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Strasbourg, nouvel explorateur

le 20/09/2016
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Promu en LBM, le Strasbourg Volley-Ball se lance un peu dans l’inconnu avec un nouvel entraîneur au nom reconnu dans le volley français, Christophe Meneau.
 

Tout s’est noué en quinze minutes, à peine plus. C’était fin mai, début juin. Le SVB accédait pour la première fois de son histoire au championnat professionnel (même si le club sous le blason Racing Club de Strasbourg avait déjà évolué en première division nationale dans les années 1960). Il désirait maintenant écrire une autre histoire. Le club actait la séparation d’avec son entraîneur, Nikola Borcic, en place depuis dix ans, mais il lui fallait vite dégoter son nouvel homme de banc. L’affaire n’était pas aisée, ça traînait même un peu, mais en farfouillant dans les vieux CV, le staff alsacien est tombé sur celui de Christophe Meneau. «Je l’avais envoyé il y a deux ans», se souvient le coach. «Là, je n’étais plus vraiment dans une démarche de recherche, mais le challenge m’a plu.» Installé dans le Sud de la France, lancé dans une autre vie professionnelle, même s’il continuait d’entraîner l’équipe de N2 de Cagnes-sur-Mer, Christophe Meneau a pourtant fait son baluchon et est monté fissa tout là-haut en Alsace ! «J’avais envie de replonger dedans. Le volley-ball c’est mon milieu naturel. Ça c’est fait en un quart d’heure de temps», avoue-t-il.

 

Sans le dire trop fort, l’ancien central de l’équipe de France, grand nom du volley français aux 407 sélections, était en réalité toujours titillé. «J’y songeais tout le temps, je l’avais gardé au fond de moi», glisse celui qui fut longtemps assistant-coach de Laurent Tillie à l’AS Cannes au milieu des années 2000, avant de prendre en mains l’équipe à l’été 2012…et d’être remercié en novembre 2013. «J’étais resté sur ma faim avec Cannes, je voulais repartir sur quelque chose, redonner tout ce que j’ai en moi.»

Même si le recrutement était déjà quasiment bouclé, le technicien a apporté sa petite touche personnelle en engageant un jeune pointu slovène, Matej Mihajlovic (2m, 25 ans). «Je ne voulais ni un trop jeune, ni un trop vieux. Je l’ai trouvé percutant, assez expressif sur le terrain. Ce n’est pas un joueur éteint, il est puissant, explosif à l’attaque. C’est une belle bête ! Maintenant, il faut voir la vérité de la compet», tempère l’entraîneur.

 

En l’occurrence, Strasbourg, avec son budget modeste d’environ 400.000 euros et une ossature d’équipe dans laquelle la majorité des joueurs sera en découverte de ce niveau, ne sait pas trop aujourd’hui où il va. Certes, depuis la reprise de l’entraînement, le 1er septembre dernier, il y a de la concentration, de l’application et un désir farouche de s’élever et d’être digne de la LBM, mais cela ne garantit pas grand-chose. Christophe le sait bien. «Je suis super content de l’équipe et du collectif, même s’il y a beaucoup d’inconnues par rapport à son véritable niveau. On peut ressentir le potentiel d’un groupe, maintenant il faut que cela se concrétise vraiment. Mais je sens chacun très investi individuellement. Aux entraînements, il y a du sérieux et du professionnalisme.»

 

Il faudra au moins cela et d’autres valeurs encore aux Alsaciens pour réussir leur saison, se maintenir et valider ainsi leur accession en LBM. En tout cas, Christophe Meneau ne lésine pas sur l’investissement personnel. En bord de terrain d’abord, dans l’administratif aussi parfois, pour donner un petit coup de main, «le grand» (2,03 m) est partout. «Je m’imprègne complètement, ça me mobilise énormément. J’ai toujours envie d’affiner les choses et j’ai du mal à faire autre chose à côté», convient le coach qui n’a même plus le temps désormais d’aller chercher le pain le matin !

Au-delà de la boutade, Christophe Meneau sait surtout que Strasbourg n’aura pas de marge et qu’il ne doit pas laisser en friche le moindre aspect du jeu. «Il ne faut pas qu’il y ait de points faibles, il ne faut pas qu’il y ait un secteur où tu pèches. Il faut assurer un minimum dans tous les domaines. La Ligue BM, c’est une petite Ligue AM», résume le coach, sur ses gardes et attentif, mais bienheureux de revivre cela…