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UN ŒIL SUR LES CHAMPIONS : ST-RAPHAËL (LAF)

le 18/05/2016
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Champion de France au terme d’une aventure extraordinaire, Saint-Raphaël ne veut pas d’un bonheur éphémère mais bien plus s’installer à long terme dans le Top 4 français. Avec la Ligue des Champions en prime, la saison qui arrive est, pour le coup, un magnifique challenge.

 

Dix jours sont passés, mais la station côtière du golfe de Fréjus bruisse sans doute encore de contes et petites histoires extraordinaires qui ont écrit cette saison l’un des plus retentissants exploits de la vie du SRVVB. On l’a dit et redit, écrit et réécrit : il y a un an, le club varois était relégué, expulsé sportivement de LAF. Puis il fut repêché, suite au forfait du club du Hainaut, avant de terrasser le grand RC Cannes à Coubertin et décrocher son premier titre de champion de France !

 

La trajectoire donne le vertige. L’épopée est singulière, l’aventure insolite, extraordinaire, au sens premier du terme. Avec  700.000 euros de budget, une équipe de jeunettes, orpheline dès le début de la saison d’une arme maîtresse, Veronica Angeloni, sérieusement blessée, Saint-Raphaël s’était contenté d’une visée raisonnable, atteindre les Play-Offs et voir ensuite. Et il a vu, il est allé au bout, porté par une foi incroyable et le credo de son coach, qui n’a cessé de répéter que le sport de haut niveau, ce n’était pas seulement l’argent et une somme d’individualités mais bien l’esprit, le corps, le groupe. «Il y avait une ambiance, une atmosphère, une chaleur. Ça a été facile pour moi d’entrer dans cette équipe», résumait d’ailleurs Liesbet Vindevoghel, l’attaquante belge trentenaire (36 ans), débarquée dans le collectif varois lors de la 2e journée et qui changea radicalement le cours des choses sur la Côte.

 

Aujourd’hui  la belle histoire est passée, mais Saint-Raphaël veut prolonger le plaisir. Et la saison qui s’ouvre, avec l’étiquette de n°1 dans le dos et la Ligue des Champions en prime est un sacré défi pour un club qui n’a jamais connu cela. Pour appréhender au mieux, et avec sérénité, la nouvelle donne, «Saint-Raph» a pris le temps de se poser. Le staff a reçu les joueuses une à une, avec pour objectif de reconduire la majeure partie de l’effectif victorieux. «Il y a encore pas mal de boulot et de négociations à faire, mais l’idée c’est de garder le collectif si possible», confirme l’entraîneur italien des Raphaëloises, Giulio Bregoli.

 

Un premier pas a déjà été fait en ce sens : les prolongations de Liesbet Vindevoghel, Irene Gomiero, Michaela Abrhamova et Amandine Giardino sont en bonne voie et les discussions avec Anna Kajalina sont en cours, alors que Veronica Angeloni, de retour de blessure, fera partie de l’effectif la saison prochaine. En revanche, Saint-Raphaël va changer de passeuse. Tanja Grbic quitte en effet le club mais sa remplaçante est, semble-t-il, déjà trouvée. «On a un projet sur plusieurs années. Avec le résultat cette saison, on est allé un peu plus vite que prévu, mais cet exploit n’est qu’une partie du boulot. On ne perd pas la route, on ne quitte pas la cible qui est de pérenniser ce club dans les quatre, cinq premières places françaises. Maintenant, c’est sûr que la Coupe d’Europe nous force à marcher un peu plus vite», résume clairement le technicien varois, également entraîneur adjoint de la sélection féminine belge.

 

Sur ce plan-là, Saint-Raphaël devra être vigilant et ne pas se brûler les ailes aux flammes attirantes de la Ligue des Champions, une compétition prestigieuse, formidable à jouer, mais très gourmande en énergie et en finances aussi ! Car le championnat demeure la priorité, la fiole de vie des Varoises. Mais Giulio Bregoli ne craint pas de jouer sur les deux tableaux. «Je n’ai pas peur de l’accumulation des matchs. Souvent le double tableau vous manque au contraire. La Champions League est une expérience très importante pour nous, c’est quelque chose de très beau, mais on est conscient que la cible, c’est le championnat.»

 

Reste maintenant à constituer un budget suffisamment solide pour permettre au club de tenir décemment son nouveau rang. «C’est clair que si tu n’as pas le vélo, tu ne peux pas courir le Giro ou le Tour de France ! A eux de me fournir le vélo et à moi de pédaler le plus vite possible !», sourit Giulio Bregoli, usant de la métaphore cycliste. La présidente, Christine Girod, œuvre en ce sens et Saint-Raphaël devrait pouvoir monter un budget aux alentours d’un million d’euros. «Il faut augmenter le budget d’au moins  300.000 euros. Des partenaires privés se manifestent, la région, le département et l’agglomération vont nous aider aussi. Ça semble réalisable», estime la présidente d’un club, champion de France, mais qui n’a sans doute pas fini de grandir.