Billetterie

Un oeil sur les bleus en LAM... Par Laurent Tillie

le 04/12/2015
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Laurent Tillie, le sélectionneur de l’équipe de France, porte un regard attentif sur le championnat et suit de près les Bleus et les jeunes pousses prometteuses de LAM.

 

- Laurent, comment prend-on des nouvelles de ses joueurs quand on est sélectionneur de l’équipe de France. Vous les appelez régulièrement ?

- Je ne suis pas un très grand parleur, donc je n’appelle pas spécialement les joueurs, sauf cas exceptionnel. En revanche, j’essaie de voir un maximum de matchs. Et notamment à Cannes, où j’en ai deux sur places, Pierre Pujol et Jonas Aguenier. Et puis, j’ai accès à un site internet d’où je peux télécharger tous les matchs. Donc je me débrouille pour voir les matches de la Ligue et souvent je les choisis en fonction des stats et des joueurs que je veux voir. Je peux voir tous les matchs de la planète en deux clics ! Comme ça je me fais un petit tour d’horizon de tout le monde.

 

- Il y a quatre joueurs du titre européen qui évoluent en LAM : les Cannois Pierre Pujol et Jonas Aguenier et les Sétois Franck Lafitte et Nicolas Rossard. Quel regard portez-vous sur leur début de saison respectif ?

- J’ai trouvé Pierre un peu en manque de rythme sur les deux, trois premiers matchs, mais il a depuis retrouvé une amplitude, une aisance. Il a retrouvé son niveau. Jonas, à l’inverse, a intégré de suite le championnat en étant très compétitif, très performant, ce qui a aussi été le cas pour Franck Lafitte. Nico, j’ai trouvé qu’il avait été un peu timide au début de la saison, mais il commence maintenant à prendre plus de place. Mais c’est peut-être normal car Pierre et Nicolas ont encore moins joué avec l’équipe de France, ils avaient besoin sans doute de retrouver du rythme. Et puis, pour tout le monde, il y a eu une décompression derrière le titre européen. Il a fallu digérer ce que l’on avait réussi.

 

- Même si le noyau dur des Bleus évolue à l’étranger, c’est important pour vous de rester connecté à la LAM ?

- Bien sûr ! C’est important pour moi de voir et de suivre les joueurs du championnat de France. L’an dernier, on termine 4e des Mondiaux avec 9 joueurs sur 14 qui évoluaient en France. Je vois pratiquement tous les  matchs de chaque journée, je m’en fais quatre ou cinq par semaine ! L’intérêt du championnat français c’est qu’il est très homogène, donc tu dois supporter des responsabilités importantes. Si tu joues dans une équipe trop forte où tu domines, il n’y a aucun intérêt. Là, tous les matchs sont tendus. Il faut être fort. C’est intéressant de voir comment des jeunes potentiels prennent ces responsabilités en LAM.

 

- Justement, en parlant de jeune potentiel, avez-vous déjà pu voir jouer Pierre Jean Stephen Boyer, révélation de ce début de saison avec Chaumont ?

- Je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir de visu, mais j’ai «scouté» tous ses matches ! C’est étonnant car ce n’est pas un bon match par hasard. Je l’avais déjà vu lorsqu’il était passé au CNVB, mais là il bluffe un peu tout le monde. Donc à surveiller. Après il y en a d’autres que l’on qu’on connaît déjà un peu plus, qui sont déjà référencés, comme Antoine Brizard (Toulouse), Trévor Clévenot (Toulouse), Quentin Jouffroy (Lyon) ou Thibault Rossard (Sète). Mais c’est vrai que j’ai regardé un peu plus précisément Pierre Jean Stephen et aussi Horacio D’Almeida à Chaumont.

 

- Que pensez-vous du niveau de jeu en LAM ?

- Sur les matchs que j’ai vus, j’étais un peu frustré par le nombre de petites fautes bêtes, mais c’est sans doute parce que je venais d’une compétition à l’étranger où il y en avait beaucoup moins ! Ça manque un peu de physique aussi par rapport aux gros championnats étrangers. Mais en revanche, c’est un championnat où le niveau tactique, au service, est plus riche qu’ailleurs. Et puis ce qui est intéressant, c’est vraiment cette incertitude dans les résultats.

 

- Avec son année exceptionnelle, l’équipe de France fait-elle partie désormais des grandes nations du volley mondial ?

- Quand sur les deux dernières années, on fait 4e du Mondial, vainqueur de la Ligue Mondiale et champion d’Europe, on est en droit de considérer qu’on fait partie de ce gotha-là. On a été la meilleure équipe en 2015, mais on n’est pas la meilleure équipe aujourd’hui car on prépare désormais 2016, une autre échéance. Mais le gotha qu’on a rejoint doit nous inciter au travail et à l’envie d’y rester.

 

- Dans un mois, c’est le TQO à Berlin (5 au 10 janvier), avec les JO en point de mire. Du fait de sa réussite en 2015, la France a-t-elle plus de pression sur ce tournoi qualificatif ?

- Il y a une pression sur toutes les équipes qui font ce TQO. La Russie, la Pologne ont autant de mérite à participer aux JO que nous. Il y a une pression pour tout le monde. Nous, on y pense depuis 2012, c’est ce qui nous fait avancer. Maintenant on connaît l’enjeu, les risques et on sait qu’à chaque match, on va jouer notre vie.