Billetterie

Un œil sur les Kasic

le 04/08/2016
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Mladen et Fran Kasic, père coach et fils passeur, se retrouvent ensemble à Nice à la rentrée prochaine. Une situation forcément particulière que tous deux veulent gérer le plus normalement du monde.



Comme toujours Mladen parle sans mettre de points à ses phrases. L’entraîneur croate du Nice Volley-Ball est un exalté, un passionné et quand il s’agit d’évoquer la filiation, la fibre familiale, le nom, les mots cavalent presque deux fois plus vite encore ! L’arrivée de son fils, Fran Novotni-Kasic, espoir du volley français formé au CNVB et qui fit la saison passée ses premières armes LAM à l’AS Cannes, il la vit forcément comme un petit bonheur intérieur. Mais Mladen tient pourtant à poser d’emblée une distance, comme pour rappeler qu’il n’a surtout pas fait jouer la préférence familiale. «Les choses sont claires. Ce n’est pas moi qui ai décidé. C’est lui et  absolument lui. J’ai demandé au président s’il était intéressé par Fran. Moi, je n’ai pas voulu émettre d’opinion sur le joueur, je n’ai pas voulu prendre position car les parents ne sont pas toujours très objectifs. Moi, j’ai surtout une opinion sur l’étudiant, l’élève magnifique. Dans les choix sportifs de mon enfant, je suis totalement détaché», explique Mladen, à propos de son fils de 19 ans, étudiant brillant, qui vient de terminer sa première année de tronc commun à l’école d’ingénieur Polytech à Sofia Antipolis.

 

Les choses se sont donc faites ainsi, sans que le père ne vante ni ne vende outre mesure les qualités d’un joueur «calme, très réfléchi, tout l’opposé de moi», sourit Mladen. Pour Fran, il y a forcément eu une réflexion, un temps de suspension, avant d’opter pour Nice, d’autant qu’il restait au jeune international français un an de contrat à Cannes. Fran, évidemment connaît le profil du père, coach rude et exigeant sur le travail et la discipline. Mais il sait aussi combien une aventure pareille peut l’enrichir sur le plan humain et sportif aussi. Mladen ayant tenu, à très haut niveau, le poste de passeur pendant plus de vingt ans, il en connaît presque tous les secrets. «J’ai hésité forcément avant de venir», convient Fran. «À Cannes, j’ai beaucoup appris avec tous les grands joueurs qui m’ont entouré. Au niveau coaching, mon père qui a été un bon passeur, va pouvoir m’apporter, me faire progresser, peut-être me montrer des choses qu’aucun entraîneur n’a pu me montrer ou que je n’ai pas encore assimilées. Je pense qu’il pourra mieux voir qu’un autre», estime Fran, qui a disputé des bribes de matchs (16  pour 2 pts) derrière Pierre Pujol l’an passé, mais qui estime en être sorti grandi. «Le temps de jeu a été limité, mais c’était normal. Ça a été bénéfique et les matchs, même amicaux, m’ont enrichi», dit-il.

 

Mais Fran n’est pas le premier enfant sous les ordres de son père. Avant lui, Hana, sa sœur, avait tenté l’expérience au Cannet en 2010-2011. «J’en ai parlé un peu avec elle», avoue Fran, qui a pris auprès de sa grande sœur le pouls de l’autorité paternelle sur un terrain de volley. «Avec elle, il avait été très exigeant, mais je pense que l’on va vivre cette situation de la manière la plus normale possible, il va me traiter comme n’importe quel joueur, même s’il sera un peu plus sévère avec moi. C’est d’ailleurs peut-être ce qui m’a conforté à venir», convient le fils, qui ne craint pas de relever les défis et d’étirer les jours pour y caser tout ce qu’il a à faire, entre les études, l’entraînement et son désir de devenir volleyeur de haut niveau. En sept mois, l’année dernière, Fran a ainsi parcouru 7000 kms au volant de son petit scooter 50 cc pour être partout à la fois ! «Je suis admiratif de cela. Mais sur le terrain, il sait ce qu’il va avoir. Un père assez dur, parfois cruel. Fran vient comme 2e passeur, que les choses soient claires. Le premier passeur c’est Halilovic. Il n’y aura pas de management particulier. S’il mérite, il va jouer, il aura sa chance, comme les autres», résume Mladen, qui tient à la pleine équité dans son groupe.

 

Fran connaît déjà le cadre. Et même si lui aussi tente de mettre le plus de normalité possible dans cette situation, à l’instar de la famille Demar à Nantes-Rezé, avec le père Martin et les deux fils désormais, Matyas et Lukas, il avoue dans un sourire : «Plus ça s’approche, plus je m’inquiète un peu mais sans plus». Sous le regard du père, il souhaite avant tout progresser et aider au mieux le NVB, de retour en LAM, mais pas sans grandes idées. «On veut assurer le maintien et pourquoi pas aller jusqu’aux Play-Offs», dit-il, comme si l’ambition et la fougue paternelles l’avaient déjà emporté.