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le 15/04/2016
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Entraîneur de l’année LAF, le coach du SF Paris Saint-Cloud a apporté au club parisien une autre méthode de travail et misé sur les valeurs du collectif. Il espère que cela suffira demain à passer l’obstacle du Cannet pour se hisser en demi-finales des Play-Offs.

 

 

- Stijn, comment votre groupe a-t-il digéré la défaite au Cannet (3-1) mercredi soir en match retour de ce quart de finale ?

- J’ai vu immédiatement combien la déception était immense après le match et cela me fait dire que la motivation de mes joueuses est grande pour demain. 

 

- Qu’avez-vous retiré de cette défaite, qui puisse vous maintenir en confiance pour le match décisif de demain ?

- D’abord, on n’a jamais gagné au Cannet ces deux dernières années, mais la différence n’a jamais été aussi petite. Au match retour, on a simplement fait plus de fautes qu’elles. Je crois que l’avantage de jouer à domicile, reste un point important. On ne dort pas dans son propre lit, c’est une salle où tu ne t’entraînes pas, tout cela ça joue. Pour demain, ce qui me donne confiance, c’est que je ne suis pas surpris par le niveau du Cannet. On joue l’une des meilleures équipes du championnat, avec des individualités impressionnantes. Au début, la mayonnaise n’a peut-être pas pris, mais cette équipe du Cannet fait aujourd’hui ce qu’elle devait faire depuis le début de la saison. En fait, je ne nous donne pas plus de chance qu’avant le premier match. On a notre libéro (Lisa Menet-Haure) qui est blessée et on a «droppé» Alessia Fiesoli à ce poste-là car on n’avait pas d’autre choix ! Et je lui tire mon chapeau pour ce qu’elle fait. On rame avec les rames qu’on a.

 

- ça veut dire que le Paris Saint-Cloud n’est pas favori de ce match d’appui ?

- Pour moi, on n’est pas favori. C’est du 50-50. Mais cette équipe en veut, elle est ambitieuse et ce serait vraiment une grande déception si on n’arrivait pas au prochain tour.

 

- Y a-t-il une certaine pression dans le groupe autour de ce match, sachant que Le Cannet vous avait déjà éliminé l’an passé en demi-finale ?

- Non, les joueuses ne vivent pas cela comme une pression. C’est une envie, une fierté d’y être et de vouloir continuer. Elles savent très bien ce qu’elles sont capables de faire en groupe. Elles ont envie que la saison dure encore. Si on est éliminé demain, ce serait tellement dommage pour ce jeune groupe qui a progressé tout au long de la saison, mais c’est que l’adversaire aura été meilleur.

 

- Depuis deux ans, vous avez apporté une méthode de travail que l’on n’avait jamais vue en LAF, avec beaucoup d’interactivité entre les joueuses, des sessions en musique. Quels en sont les bienfaits selon vous ?

- C’est une autre façon de travailler, ça c’est sûr ! Je crois que cela enrichit le championnat, quand des entraîneurs de l’étranger arrivent avec d’autres bagages. Et je ne crois pas que ce soit une coïncidence si l’on termine deux ans de suite 3e. Cette année, on a même été longtemps en tête du championnat. Avec l’un des plus petits budgets (700.000 euros) de LAF et quatre tours de Coupe d’Europe en plus ! Après, tous les morceaux du puzzle doivent s’emboîter et les filles doivent croire à la conception de l’entraîneur sur le jeu. Si le groupe n’y croit pas, ça ne marchera jamais.

 

- La musique, les encouragements, ça a un côté un peu ludique non ?

- Non, ce n’est pas ludique, ça travaille surtout ! La musique permet de se surpasser. C’est plus facile. Le plus grand intérêt de la musique, c’est pendant les sessions de muscu, de travail physique. Ça peut aider à oublier l’effort. C’est comme quand on va courir avec son MP 3. Après, le fait de s’encourager est pour moi un concept très fort du sport collectif. On est en équipe, à l’entraînement comme en match. Ça ne sert à rien de s’encourager que pendant les matchs ! Après, je donne pas mal de responsabilités aux joueuses, dans un cadre très défini. Elles savent jusqu’où on peut aller.

 

- Comment avez-vous accueilli votre titre de meilleur entraîneur de l’année ? Est-il plus significatif que ceux que vous aviez déjà obtenus en Belgique, à la tête du VDK Gent ?

- D’abord, ce sont tes collègues qui reconnaissent ton travail. C’est important et ça fait énormément plaisir. Pour moi, ce titre est plus important que ceux reçus en Belgique car on ne sait jamais, quand on part à l’étranger, comment votre conception du métier va être perçue. Et puis en Belgique, j’étais entraîneur de la meilleure équipe du championnat, c’était plus plausible d’avoir un prix. Là, au Stade, c’est moins évident ! Ça donne une motivation et tu te dis que tu ne fais pas tout ça pour rien.

 

- Qu’est-ce qui fait que ça marche et que le Stade Français se hisse au plus près des meilleurs depuis trois ans malgré son petit budget ?

- Il y a plusieurs recettes. L’aspect physique d’abord est important. J’étais professeur à l’université de Gand et Bruxelles, et l’étude de la physiologie de l’entraînement était un de mes cours principaux. Pour moi, l’accent sur le physique, c’est la clé. Une autre clé, c’est qu’on n’a pas de vedette. Ici, c’est le collectif qui compte. On est l’une des équipes les plus jeunes du championnat et ce groupe y met vraiment de l’engagement et une grande discipline.

 

- Mais à un moment, il lui sera sans doute difficile d’aller plus haut si les finances n’augmentent pas ?

- Je pense que les résultats sportifs actuels ne sont pas en balance avec le budget. C’est exceptionnel ce qui est fait ! Si on arrive à faire la même chose que l’an passé (demi-finale), pour moi, ce sera déjà un super exploit. Mais on ne pourra pas faire mieux les années prochaines si le budget ne suit pas. On ne peut pas presser le citron tous les ans comme ça. Je pense que sportivement les limites sont atteintes.