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Interview Victoria Ravva

le 01/10/2015
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Grande star du volley féminin français, Victoria Ravva a tourné la page de plus de vingt ans d’une carrière glorieuse avec le RC Cannes. Sans regret.

 

- Comment décide-t-on de mettre fin à plus de vingt ans de carrière professionnelle ?
Je suis arrivée à un âge (Victoria aura 40 ans samedi prochain) où il est difficile de faire mieux. Les joueuses de 40 ans, on en a rarement vu au très haut biveau. Il est temps d’arrêter. Je sentais mon corps fragilisé et je pouvais claquer à droite à gauche, à tout moment ! Et puis, j’avais hâte de commencer autre chose. Il n’y a pas de frustration car j’ai prolongé au maximum et je me sens épanouie dans ce que je fais maintenant. Je suis partie au moment où j’en avais envie.

 

- Mais peut-on vivre les mêmes émotions que celles que le terrain et les titres vous ont procurées pendant vingt ans ?

Ce n’est pas facile d’égaler les émotions du sport. Mais vivre un match intensément, sans être sur le terrain, c’est possible. J’ai vécu ça avec les volleyeurs français dernièrement, j’étais comme une folle ! Après, dans le boulot, arriver à vivre ça toutes les semaines, ce n’est pas évident. Mais si on fait quelque chose qui nous plaît, chaque petite victoire peut être une émotion agréable.

 

- Justement, quelles sont vos tentations, vos envies d’après carrière ?

Je suis actuellement une formation dans le management et marketing sportif à Limoges. Ça m’a toujours intéressée et j’ai toujours voulu faire ça comme job. Cette formation est extraordinaire et ça me va vraiment bien. Tu fais ça avec d’autres sportifs de haut niveau, c’est aussi une sorte d’aventure humaine. A côté, bénévolement, je travaille au club du RC Cannes, car c’est mon club, ma famille et on n’abandonne pas comme ça. Et puis, c’est un poste que j’aimerais retrouver plus tard après avoir fait la formation. Le management, le marketing sportif, ça peut ouvrir vers un poste de directeur sportif d’un club. C’est un métier difficile, à grandes responsabilités. Cette formation, c’est aussi pour me rendre crédible. Victoria Ravva, la volleyeuse, on oublie. J’ai appris un autre métier et je peux le faire bien !

 

- Quel regard portez-vous sur le volley féminin français ?

Le volley féminin français au niveau international ne m’inspire rien du tout malheureusement. Cette équipe de France délaissée, abandonnée, ça m’inspire beaucoup de tristesse, de révolte. Elle ne mérite pas d’être oubliée même si elle ne peut pas rivaliser avec celle des garçons. On ne les a pas aidées, les filles. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Il faut un projet de longue durée, trouver quelque chose de cohérent, de réaliste. D’ici cinq, six ans, on aura peut-être les premiers résultats.

 

- Entre Le Cannet, l’ambition du Stade Français, Mulhouse qui veut revenir au premier plan, la concurrence semble plus grande pour le RC Cannes en LAF, qu’en pensez-vous ?

Moi je vois ça comme une bonne chose. Certes, aujourd’hui, à Cannes, on a baissé un peu le niveau, on est parti dans la reconstruction, avec les jeunes, mais les autres clubs montent et tant mieux ! ça va ouvrir le championnat et donner aux autres équipes, l’espoir de croire qu’elles peuvent gagner. Plus on a de concurrents, mieux c’est pour le championnat et pour le RC Cannes. ça va tirer la LAF vers le haut.

 

- L’exposition des championnats sur L’Equipe 21 peut-elle être un levier formidable pour le volley français ?

C’est une très belle exposition pour le volley français !  La chaîne est accessible au grand public. Et cette exposition va aider la Fédération, la Ligue à bien vendre le volley et pousser les clubs à mieux s’organiser, car on ne peut pas se louper. Ca met une petite pression sur les clubs, mais une bonne pression. C’est un coup de pouce, ça les professionnalise un peu quelque part.

 

- La victoire des Bleus à l’Euro peut-elle faire décoller le volley ?

C’est une bonne chose, c’est même extraordinaire. C’est beau d’atteindre ça, avec un volley à la française. On ne pouvait pas espérer mieux. Maintenant, il faut que ce pic, cet élan se prolonge, que ce ne soit pas un mois, deux mois, mais qu’il y ait un vrai suivi et qu’on profite de ce résultat pour mettre en avant ce sport.

 

- Parlons un peu de votre future carrière de consultante sur L’Equipe 21. C’est un métier que vous vouliez approcher ?

Sincèrement, je n’ai jamais pensé que je ferais ça un jour. Quand la chaîne m’a proposé ça, j’ai été très agréablement surprise, mais ça me met un petit coup de pression aussi ! C’est un métier à part entière, il faut savoir dire les choses au bon moment et le français n’est pas ma langue maternelle, les mots ne viennent pas aussi naturellement que ça. J’espère être à la hauteur.

 

- Que pensez-vous pouvoir apporter dans ce domaine ?

Humblement, je crois faire partie des volleyeuses qu’on connaît et j’espère que ça va permettre que des gens s’arrêtent sur un match. Je vais rester moi-même, avec peut-être des interviews plus «volleyballistiques», des questions un peu différentes de celles des journalistes. Je n’ai pas encore assez de recul mais je vais essayer d’apporter juste un petit plus pour médiatiser ce très beau sport.