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Un œil sur Camille Crousillat

le 21/04/2016
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A 26 ans, la réceptionneuse-attaquante française de Venelles se régale de vivre cette première demi-finale face à Cannes. Un moment de plaisir, pour l’histoire, sans pression, avant de tourner la page.



- Quel regard portez-vous sur cette saison historique pour le club de Venelles ?

- C’est une saison où le club a eu beaucoup d’ambitions, construites sur le long terme. Ça fait maintenant un petit moment que le club est en première division. Le club n’a pas voulu viser trop haut, trop vite. Cette année, l’objectif était la 5e place. Et quand cette 5e place a été atteinte, on a eu des réunions avec les dirigeants, les bénévoles, le staff et le discours a été : «Maintenant c’est du bonus ! On vous a demandé d’être cinquièmes, vous l’avez fait, si on peut viser plus haut, tentons !» Les objectifs du club, on les a tous remplis : demi-finale de Coupe de France, 5e place, on l’a fait ! En contre partie, le club nous offre une fin de saison sans pression et si on peut lui offrir la finale, on lui offrira la finale. C’est que du bonheur ce que l’on vit.

 

- Cette demi-finale face à Cannes, c’est donc zéro pression ? 

- On ne peut pas dire, on s’en fout, mais ce n’est plus que des objectifs de plaisir. C’est aussi ce qui a fait qu’on a gagné contre Mulhouse en quart de finale. Elles avaient des objectifs de résultats, des objectifs sportifs. Nous, on n’avait pas de pression, on était là pour se régaler toutes ensemble ! A l’aller, deux supporters du club nous ont suivies à Mulhouse. Ils n’étaient que deux, certes, mais c’est comme s’ils avaient emmené tout le reste du club avec eux.

 

- Jouer la première demi-finale de l’histoire du club contre le géant du volley féminin français, ça rend encore ce rendez-vous plus grandiose non ?

- Oui. On se dit voilà, c’est Cannes ! Mais cette année, Cannes n’est pas le Cannes d’avant. On sait bien qu’elles ont les armes pour s’en sortir, mais on sait aussi qu’elles ont fait des faux pas cette saison, donc on se dit pourquoi pas ? Si on peut le faire avec le sourire, pour le plaisir, pourquoi pas ! On sait qu’on peut les embêter, on a des armes pour se battre contre Cannes. Maintenant, on sait qu’il ne faut pas les gagner une fois, mais deux fois ! C’est un sacré challenge, qu’on prend avec beaucoup de plaisir. On y va avec le sourire.

 

- Quelles sont, en résumé, les clés de la réussite de Venelles cette saison ?

- Je pense que c’est d’abord le fait que les choses aient été claires dès le début et que tout le monde ait bossé dans le même sens. Les objectifs étaient clairs et tout le monde l’a compris. Dirigeants, joueuses, bénévoles, staff, tout le monde est allé dans ce sens. On a eu des défaites qui étaient des contre-performances, à Terville, à Nancy, mais ces défaites, on s’en est servi pour travailler plus dur et on n’a jamais perdu de vue que le cœur de l’objectif, c’était nous et pas les autres. On a travaillé match après match sans jamais regarder plus loin.  

 

- Venelles est-il en train de trouver sa place parmi les grands du volley féminin ?

- J’espère que Venelles est en train de s’inscrire. Ce club, au sens large, avec le soutien précieux de tous les bénévoles, le mérite. Il a fait un pas en avant tous les ans. La salle, le staff médical, les voyages, l’équipe, la salle de musculation etc… Il n’a pas tout fait en même temps pour ne pas couler aussi vite qu’il était monté, et désormais, ses bases sont solides. On a mis du temps, mais tout ce qui est là aujourd’hui ce n’est pas éphémère et l’année prochaine, il y aura autre chose.

 

- A titre personnel, c’est sans doute également votre meilleure saison non ?

- Je ne sais pas. Des gens me le disent (sourire). En tout cas, c’est une saison où j’ai pris énormément de plaisir. Ce n’est pas facile en tant que Française et enfant du club de se faire une vraie place. J’ai prouvé cette année que j’étais là parce que je le méritais. Cette année c’était peut-être plus facile car la seule chose que voulait ce groupe, c’était gagner. On avait toutes notre place, notre rôle dans l’équipe. Contre Mulhouse, c’est une victoire collective au sens large. Cette année, je pense que c’est la saison où j’ai pris le plus de plaisir.

 

- Vous avez même inscrit 19 points en quart de finale aller, votre record cette saison !

- C’est ce qui m’a fait le plus sourire. Jamais, je n’avais mis 19 points contre Mulhouse ! Je me suis même surprise et notre centrale m’a même demandé ce qui se passait ! C’est à l’image de la saison, on est capable de tout.

 

- Vous êtes née à Marseille, vous avez fait toute votre carrière dans le Sud de la France. Vous n’avez pas envie de relever un autre challenge hors de votre région ?

- En fait, je n’y ai jamais songé jusqu’ici. Je joue au volley par passion. J’ai du mal à me dire que c’est un métier. Bernard (Soulas), le président de Venelles, m’a fait confiance quand j’avais19 ans, j’ai grandi avec le club et je n’ai jamais vraiment voulu savoir si je pouvais avoir d’autres propositions ailleurs. Mais ce challenge, je vais le relever l’année prochaine…

 

- Comment cela ?

- En fait, j’arrête le volley l’année prochaine ! Mon copain (Pierre Marche, handballeur professionnel) part jouer à Tremblay, en région parisienne, la saison prochaine et j’ai pris la décision de le suivre.

 

- Mais le volley ne va pas vous manquer ?

- Sûrement que ça va me manquer. Je m’entraîne deux fois par jour depuis que j’ai 15 ans ! Mais je pense que si je réussis la saison que je fais cette année, c’est aussi parce que j’ai trouvé un équilibre autour du volley qui me convient. Sans cela, je ne suis pas sûre que j’aurais pu m’investir comme je l’ai fait. Cette saison, je n’ai rien à perdre, juste à me libérer, m’amuser, redonner à ce club qui m’a tant donné. Après, qui dit que je ne reviendrai pas ? On verra si je peux être autre chose qu’une joueuse de volley !

 

- Et qu’allez-vous faire ?

- Je vais essayer de monter mon entreprise dans le domaine de l’esthétisme. C’est un autre beau challenge.