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Poitiers : A grands coups d’audace

le 29/08/2016
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Huitième de la LAM la saison passée, Poitiers a fait bouger les lignes et tenté de jolis paris pour faire au moins aussi bien cette année.


Brice Donat a dû beaucoup aimé les puzzles quand il était petit garçon. Car l’entraîneur poitevin se plaît visiblement à faire, défaire et reconfigurer son équipe pour lui constituer un nouveau squelette, lui inventer une nouvelle histoire. Cette année, en tout cas, c’est comme s’il s’était plongé avec délice dans les grimoires pour concocter une recette insolite. De son passeur, Nimir Abdel-Aziz, il a fait un attaquant de pointe, du polymorphe vétéran Philip Schneider, il a refait un central à temps plein ou presque et il a convaincu le jeune réceptionneur-attaquant, Frédéric Barret, d’envisager sa carrière autrement, depuis le poste de libéro, en janvier dernier ! Des audaces, des prises de risque assurément, qui font le sel et le piment d’une saison, des choix aussi guidés par des raisons financières et un budget un peu serré aux entournures (aux alentours d’1,3 millions d’euros) à partir duquel il est plus facile de repositionner des joueurs que d’acheter des spécialistes du poste.

 

Mais le coach s’en accommode et se plaît à envisager la nouvelle mouture du SPVB 2016-2017, qui a donc misé sur la capacité de son ex passeur batave, Abdel-Aziz, à devenir un attaquant de pointe efficace, ce que Brice Donat avait déjà pu entrevoir un peu à l’entraînement l’an passé. «C’est une prise de risque, mais Nimir est un joueur très talentueux, avec un physique assez exceptionnel, un bras, une épaule très rapides. Il fait partie des meilleurs serveurs au monde et il a la capacité pour devenir un très bon attaquant. Maintenant, dès la première année, ça risque d’être un peu compliqué. Mais c’est un challenge qui le tentait», exprime l’entraîneur poitevin, qui a donné deux ans à son homme pour réussir la mue et qui, en engageant l’expérimenté autrichien Philip Schneider, s’est offert une assurance de luxe sur le banc en cas de pépin. «Il connaît le poste. Je sais qu’il sera là pour l’épauler, l’accompagner, le faire progresser», dit-il.

 

Pour mettre tout cela en musique, Brice a rappelé en France le très technique passeur international finlandais, Eemi Tervaportti (1,93 m, 27 ans), vu par le passé à Avignon et Ajaccio, qui apportera dans ce secteur une finesse, une vitesse et une variété supplémentaires et qui sera l’âme de l’équipe. «Il a une qualité de passe, mais c’est aussi un meneur d’hommes et ce sera lui le leader de l’équipe», concède le coach, qui a aussi ajouté un rab de puissance avec l’arrivée sur le tard du meilleur réceptionneur attaquant du dernier championnat serbe, Nemanja Jakovljevic (1,98 m, 29 ans). Avec tout ça, Brice n’est finalement pas mécontent du profil de son équipe, laquelle devrait plaire au fervent et fidèle public de Lawson-Body. «Ici, il faut une équipe qui ait une vraie personnalité, qui soit agréable à voir. Ici, avec une salle souvent pleine, enthousiaste, il faut qu’il y ait du spectacle, de la vie !», clame le coach, qui ne se fixe pas d’objectif haut perché mais n’envisage pas de faire moins bien que la saison passée. Les Play-Offs sont donc, a minima, en ligne de mire.