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Laurent Tillie arrive au RC Cannes !

le 08/06/2016
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Le sélectionneur des Bleus, Laurent Tillie, s’est engagé pour deux ans en tant qu’entraîneur du RC Cannes. Un joli défi pour l’ancien joueur et entraîneur de l’AS Cannes qui va donc découvrir la saison prochaine la LAF.

 

- Laurent, avez-vous conscience d’avoir surpris beaucoup de monde en vous engageant avec le RC Cannes ?

- C’est un sacré challenge, ça oui ! Mais c’est ce qui est beau aussi. Et puis, finalement,  c’est assez logique en fait que j’accepte ce challenge.
 

- Pour quelles raisons ?

- Parce qu’à partir du moment où la fédération m’a reconduit pour 4 ans, je ne voulais pas être en porte-à-faux avec mes joueurs en clubs. Je voulais éviter les conflits d’intérêts, les suspicions. J’ai donc laissé tomber les clubs à l’étranger, qui me sollicitaient beaucoup. J’avais pensé un moment devenir assistant dans une université. ll fallait que je trouve un autre challenge.

 

- Comment s’est effectué ce rapprochement entre le RC Cannes et vous ?

- Avant de partir à Tokyo, Yan Fang m’a appelé. C’était très flatteur de penser à moi pour ce gros challenge. Cannes est un club immense dans le volley féminin, avec de grandes qualités. Et puis, c’est ma ville, j’ai entraîné onze ans l’AS Cannes. Devenir entraîneur du RCC, c’est très flatteur. Anny Courtade (la présidente du RC Cannes) me disait souvent sous forme de boutade : «Quand est-ce que tu reprends l’équipe ?» ça restait sous forme de boutade. Mais c’est vrai que depuis quelques années, je me disais, pourquoi pas. Avant, ça ne m’aurait pas effleuré l’esprit. Ça va me permettre de découvrir le secteur féminin, que je connais un peu par ma femme, le prisme international et parce que j’allais voir jouer les filles de Cannes. Je trouve que c’était un beau clin d’œil et ça montre que le volley féminin mérite aussi toute notre attention. En fait, j’avais accepté le challenge avant le TQO, sans qu’on ne parle ni d’argent ni de contrat.

 

- C’est tout de même une belle audace, non ?

- Ce qui est plaisant, c’est que c’est un projet à part entière. Il y a une vraie pression par rapport aux attentes que suscite ce club, la gestion au quotidien d’une équipe. C’est une autre vitesse, une autre psychologie, d’autres techniques. C’est aussi une autre formation pour moi.


- Le volley féminin diffère tout de même du plus haut niveau masculin international ! D’un point de vue psychologique, les ressorts seront sûrement différents que ceux utilisés avec le groupe France que vous connaissez par cœur ?

- Peut-être. Tout le monde semble dire ça. Mais moi, je n’ai aucun recul. En fait si, j’ai un peu de vécu (sourire). J’ai déjà entraîné le Racing Club de Cannes ! C’était en 1983. J’étais jeune joueur à l’AS Cannes et j’entraînais l’équipe qui jouait alors en N3, trois fois par semaine. Après le premier entraînement, deux joueuses ont pleuré, après le premier match, il y en a trois qui sont parties et qui ne sont jamais revenues (sourire) ! J’avais fait toute l’année, j’étais frustré car je n’avais pas les clés, j’étais trop jeune, j’avais 20 ans, je n’avais pas de recul, je n’avais pas les outils pour.

 

- Depuis cette «expérience», le RC Cannes a bien grandi ! En plus, lui qui a régné sur le volley féminin pendant près de 20 ans, vient d’être dépossédé de son bien ! ça rajoute encore au challenge ?

- Oui tout à fait. Et ce challenge demandera des exigences, de l’engagement. Si c’était pour jouer le milieu de tableau, ça m’aurait moins intéressé. Là, je ne vais pas changer pour changer, je vais arriver avec mes convictions, ma façon de voir le volley. Je ne suis pas là pour faire du Yan Fang, je suis là pour faire du Laurent Tillie, tout en sachant que je serai plus en insécurité par rapport à mon expérience.

 

- Yan fang va vous épauler un peu ?

- Oui, il va rester près du club, m’aider de façon bénévole. Nous avons beaucoup de respect l’un pour l’autre. C’est Yan qui a fait le recrutement, et ça m’a permis d’être à 100% dans le TQO.

 

- Justement, quels sentiments ont dominé à l’issue de ce TQO et cette qualification pour les Jeux Olympiques ?

- Ça  a été très difficile. Il y avait beaucoup de pression parce que tout le monde nous voyait passer et disait que c’était facile. Mais c’était compliqué avec les équipes présentes, la prépa qu’on a dû faire, l’enjeu, le stress que l’on s’est mis ensemble. C’est une «qualif» à laquelle on pensait depuis quatre ans, c’était loin, on n’en voyait pas la fin, on avait l’impression que tous les éléments étaient contre nous. Ça a été un grand soulagement, une grande satisfaction, une étape supplémentaire.

 

- Il n’y avait pas plus de joie que cela finalement ?

- Non c’est vrai. A la fin, ce qui est incroyable, c’est le soulagement. On n’est même pas heureux. Après le titre à l’Euro, la World League, on était sur un nuage. Là, on n’est pas sur un nuage. C’est comme si on était presque enterré et que l’on sortait de terre ! D’ailleurs, le jour de notre «qualif», après la victoire contre le Venezuela, on a fait tout de suite un débriefing pour se projeter à Rio. On a juste laissé une semaine. On va enchaîner, on va remettre le casque. On veut tout mettre de notre côté pour essayer de faire un podium. Le but c’est le podium. Les Jeux pour qu’ils soient beaux, il faut qu’on performe.

 

- Comment se sont comportés les joueurs LNV durant ce TQO* ?

-Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont beaucoup progressé dans le championnat de France. Ils ont du volume. Ils ont pris de l’envergure. Sur le TQO, le peu de temps de jeu qu’ils ont eu, ils l’ont bien pris et ils emmagasinent aussi de l’expérience dans une équipe pareille. Même s’il manque encore de grands gabarits français parmi les jeunes en LAM, il y a matière à travailler, c’est intéressant. Un moteur est enclenché. A voir les meilleurs Français gagner de l’argent à l’étranger, les jeunes ont envie de performer en LNV, de se montrer. Une pompe est amorcée et les joueurs français commencent à être reconnus à leur juste valeur.
 
 

*Les joueurs LNV 2015-2016 ayant participé au TQO étaient : Trévor CLEVENOT (Toulouse), Thibault ROSSARD (Sète), Hubert HENNO (Tours), Horacio D’ALMEIDA (Chaumont), Franck LAFITTE (Sète), Pierre PUJOL (AS Cannes)