un début de saison injouable et manqué, ont soulevé un nouveau trophée, avec la Supercoupe en décembre dernier, Riccardo était heureux et fier. «Le rapport avec Riccardo était tellement humain et simple. J’avais toute confiance en lui. C’est quelqu’un qui comptera dans ma vie», glisse le président.

 

La belle histoire est terminée, mais l’aventure, elle, continue. Autrement forcément. Le Cannet a gardé la fibre italienne tout de même, en engageant une pointure, une référence, Carlo Parisi, grand homme du Busto Arsizio durant plus de dix ans (2004-2015) et sélectionneur de la République Tchèque entre 2012 et 2015. «Globalement, l’idée c’était de dire : on a bien travaillé avec Riccardo, il faut maintenant trouver quelqu’un qui peut amener plus que Ricardo. Carlo Parisi a une expérience indéniable, c’est un poids lourd mondial, il a un savoir», estime le président du Cannet.

 

Carlo Parisi arrive donc avec ses références et ses idées, mais une trame est déjà tracée. Même si Le Cannet bouleverse encore une fois dans les grandes largeurs son effectif, avec la seule centrale bulgare, Mira Todorova, comme survivante de l’effectif pro de l’année dernière, l’idée directrice reste la même, à savoir la jeunesse au pouvoir ! «Les joueuses sont jeunes certes, mais elles ont cette saison un peu plus d’expérience internationale malgré tout. Certaines ont même déjà joué la Ligue des Champions. C’est un projet enrichissant, attrayant et le public, les partenaires excusent plus facilement les erreurs de la jeunesse. Et avec l’arrivée d’un nouveau coach, il était évident qu’il fallait changer l’équipe», explique Daniel Bussani.

 

Carlo Parisi a maintenant trois saisons pour rebâtir quelque chose de solide. Sans doute voudra-t-il aller plus vite. En tout cas cette première saison se fera sans pression, avec un budget aux alentours de 1 million d’euros, revu à la baisse d’au moins 20%. Pas qualifié pour une Coupe d’Europe, Le Cannet aura du temps pour affiner un collectif et poser de nouvelles fondations. «Il y aura moins de pression, plus de sérénité», convient le président. «Carlo aura du temps pour travailler, on va moins s’éparpiller.» Une saison comme une étape. Mais pas sans ambition. «Sinon tu fais autre chose !», clame le patron du club. Et Carlo Parisi n’est sûrement pas venu juste pour faire le nombre…