Billetterie

le 05/05/2016
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L’Arago de Sète, meilleure équipe de la saison régulière, est au rendez-vous des finales, en toute légitimité. Avec à l’horizon, la possibilité de décrocher le premier titre de champion de France de son histoire.

 

C’est une fin pas comme les autres. Un dernier rendez-vous plein de frissons, dans l’air brûlant d’une finale dont la portée va bien au-delà du résultat sportif. Sète est au rendez-vous et sa place sur cette ultime scène 2015-2016 est d’une logique implacable. Depuis le commencement, on pouvait presque augurer la fin. L’Arago a perdu six matchs sur la saison, a dominé le championnat d’un bout à l’autre et proposé sans conteste le meilleur volley cette saison. «On n’a jamais eu de creux, on a été régulier du début à la fin. On a été présent toute l’année, on a été loin en Coupe de France (demi-finale), on fait un beau parcours en Coupe d’Europe. C’est une saison exceptionnelle en termes de résultats et de régularité», constate avec un petit plaisir en fin de bouche, l’entraîneur sétois, Patrick Duflos.

 

Il n’y a donc plus qu’un dernier trait, un ultime coup de pinceau, pour faire du bel ouvrage un chef d’œuvre. Et pour le coach, ce moment-là, l’ultime regard sur la toile, sera particulièrement émouvant. Car ce sera le dernier pour Patrick Duflos. Ensuite, le coach sétois se retirera. Définitivement du volley ? Sans doute pas. L’homme est trop passionné pour ne pas y revenir. «Je ne fais qu’un break, je ne pars du volley. J’ai besoin de souffler un peu, je ne quitte pas le volley !», répète-t-il, comme pour annoncer déjà son retour, avant même d’être parti ! 

 

Samedi soir, il va quitter pourtant le banc sétois. Un club où il a passé une grande partie de sa vie. Mais en attendant de ressentir samedi l’instant fatidique de tout son être, l’entraîneur préfère se réfugier dans le travail et cette mission sublime qui l’anime passionnément depuis le début de la phase retour. «On a tellement ça en tête depuis un moment, on est tellement concentré sur notre objectif, tellement dans le truc que franchement, je n’y pense pas», assure-t-il. En creux, sous les mots simples, sûrement que ça tremble un peu quand même. Ce jeudi, le coach a dirigé son dernier entraînement au Barrou et il connaît toutes les histoires collées aux murs ! «Bien sûr que c’est ma vie ici. C’est 30 ans de ma vie, c’est énorme tout ce que j’ai vécu avec ce club. Ça va faire quelque chose», glisse le coach, finaliste malheureux en 2005 face à l’AS Cannes.

 

En attendant, c’est à ce dernier match qu’il s’attelle. Oui, la saison fut belle, incroyable même. Entre la révélation définitive du MVP Thibault Rossard, la renaissance superbe de Marien Moreau, récupéré alors qu’il se maintenait en forme à Fréjus, les coups de patte du madré passeur, Guillermo Hernan, et tout un collectif en ordre qui a produit le meilleur fond de jeu LAM cette saison, Sète a brillé, notamment par sa qualité offensive. Au-delà du jeu, c’est aussi le caractère, la personnalité forte de cette équipe qui fit souvent merveille, quand il a fallu se battre, lutter pour inverser le cours des choses. «Il y avait beaucoup d’inconnus, on ne pouvait pas espérer cela honnêtement. Il y a énormément de matchs où on a été dominés mais qu’on est allé chercher avec le mental», poursuit le coach.

 

Mais voilà, si Sète croule sous les louanges, il a toujours les mains vides à ce jour. Et Paris, qui se profile, n’a pas l’intention de lui faire une offrande. «On n’a rien gagné, effectivement. Avec une saison fantastique, deux qualifications 2-0 en Play-Offs, on a le rendement du Tours de la grande époque, mais c’est comme ça. A nous de jouer cette finale en restant nous-mêmes, sans rien changer, sans en faire un «surévénement», explique l’entraîneur sétois.

Pas simple, quand l’excitation a déjà gagné la ville depuis la qualification. Pas facile, quand les sollicitations tombent d’un peu partout et que les joueurs se disent que c’est peut-être leur heure. «Ça fait dix ans qu’on est dans le haut du tableau et qu’on présente du beau jeu. Je trouve que c’est rafraîchissant de nous voir là.» Et l’Arago se dit que l’air est sans doute plus pur un peu plus haut encore…