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Un œil sur les Finalistes : Nice

le 27/04/2016
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Qualifié pour sa troisième finale LBM consécutive, Nice rêve de vaincre enfin le mauvais sort. Pour son coach, Mladen Kasic, la saison fut tumultueuse, mais le bonheur demeure à portée de mains.

 

La fatigue lui fait des nœuds dans les mots. Mladen Kasic a tant à dire, tant à conter sur cette saison 2015-2016  que le coach croate en fait cavaler les phrases ! Tout juste après avoir traversé la France du nord au sud, après un périple victorieux à Tourcoing et une troisième qualification pour la finale de LBM, le technicien azuréen a la pointe d’humour qui va bien. «Ça va être terrible si on perd une troisième fois en finale. Je suis un très bon entraîneur pour emmener une équipe en finale, mais je suis nul pour gagner la finale !», dit-il dans un grand éclat de rire.

 

La sentence est auto-dérisoire, même si Mladen Kasic sait que ce sort-là lui est peut-être promis. Si Rennes bat Martigues en demi-finale, le club breton fait en effet figure de grand favori, après une domination sans faille durant toute la saison. Mais l’entraîneur niçois n’en est pas encore là aujourd’hui. Il roucoule d’abord de bonheur et de fierté, d’avoir pu tracter une équipe tempétueuse jusqu’à Coubertin le 7 mai prochain, au terme d’une demi-finale exaltante (3-2, 3-2), où Tourcoing a peut-être été meilleur globalement que son adversaire, avant de se réveiller ce matin les mains vides. «Les deux matchs sont incroyables. Tourcoing doit être très déçu de ne pas être passé. Ils font plus de blocs que nous, ils ont un meilleur service, une qualité de jeu magnifique et à la fin, c’est nous qui gagnons ! Dans l’année, ce n’est pas arrivé beaucoup de fois que ça tombe comme ça pour nous. Je ne sais pas pourquoi on a eu ce petit coup de chance. Mais on a eu le mérite de ne rien lâcher et de rester calme dans les moments importants, ce qui n’avait pas toujours été le cas avant.» Ce fut notamment le cas hier, dans un quatrième set hallucinant où Nice, alors mené 2 manches à 1, ne paniqua pas, tint les commandes pour s’imposer 32-30, avant de dominer le tie-break décisif !

 

Cette sérénité, cette lucidité, ce n’était pourtant pas trop le fort de l’équipe niçoise cette année. Une formation pétrie de talent certes, mais avec un regard parfois «décalé» sur la discipline dans le sport de haut niveau, à l’image de Nemanja Cubrilo et Jelle Ribbens, deux pépites pas faciles à polir ! «Cette année, c’est la meilleure équipe que j’ai eue ici, absolument. Avec des mecs super talentueux, mais alors parfois des fainéants ! Des mecs qui arrivent en retard à l’entraînement, d’autres qui ne viennent pas à la muscu. Cubrilo et Ribbens m’ont pris dix ans de ma vie, je leur dis ouvertement. Mais ce sont des talents, capables de tout faire sur un terrain et présents à tous les matchs», raconte Malden Kasic, un peu las de tous les combats menés cette année.

 

Le coach croate, d’habitude à cheval sur les principes, a donc dû apprendre à faire des concessions, à fermer les yeux. Bon, il a bien balancé une chaise contre le mur lors du premier jour des Play-Offs («tellement ils m’ont énervé…», avoue-t-il). Mais au final, il a tenu bon et son groupe s’est soudé, uni, rassemblé pour en arriver là. «Ça a été la guerre toute l’année, mais je suis super content d’y être arrivé. J’ai l’impression d’avoir rempli un petit contrat», dit-il. Dans sa quête outre les talents intrinsèques déjà en place, l’arrivée en cours de saison du pointu camerounais, David Feughouo, en provenance de Nancy, fut déterminante. «David a donné de la confiance à tout le monde, il a remis les choses en place», estime le coach.

 

Cela sera-t-il suffisant si l’ogre rennais se dresse sur le chemin, pour vaincre le mauvais sort et enfin gagner la finale, synonyme d’accession en Ligue AM ? Mladen Klasic est lucide : «Rennes est une équipe magnifique, avec un passeur qui survole le championnat. Je les ai trouvés intouchables pendant six mois. Maintenant, on peut juste espérer être très bon. Après, sur un match…Rennes est favori, mais on a trois, quatre joueurs qui peuvent être extraordinaires», prévient Mladen Kasic, fatigué certes, mais surtout pas résigné.