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Présentation de Pierre Pujol

le 30/10/2015
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Champion d’Europe avec les Bleus, le passeur de Cannes, qui défie Tours demain, a dû vite basculer dans le quotidien d’un championnat trépidant.

 

Le bonheur ne s’est pas dissipé. Et sans doute l’accompagnera-t-il tout au long de la saison, blotti au creux d’un quotidien qui l’a déjà avalé, happé, sans lui ôter pour autant les sourires et les souvenirs qui dansent encore quand il évoque l’épopée française d’Italie et de Bulgarie, quand il raconte l’aventure d’un titre de champion d’Europe.

Pourtant, il a fallu faire vite, ranger dans la malle les délices internationaux pour plonger illico dans un quotidien forcément plus ordinaire. «Ce n’est pas simple parce que l’on a vécu des émotions assez exceptionnelles. Derrière, il a fallu tout de suite basculer ! Mais tu n’as pas le choix. Les mecs t’attendent et bossent depuis sept, huit semaines pour être prêts à attaquer la saison», raconte le passeur cannois, qui n’a eu finalement que trois jours pleins pour savourer et souffler.

Mais à 31 ans, lesté d’une carrière de cador, qui l’emmena chez les plus grands d’Europe, à Trévise en Italie, à Kielce en Pologne, qui l’érigea très tôt en petit prince du volley français, qui lui fit aussi prendre «des coups», accepter finalement la patience, Pierre Pujol a appris l’apaisement et la gestion des événements. Et son rappel en équipe de France fin août, en dernière minute à la place de Yoann Jaumel, près de trois ans après sa dernière sélection, il l’a reçu comme une récompense, sans penser une seconde à ses minutes sur le terrain. «Que tu sois titulaire ou remplaçant, le plaisir est identique. On est ensemble, tous champions d’Europe. Après, les choses sont claires, si tu ne les acceptes  pas, tu ne viens pas», relate l’ancien capitaine des Bleus aux 225 sélections.

Fort de cette sérénité, de cette maturité et d’une saison dernière réussie avec l’AS Cannes, Pujol a su faire la bascule en retrouvant le costume azuréen. Son coach, Igor Kolakovic, très tourné vers la discussion et le ressenti de ses joueurs, lui a facilité le retour à l’ordinaire et le passeur cannois n’a pas mis longtemps à s’y remettre, avec une gourmandise et un plaisir encore décuplés par un temps de jeu limité à l’Euro, depuis son poste de doublure de Benjamin Toniutti. A Cannes, les choses sont forcément différentes et Pujol en est le créateur, le faiseur de jeu indiscutable. «Quand tu ne joues pas trop, tu perds forcément un peu de rythme. Alors, même si physiquement c’est compliqué, si mentalement, ça l’est encore plus avec la décompression qui suit le titre, il y a une forte envie de jouer et finalement tu te laisses guider par le plaisir du jeu», explique le double finaliste malheureux de LAM avec Poitiers (2007) et Cannes (2010).

En tout cas, Pujol a déjà bien la tête en LAM et il se régale de cette densité, cette homogénéité qui rend chaque soirée imprévisible. «C’est génial. Ça prouve que notre Ligue avance, progresse et c’est bon aussi pour l’équipe de France», estime-t-il. Et le trentenaire se plaît aussi à vivre son métier de passeur aujourd’hui. «Tu prends plus de plaisir à ce poste avec l’âge. Tu touches tous les ballons, tu évolues dans tes choix, tu ressens mieux ton équipe, tes attaquants, c’est une sensation incroyable, c’est grisant», raconte Pierre Pujol avec le sourire et un ravissement qui, c’est sûr, va l’accompagner toute la saison.