Billetterie

Un œil sur Florian Kilama

le 10/11/2015
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A 33 ans, l’ex international est sorti de sa retraite et a retrouvé avec envie et plaisir cette saison le volley de haut niveau à Martigues en LBM.

 

Son histoire est une œuvre rare, une trajectoire peu ordinaire qui donne à la carrière de Florian Kilama un caractère insolite, un attrait singulier. En septembre 2012, lorsque Tours, où il venait pourtant de se poser, le remercia poliment, une semaine avant le premier match de la saison, lui préférant alors Jean-François Exiga, Florian accusa le coup et flancha. Comme une envie soudaine de tourner la page, de passer à autre chose, de ranger dans la malle les ustensiles du volleyeur. «Ce n’est pas Exiga qui m’a mis un coup, ni le club de Tours. Exiga était libre, c’était le meilleur libéro d’Europe. Pour Tours, c’était une opportunité et je le comprenais. Mais après ça, je n’avais plus envie de déménager encore et je ne savais plus si j’avais vraiment envie de jouer encore à haut niveau au volley. Je n’avais plus envie de me faire mal», raconte le libéro français.

Alors, malgré un statut et un palmarès costaud (champion de France 2003 et vainqueur de la Coupe de France 2004 avec Paris, deux finales LAM avec Poitiers en 2007 et 2008 et deux finales de Coupe avec Beauvais en 2011 et 2012), Florian a tout plaqué et s’est lancé dans la vie active. Mais l’ex international aux 34 sélections en équipe de France a vite déchanté. L’affaire professionnelle dans laquelle il mit toutes ses économies fut un échec. Florian Kilama prenait d’un coup en pleine figure les rudesses de la vie ordinaire, pour laquelle les sportifs de haut niveau ne sont pas toujours formatés. «Je n’étais pas prêt en fait. Je me suis rendu compte que la reconversion, je ne l’avais pas bien préparée. Quand tu quittes le sport de haut niveau, tu n’as rien, tu es comme monsieur tout le monde et je n’étais pas prêt. Je ne savais pas tout ce que cela engageait», avoue-t-il avec honnêteté.

Il a fallu se relever. Le volley fut toujours une bouée précieuse. En 2013, Florian fit une pige de trois matches pour dépanner les potes et le club de Poitiers. Il fit aussi quelques apparitions avec Saint-Benoît dans un club de la région poitevine évoluant en…régionale ! Mais ce n’était que de menus travaux et Florian devait aussi gagner sa vie. Il travailla ainsi huit mois comme paysagiste, en Alsace, où il se ressourçait auprès de ses parents. Et puis un jour, il y eut le coup de fil de Pierre Pujol, l’encourageant à reprendre le volley et le projet de Martigues proposé par l’ex grande joueuse devenue agent, Karine Salinas.

Près de trois ans plus tard, l’histoire a donc recommencé. Florian a rouvert la malle et s’est rebâti un corps d’athlète, perdant quatorze kilos en cinq mois ! Même si le garçon, exigeant envers lui-même, estime qu’il est encore loin de son niveau d’antan, le plaisir est revenu. «Jouer au volley, c’est ce que j’aime et c’est ce que je sais faire le mieux. Je reviens avec une grosse envie et un grand plaisir. Je reprends vraiment goût au jeu, même si physiquement, je suis très loin de ce que j’étais quand j’étais un bon joueur de Ligue A ! Mais je ne me sens pas trop mal. Les sensations reviennent doucement. Je suis bien à Martigues, il y a un bon collectif qui commence à prendre forme. Je pense qu’on va faire une belle saison», envisage-t-il.

L’entraîneur martégal, Christophe Charroux, se réjouit en tout cas de cette audace. «Je voulais un libéro français ou francophone. Quand on a évoqué cette piste, ça m’a tout de suite séduit. Je connaissais bien le joueur et l’inquiétude était plus physique. Mais on s’est dit : «Le pari, on le prend là !» Et pour l’instant, c’est bien lancé. On a été vite rassuré par son comportement, son professionnalisme et tout ce qu’il peut apporter au groupe. Ça a été un peu poussif physiquement au début, mais au niveau volley, c’est un gars à qui on n’a rien à apprendre», résume le coach des Provençaux, qui prédit même une deuxième vie de volleyeur à son libéro. «Sur ce poste-là, il a encore quatre, cinq bonnes saisons à faire en Ligue B. Il aime ça, il aime le volley.» Et sur le terrain, Florian, à nouveau, se sent bien…