Billetterie

le 04/05/2016
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En retard et souvent inconstant en saison régulière, Paris a trouvé les bons timings, la bonne attitude et l’unité collective pour le porter jusqu’à sa quatrième finale consécutive. En espérant cette fois, un meilleur sort.

 

Nicholas Hoag l’avait prédit. Le 18 mars dernier, alors que Paris déambulait, d’un sommet à un creux, parfois sur un même match, depuis le début de la saison, le réceptionneur-attaquant parisien envisageait l’avenir ainsi : «Ce qui nous manque en ce moment, c’est l’aspect équipe. Individuellement, c’est très fort. Il y a de très bons joueurs, certains même exceptionnels. Ce qui nous manque c’est vraiment la cohésion. Une fois qu’on aura trouvé ça, si on la trouve avant le début des Play-Offs, on va être très dur à arrêter !»

L’ex champion de France tourangeau aurait donc des dons de cartomancien. En deux tours de Play-Offs, Paris s’est fait très grand, sortant, malgré le désavantage du terrain, Chaumont (3e) et surtout le quadruple champion de France en titre, Tours, 0-3, lors du match d’appui à Grenon ! Une performance remarquable, qui dénote bien une nouvelle identité parisienne. Sur ces Play-Offs, Paris s’est fait un beau profil. Plus constant, plus confiant, plus agressif et plus conscient aussi de ses points forts, notamment sa puissance de frappe au service, un domaine dans lequel le Paris Volley est sans aucun doute l’équipe la mieux outillée de LAM.

 

Pour le coach, Dorian Rougeyron, l’embellie, après les tâtonnements de la saison, est une première gorgée de plaisir. «On a pris la formule sportive, comme quelque chose qui nous était favorable finalement. La phase régulière n’a pas été celle qu’on espérait faire. Les Play-Offs nous offraient une deuxième vie. En terminant 6e, il nous restait une balle dans le barillet et l’on pouvait racheter notre saison. On a abordé ces Play-Offs en étant un peu plus léger que les autres et on a réussi à se créer un capital confiance. Et dans ce sport, c’est indispensable», résume très justement le coach parisien.

D’un coup, Paris a comblé les failles. Les retards tactiques, les manques relationnels, les fragilités techniques (dus aussi à une arrivée tardive dans l’équipe de cinq joueurs, quelques jours seulement avant la reprise du championnat !), tant de domaines que Paris n’avait pas eu le temps de vraiment travailler avec deux matchs par semaine au cœur de la saison, il les a comblés au long cours. Et voilà le Paris Volley, qui déboule, en finale, en ordre de marche ! «C’est une évidence qu’il y a un potentiel dans cette équipe, mais il fallait l’exprimer collectivement. Comme on était en retard, on avait du mal à stabiliser les choses. On s’est alors mis moins de pression à vouloir exprimer ce potentiel, et c’est venu tranquillement. On a créé un ciment collectif sur la fin. J’ai l’impression qu’on a trouvé la solution sur le tard», sourit le technicien francilien.

 

Le jeu parisien sera-t-il assez mûr pour contrarier les desseins de l’Arago de Sète en finale ? Dorian Rougeyron évalue clairement les débats : «Il ne faut pas se tromper, on est face à notre plus grand défi. Sète est l’équipe qui a montré le meilleur volley, le plus de stabilité. On va jouer contre la meilleure équipe de la saison.» Mais Paris, huit fois titrés entre 2000 et 2009, qui retourne sur la dernière scène pour la quatrième fois de suite, ne traîne pas cette fois les mauvais souvenirs, nourris des trois défaites de rang face à Tours. «C’est l’histoire de notre club, ce n’est pas l’histoire de notre équipe», dit joliment Dorian Rougeyron, l’un des trois rescapés, avec Ardo Kreek et Markus Steuerwald, des trois batailles perdues précédemment. Son jeu est en place et, notamment donc son service, impressionnant d’efficacité face à Tours en demi-finale. «Sur les derniers matchs, en plus de notre percussion au service, on a réussi à l’installer dans la continuité sans avoir trop de déchet», se félicite le coach, qui sait bien que le salut, pour Paris, viendra de la conviction de ses joueurs à lâcher le bras en bout de terrain. «Quand ils passent derrière la ligne, je veux qu’il n’y ait aucun doute, je veux que les gars soient certains de faire mal à la réception adverse». Car, si Sète a peu perdu cette saison, «ils ont perdu quand même», glisse doucement le coach.