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Journée des Finales : le casse des outsiders !

le 07/05/2016
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Paris, Saint-Raphaël et Nice ont mis à mal la hiérarchie et sont devenus champions de France dans une salle Pierre de Coubertin bien remplie, chauffée et vibrante.

 

C’était donc la journée des rebelles. L’heure des outsiders à l’âme brave. Hier, dans un Coubertin, rarement sage, rarement calme, qui en était même rendu à hurler de plaisir et vibrer d’émotion, sous les coups de tambour frénétiques de tout le peuple rose derrière l’Arago Sète à l’instant de la mise en jeu de la finale LAM, la journée des finales LNV a offert un spectacle grandiose. Treize sets, une tension palpable à chaque point, du suspense au creux des mains, de l’espoir en bout de fil : le volley français a tiré hier un joli bouquet final et sacré trois équipes qui n’étaient pas favorites, mais qui ont su se dépasser pour renverser les pronostics et s’adjuger le sacre ultime. Preuve s’il en est de l’énorme richesse et homogénéité des championnats, à tous les échelons de la LNV cette année !

En LAM, Sète avait creusé le sillon, réalisé une saison régulière magnifique, terminé ses deux premiers tours de Play-Offs en deux manches. Il désirait l’apothéose, la fin grandiose, alors que son coach,  Patrick Duflos, mettait le clignotant, pour souffler quelques temps. Mais voilà, Paris, en Play-Offs, est «en mode rouleau compresseur», comme l’admettait son coach, Dorian Rougeyron. Sur son gros point fort, la mise en jeu, Paris a accablé la réception de l’Arago. En attaque, Hoag et Gasparini ont mitraillé, Davide Saitta a distribué superbement, notamment en courte au centre, avec Ardo Kreek. Sète a subi, d’autant que défensivement, Dmitrii Bahov a remonté des ballons lunaires et que Paris a souvent bien lu le jeu de Guillermo Hernan. Bref, Sète a été dominé (3-0), au plus mauvais moment de la saison. «Je n’ai pas de mots. On fait une saison magnifique et Paris joue un jeu venu d’une autre planète le jour J. Bravo à eux», convenait Marien Moreau.

 

Patrick Duflos admettait aussi la supériorité du jour parisienne, même s’il regrettera sans doute une mise au jeu sétoise déficiente pour le coup. «Ce soir, il n’y avait rien à faire. Paris était injouable, mais nous, on n’a pas servi», analysait-il. Paris, lui, se régalait de cet état de grâce arrivé au bon moment, en Play-Offs. «C’est la différence entre la saison régulière et maintenant : notre capacité à rester concentrés, à rester calmes, lucides, sans nervosité. On a fait des erreurs, mais on les a mis sous pression avec notre service et ils n’ont pas trouvé la solution», se félicitait Mitja Gasparini. Après trois finales perdues, Paris y est donc parvenu. Champion de France, sept ans après son dernier titre, en 2009. «Le premier mot qui m’est venu à la fin du match, c’est enfin», souriait Dorian Rougeyron. «ça fait du bien de recevoir les confettis sur la gueule ! Cette équipe a eu le mérite de vouloir aller chercher les solutions.»

 

Ce samedi, à Coubertin, il ne fallait pas arriver bardé de louanges ou de titres. Il fallait donc d’abord croire en soi. C’est ce qui guida Nice, face à Rennes, en Ligue BM. C’est aussi ce qui transporta Saint-Raphaël dans la réalisation de son authentique exploit face au géant du volley féminin français, Cannes. Champion sans discontinuer depuis 1998, le RC Cannes est tombé de son trône et c’est Saint-Raphaël, encore et toujours porté par le bras de Liesbet Vindevoghel (19 pts) et une Irène Gomiero transcendée dans le cinquième set (18 pts), qui a mis fin à son règne. L’histoire est belle, incroyable. Repêché en Ligue AF, Saint-Raphaël visait le maintien et il a décroché la lune ! «Le sport, ce n’est pas qu’une addition d’individualités et de chiffres. Il faut croire qu’il devait se passer quelque chose de particulier cette année dans le sport», souriait Giulio Bregoli, le technicien italien des Varoises, faisant référence au titre inattendu de Leicester, coaché par son homologue, Claudio Ranieri, en D1 de foot anglais.  La réceptionneuse-attaquante belge, Liesbet Vindevoghel, 36 ans, savourait pleinement ce joli moment, sans en mesurer  vraiment l’ampleur. «Je ne sais pas si c’est quelque chose d’incroyable ce que l’on a fait. On connaissait nos limites cette saison, mais on a toujours su que l’on pouvait faire quelque chose.» Pour Cannes, habitué à tout laminer, la chute est rude. Forcément. «C’est un match à l’image de la saison, avec des hauts et des bas et trop de fautes directes. Le seul objectif de ce club, c’est gagner. Donc deuxième, c’est raté», résumait l’entraîneur cannois, Yan Fang.  

Raté, ça l’est aussi pour Rennes, qui doit se dire aujourd’hui : tout ça pour ça… Une telle domination en LBM, un volley quasi parfait, ce sentiment d’invincibilité durant les trois quarts de la saison, pour venir encore tomber à Coubertin, comme en finale de la Coupe de France, et s’en repartir les mains vides. Au bout de cinq sets, de six balles de match (4 pour Nice, 2 pour Rennes), ce sont donc les Niçois de Mladen Kasic, sans peur et venus à Paris l’esprit léger, qui verront la Ligue AM la saison prochaine. Evidemment, le sort est brutal, cruel pour le club breton, qui avait tout fait dans les règles jusque-là, mais qui, sur le match le plus important de l’année, n’a pas semblé capable de se libérer pleinement, comme s’il avait été rattrapé par la pression et le flot de promesses qu’il avait fait naître tout au long de la saison. Dans les couloirs, l’entraîneur, Nikola Matijasevic avait le cœur lourd. Ses joueurs, eux, n’avaient rien pour le consoler. «C’est une belle année qui finit en eau de boudin», traduisait Gerald Hardy-Dessources. «Ils étaient plus libérés que nous, ils ont mieux joué que nous. C’est cruel mais c’est comme ça», admettait Olivier Ragondet.

Porté en attaque par le tandem, Seppanen-Feughouo, adossé à une réception plus stable sur l’ensemble du match, Nice a tout mis, sans calcul. Rennes y était par séquence, quand Kert Toobal parvenait à donner un peu plus de rythme, quand le central seychellois, Rodney Ah-Kong, régnait en milieu de fil. Mais le club breton, si sûr de sa force habituellement, était en réaction. Dans le cinquième set, c’est Nice, toujours, qui avait la flamme. David Feughouo, en difficulté quatre sets durant au service, lâchait deux mises en jeu colossales et à 18-19, le smash de Jérôme Clere ne revenait pas. Nice, au terme d’une saison remuante et agitée, touchait son paradis à la troisième finale disputée en trois ans. «C’est l’année la plus difficile de ma vie», convenait Malden Kasic, le coach, exténué, mais heureux, qui, n’aspirait plus qu’à une chose maintenant : «Des vacances !»