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Un œil sur les Finalistes : RC Cannes

le 29/04/2016
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Sans Victoria Ravva, avec un effectif remanié et rajeuni, le RC Cannes a tout de même rempli l’objectif minimum : la qualification en finale.

 

Le terrain était incertain, la pente pouvait être glissante. En perdant son icône, son moteur, sa sève et son leader, Victoria Ravva, Cannes tournait une page et ouvrait une nouvelle ère. L’entraîneur Yan Fang, le savait. «Vikka, elle était là depuis 20 ans. Ce n’est pas seulement une question de jeu, de volley. C’est son mental, son leadership, ce qu’elle renvoyait aux autres. Ça nous manque beaucoup», dit-il. A cette perte majeure, vous ajoutez un effectif chamboulé aux deux tiers, avec des jeunes filles de talent certes, mais qui n’ont qu’une vague idée des règles de la maison dans laquelle elles mettent les pieds : forcément ça fait des noeuds dans le début de saison et ça explique un exercice régulier terminé à quatre défaites, ce qui n'était plus arrivé au RC Cannes depuis des lustres ! «Il y a même une saison où je n’ai perdu que deux sets !», sourit le coach cannois. «Mais pour moi, c’est comme un retour à la normale. En sport collectif, ce n’est pas normal qu’un seul club gagne tout pendant vingt ans. Maintenant, on peut perdre des matchs,  il y a un challenge, des victoires arrachées, on peut mal jouer. Le championnat est retourné à la normale.»

 

Certes, la LAF n’a sans doute jamais été autant disputée. Certes, le RC Cannes n’a pas régné. Mais voilà, il est en finale, pour la 23e fois de suite, en course pour un 19e titre consécutif, après avoir déjà glané, au passage, la Coupe de France !  Et son entraîneur, passé par Riom avant les belles années cannoises, en est lui à sa 26e finale disputée en…26 années de coaching en France ! Les chiffres sont colossaux, irréels et introuvables dans n’importe quel autre sport collectif français. Et l’année où la domination cannoise est moins forte, ils prennent sans doute encore un peu plus de sens.

 

Car, cette saison, Cannes a prêté le flanc, a montré quelques failles, notamment dans un début de saison où le géant a un peu tâtonné. «Cette année, Cannes n’est plus comme avant, on n’est pas plus fort qu’une autre équipe. Avant, quand un adversaire nous jouait, il savait que ce serait très très difficile. Cette année, tout le monde se dit qu’il peut le faire», résume le technicien chinois. Le début de saison a confirmé cela. Avec un axe, passeuse-pointue, totalement changé, une équipe largement remaniée, un vide impossible à combler, Cannes a mis plus de temps que d’habitude à trouver le bon rythme. D’autant que pour les arrivantes, on ne vient pas à Cannes comme n’importe où ailleurs. «Ici, tu es sous pression tout le temps, tu n’as pas le choix : il faut gagner !», martèle le coach. Travailler aussi. Beaucoup. «On l’a vu en début de saison, certaines joueuses avaient du mal avec le rythme des entraînements, la pression. Mais petit à petit, les filles ont accepté la façon de travailler et on a vu le résultat, les joueuses ont progressé. Il faut être exigeant, sur le quotidien, tous les jours, ne jamais relâcher. A Cannes, ce n’est pas facile, avec moi ce n’est pas facile», sourit Fang.

 

Et depuis début février, Cannes est en ordre de marche. Nadiia Kodola fait tomber les balles de la lune, Myriam Kloster et Rachel Sanchez Perez tiennent la baraque au centre et Letizia Camera fait jouer tout ce petit monde ! Cannes n’a perdu qu’un match sur les trois derniers mois contre quatre les trois mois précédents (finale de la Supercoupe incluse).

Mais au RC Cannes, une place en finale ne vaut pas grand-chose. «C’est l’objectif minimum. Après la qualification à Venelles, il n’y a pas eu beaucoup d’émotion. C’était plutôt du soulagement», dit le coach. La culture cannoise ne s’accommode pas de la défaite. Reste à attendre maintenant l’adversaire qui viendra défier les grandes Dames de la Côte. Yan Fang, pour le coup, ne se mouille pas vraiment. «Paris mérite la finale au vu de sa troisième place de la saison régulière. Mais Saint-Raphaël la mérite aussi et c’est surtout la seule équipe contre qui on a perdu deux fois cette année !» Pour Cannes, finalement, peu importe l’adversaire et le décor autour. Seule la victoire compte.