Billetterie

Un œil sur Pierre Jean Stephen Boyer

le 06/11/2015
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A 19 ans, le polyvalent réceptionneur de Chaumont effectue un début de saison tonitruant. Mais le jeune homme garde la tête froide et continue de bosser.

 

Après la victoire retentissante de Chaumont en ouverture de la saison, sur le parquet du quadruple champion de France en titre, Tours, il s’est tourné vers Silvano Prandi, son coach, et il lui a lancé, radieux : «J’ai joué le premier match de ma vie !» Le Réunionnais de 19 ans, Stephen Boyer, venait d’inscrire 21 points, tombés de haut comme des coups de tonnerre, des fulgurances divines. C’était arrivé de nulle part ou presque. La saison précédente, à Ajaccio, Boyer avait picoré des miettes de matches, dix-sept apparitions pour six petits points et une frustration compréhensible pour ce jeune garçon, doué et ambitieux, doté de qualités athlétiques et d’une vitesse de bras largement au-dessus de la moyenne. «En Corse, le cadre de vie était parfait, mais niveau volley, ça ne m’allait pas. Sur la fin de la saison, je m’attendais à jouer plus», confesse-t-il.

A Chaumont, en revanche, il ne s’attendait certainement pas à ce que tout aille si vite ! Et son coach, qui en a pourtant façonné des petits génies tout au long de son épaisse carrière, non plus. «Il a été le premier nom écrit sur la liste de recrutement quand je suis arrivé. Mais c’est vrai que je suis surpris un petit peu. Pas à 100%. Mais à 30, 40% surpris», concède le stratège italien.

Avant cette quatrième journée de LAM, où Chaumont reçoit une équipe de Beauvais en forme, Stephen Boyer est tout simplement le deuxième meilleur marqueur de LAM avec 70 points, derrière l’Ajaccien Jovica Simovski ! Et cela en alternant depuis le début de la saison, avec autant d’efficacité et de justesse, les postes de réceptionneur 4 et de pointu, sur lesquels l’adolescent a été formé à grande vitesse, lui qui a commencé le volley il y a…cinq ans seulement, sur son île, au Saint-Denis Olympique Volley-Ball, après s’être essayé au rugby, au basket, au karaté et au taekwondo !

C’est donc une belle histoire en accéléré. D’autant qu’à la base Stephen Boyer ne devait même pas prendre ce chemin-là. Il aurait dû signer à Saint-Nazaire, avant que le club ne se réinscrive pas en championnat LNV pour raisons financières, et il est arrivé à Chaumont dans la peau du troisième réceptionneur-attaquant de l’effectif ! Mais au petit jeu des blessures et dans l’élan de matches amicaux très convaincants, Silvano a vite bien senti le garçon et a décidé de le propulser devant. «Lors de ma première saison à Lyon, quand il était au centre de formation de Montpellier, il était venu faire une semaine de travail avec Lyon et j’avais déjà vu chez lui de bonnes qualités», se souvient le coach. «Physiquement, c’est un joueur de haut niveau. Techniquement, ce n’est pas mal non plus. Et j’ai vu la semaine dernière, quand l’équipe était en difficulté à Poitiers, sa capacité à réagir, à demander les ballons, à être combatif. Il a un bon caractère, une bonne tête. Et puis, il a le talent. Et quand le joueur a le talent…»,

Cela ouvre un grand champ de promesses. Mais Stephen ne veut pas s’emballer, pas se précipiter et surtout pas se perdre. «Ça fait un moment que j’attendais d’avoir ma chance. Avec Silvano, je suis en confiance, je bosse bien. Mais je dois encore travailler la réception, être régulier, enchaîner les matches», analyse-t-il, lucide. Les louanges, les stats, il lit, écoute, accueille avec plaisir, mais il ne veut pas voir plus loin que le prochain set. Alors l’équipe de France n’est encore qu’un point minuscule au bout de la ligne d’horizon ! «Je n’y pense pas. Là, ça fait un peu beaucoup d’un coup. Je ne suis pas prêt pour ça. Je veux juste essayer de bien jouer cette saison et après la suite on verra», confie-t-il simplement. Des objectifs raisonnables, parfaitement en phase avec la posture de son illustre coach, voix de sagesse quand il glisse : «C’est prématuré pour dire les choses. Avec lui, on n’est qu’au début de l’histoire.»