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Ravva, les adieux d’une reine

le 10/05/2015
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Victoria Ravva, la star du RC Cannes, a mis un terme samedi soir à son immense carrière de joueuse après avoir remporté un 19e titre en 20 ans passés sur la Croisette.

 

L’an passé, à la même époque, Victoria Ravva avait fondu en larmes. La star du RC Cannes, tout juste titrée pour la 18e fois, ne savait pas si son corps, meurtri par une saison de blessure(s), allait lui offrir un peu de rab. Cette fois, cette année, « Vica » savait que ce serait la fin. C’est assise sur le banc, la tête dans les mains, qu’elle a passé les derniers points de la finale de la Ligue AF. Avant de bondir, pour célébrer, comme une gamine, la 19e couronne de son immense carrière.

 

« Je suis contente, je suis heureuse, a-t-elle expliqué, entourée d’une nuée de micros et de caméras, après un match où elle aura encore été déterminante pour son équipe avec ses 19 points. Je ne pense pas au fait que c’est fini. Tout est mélangé. Le match, le travail de toute une année. Finalement, on s’en fout que j’arrête. Les filles ont bossé toute une année. C’était impossible d’imaginer une défaite. Mais ça a vraiment été difficile, on a vraiment dû aller la chercher, cette finale. Je suis fière de mon équipe. On n’est peut-être pas l’équipe la plus brillante que l’on a pu avoir à Cannes, mais on a su prendre notre revanche (de la Coupe de France, remportée par Le Cannet, ndlr), c’est ça l’important. »

 

« Merci Vica ». C’était le message des spectateurs de la Halle-Carpentier, qui ont rendu un hommage vibrant et mérité à la reine Victoria, icône de son club et de son sport. « Sincèrement, je m’en fous d’être une star, explique-t-elle. Je n’ai jamais cherché à être aimée, j’ai toujours cherché à être respectée par mon travail. Mais avec tout ce que je vois autour de moi, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai gagné le respect et l’amour des gens. Ça me touche énormément. Et ça m’étonne, parce que je n’ai rien fait de spécial. J’ai juste été moi-même. Je n’ai pas cherché à me construire une image. C’est sans doute parce que mes parents m’ont bien élevée. »

 

Et maintenant, il est temps de passer à autre chose. « C’est la fin d’une magnifique partie de ma vie. Maintenant, il y a autre chose qui se prépare. Je vais essayer de faire en sorte que ce soit aussi magnifique, parce que je le dois à mes parents, à mes enfants, qui m’ont suivie, qui ont tout arrêté pour moi. Ma carrière, c’était leur vie. J’arrête, c’est un soulagement pour moi, mais vous ne pouvez pas imaginer à quel point ça perturbe mon entourage. Je n’ai pas le droit de rater le reste ma vie. Ils me regardent tous, ils attendent de moi que je fasse des choses exceptionnelles. »

 

Evidemment, Ravva n’imagine pas son avenir loin du volley. « J’aime tellement ce sport, je l’aime toujours. Vous ne pouvez pas imaginer. Je pourrais mettre dix ans à vous expliquer à quel point ce sport est important pour moi. Tout mon corps est rempli par mon amour pour ce sport. C’est un truc de fou. »

 

Son avenir ? Beaucoup la voyait prendre place sur un banc. Mais ce ne sera pas le cas dans l’immédiat. « Coacher ? Non, j’aime tellement mon entraîneur (Yan Fang, ndlr), je ne vais pas lui faire tout de suite de la concurrence. Je lui laisse encore quelques années. Mais je vais reprendre une formation de management en marketing. J’ai envie d’apprendre un métier. Je me sens bien dans ce domaine. Je connais bien le monde du sport, mais peut-être pas assez. Il me faudra apprendre. Mais j’ai un super club, tout près de moi, qui me permettra d’être stagiaire. Une toute jeune stagiaire (rires). Je serais fière de récupérer, un jour, peut-être, le rôle de manager dans ce grand club. Ça me permettrait de continuer cette magnifique aventure avec le Racing. » Même si avec ce départ, c'est forcément une page de l'histoire du RC Cannes qui se tourne.