Billetterie

le 03/05/2016
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Repêché l’an passé, Saint-Raphaël est finaliste un an plus tard ! Une histoire incroyable pour le club varois qui n’en espérait pas tant en début de saison, mais qui a su faire, à chaque fois, les bons choix cette année.

 

C’est une belle histoire, un conte réservé aux doux rêveurs, aux âmes zélées. Fin de saison dernière, Saint-Raphaël traîne comme un pauvre hère, avec trois victoires au fond d’un sac vide. Relégué en Elite, le club varois y file sans un regard. Mais le destin lui sauve la peau. Repêché, «Saint-Raph» évite la sanction, repart en LAF, avec des vues modestes mais un ardent désir de vivre. Moins d’un an plus tard, tout a basculé. Une folie douce, une histoire de dingues ! A Paris samedi soir dernier, Saint-Raphaël arrache, lors du match d’appui face au Stade Français (1-3), sa place en finale, la deuxième de son histoire après celle, perdue face à Riom en 1993. Aujourd’hui encore, sa présidente, Christine Girod, n’en revient pas : «Je ne réalise pas encore, je ne suis pas descendue de mon nuage», avoue-t-elle. «L’objectif, c’était le maintien. Après, les Play-Offs, c’était déjà très bien. Mais là… Ces filles bossent, elles le méritent.»

 

Evidemment, si tout était toujours aussi simple, le monde serait rempli de rêveurs besogneux ! Cette année, très simplement, Saint-Raphaël a tout fait bien. Le club a entendu certaines doléances, a fait l’effort sur le staff médical. Les techniciens, eux, ont eu du flair comme jamais, reconstruisant une équipe à 80%, avec un mixte idéal entre la jeunesse insouciante et le talent au poids des années. «J’aimerais bien te dire que je suis un génie et qu’on savait que l’on ferait ça depuis le début de la saison ! Non, sérieusement, je ne pensais pas que l’on pourrait arriver à ce niveau», raconte joliment et humblement l’entraîneur italien, Giulio Bregoli, qui vit ici sa troisième saison à la tête du club, sans doute la plus belle, celle qui efface en tout cas toutes les misères de l’année passée. «Une saison comme l’an dernier, ça te change. Un échec, ça peut toujours arriver dans notre boulot, mais ce n’est pas facile. Je suis heureux de ce qui nous arrive, mais je ne le vois pas comme une revanche personnelle. La grande part du mérite revient aux filles. Moi personnellement je n’ai pas l’impression d’avoir fait des choses extraordinaires par rapport à l’an passé, j’ai fait mon boulot, comme d’habitude.»

 

Mais alors, bon sang, où est donc le secret, hormis une assiduité au travail incroyable et un état d’esprit irréprochable de tout le groupe ? «C’est le destin, c’était écrit comme ça», sourit le coach, comme s’il voulait délibérément garder le code confidentiel ! Prosaïquement, le recrutement fut une réussite totale. Et même quand Saint-Raphaël perd sur blessure sa réceptionneuse-attaquante, Véronica Angeloni, pièce maîtresse du puzzle, quelques jours seulement avant le lancement de la saison, tout se goupille encore bien. La Belge, Liesbet Vindevoghel est là, qui s’entraîne avec le club, en attendant la bonne opportunité. C’est elle qui va faire la maille et plus que cela ! A 36 ans, elle va porter l’attaque varoise, insuffler l’ambition et entretenir la foi ! «Son arrivée a changé l’équipe», confie le coach à propos de la deuxième marqueuse LAF, derrière la Cannoise Nadiia Kodola, qu’elle va retrouver samedi pour un duel au plus près des étoiles.

 

Des jeunes pousses de 20 ans en provenance du Cannet et en demande de temps de jeu, Amandine Giardino et Kim Novak, à la trentenaire belge à l’âme toujours rebelle, Saint-Raphaël va faire tomber les têtes de tous les grands de LAF, même si son manque de constance ne lui rapporte au final qu’une septième place régulière. Mais voilà, coup du sort heureux pour « Saint-Raph », malheureux pour la joueuse,  Hélène Schleck, MVP du championnat et arme fatale de Béziers, se blesse deux jours avant le quart de finale. Le chemin est tracé. «Tu ne peux pas dire qu’il n’y a que de la chance. Cette équipe a beaucoup d’humilité, elle est consciente de son niveau. Mais si on ne parle pas de chance, on ne dit pas toute la vérité», convient très humblement l’entraîneur italien.

 

Saint-Raphaël aura-t-il encore le bon œil samedi à Coubertin ? En tout cas, le RC Cannes ne fait pas dans l’incantation et se méfie d’abord et surtout de la qualité de jeu de sa voisine varoise, la seule équipe à l’avoir dominé deux fois en saison régulière ! «Mais pour être honnête, on n’a jamais rencontré Cannes dans sa configuration actuelle», tempère Giulio Bregoli. N’empêche, «Saint-Raph» n’a pas perdu cette saison face au géant du volley féminin français. Et Cannes, lui, sait très bien qu’il n’a pas encore gagné cette finale…