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Béziers, un vent de jeunesse dans l’Hérault

le 14/09/2016
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Derrière une remarquable saison régulière, terminée tristement en Play-Offs, Béziers a mis encore un peu plus d’audace, de jeunesse et d’insouciance pour rester parmi les meilleures en LAF cette année.

 

Il n’y eut pas tant de mots. Superbes deuxièmes de la saison régulière, les Angels ont conclu l’exercice 2015-2016 au bord des larmes. Un épilogue brutal, douloureux, sans doute un peu injuste pour des Biterroises qui avaient mené le bal LAF pendant plus de cinq semaines tout au long de l’année. Mais voilà, l’icône Hélène Schleck, MVP de l’année, s’est blessée l’avant-veille des Play-Offs et tout fut ratatiné. Battu en deux manches par Saint-Raphaël, Béziers n’avait plus de rêve, pas grand-chose à dire et beaucoup de temps pour reconstruire, bâtir une équipe sans la grande Hélène, désormais toute jeune retraitée des affaires du volley. «Ça a été compliqué de passer vite à autre chose», se souvient l’entraîneur, Cyril Ong. «On était déçu aussi de voir Hélène terminer sa carrière comme ça. Mais le temps a fait qu’on a évacué et l’on s’est vite tourné du coup vers le recrutement pour construire une équipe sans Hélène, notre attaquante de pointe depuis 5 ans. C’est le sport, il faut vite se relever et ne pas trop patauger. C’est une page qui se tourne.»

 

Et Béziers a fait vite, posant un voile pudique sur cette triste fin, pour partir résolument vers d’autres conquêtes. D’abord, le club héraultais a conservé un noyau dur de sept joueuses, donnant logiquement la prime aux filles qui avaient magnifiquement combattu l’an passé, sans rompre ainsi le cordon qui avait nourri et élevé le club vers le haut. «C’était normal par rapport à la saison que l’on a faite et l’importance que le club accorde à la formation», avise le technicien biterrois. Dans cet ordre d’idée, Béziers a poussé le curseur plus loin, rajeunissant encore son profil, misant sur l’audace, le talent, l’effronterie et la hardiesse des vertes années. Si l’on ôte les 32 ans de la libéro internationale, Alexandra Rochelle, Béziers est comme une armée de jouvencelles, avec une moyenne d’âge qui flirte à peine avec les 23 ans !  Heureusement, il y aura tout de même quelques gardiennes du temple pour encadrer, façonner et guider tout ce joli monde. Les arrivées de la centrale allemande Berit Kauffeldt (1,90 m, 26 ans) et de la réceptionneuse-attaquante hongroise Rita Liliom (1,83 m, 30 ans), ajoutées aux reconductions d’Alexandra Rochelle et de la passeuse, Lena Mollers, doivent apporter vécu et stabilité. «Les jeunes font partie du club depuis longtemps. On prend peut-être un petit risque mais j’aime ce côté fraîcheur, cette insouciance et les joueuses d’expérience autour sont à même de façonner ce groupe pour la performance», estime Cyril Ong.

 

Une jeune réceptionneuse-attaquante colombienne de 20 ans, Yeisy Soto (1,86 m) a ainsi posé son sac dans l’Hérault. Mais c’est l’arrivée d’Isabelle Haak qui est plus encore le signe d’une démarche forte. A 17 ans, cette jeune Suédoise, née d’un père français et d’une mère suédoise, est un véritable prodige. Double championne de Suède et MVP du dernier championnat à près de 30 points par match, elle «est capable d’interventions à des hauteurs étonnantes», raconte Cyril Ong. Après un passage dans l’Hérault au printemps dernier pour repérer les lieux et s’entraîner un peu avec le groupe, la jeune pointue internationale, qui parle correctement le français, a convaincu sa maman de s’installer ici et a signé un contrat de deux ans avec le centre de formation du club.

Mais c’est bien avec les pros qu’elle devrait vite faire quelques ravages. A Béziers, tout le monde rêve déjà d’une trajectoire à la Héléna Cazaute, imaginant déjà les misères que le tandem va faire sur toutes les terres LAF ! «On mise là-dessus évidemment», convient le coach. «Mais Isabelle a 17 ans, on va prendre le temps, on ne va pas lui mettre le couteau sous la gorge pour qu’elle soit performante de suite. Je compte jouer avec elle, mais avoir un jeu distribué, pour ne pas la surcharger de ballons. Sur le papier, c’est alléchant.» Mais il faudra aller vite dans la mise en route. Le début de saison est délicat pour Béziers, qui doit effectuer toute la préparation ou presque avec quatre internationales en moins. Pas simple pour reconstruire, mais quand on est jeune, on fait tout plus vite !