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« On est dans notre truc »

le 23/02/2021
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Leader incontestable en LAM, Montpellier réalise jusqu’ici une saison impressionnante. Son entraîneur, Olivier Lecat, ne cache pas les ambitions du club qui ne cesse de grandir et qui dispute demain en Russie la demi-finale aller de la CEV Cup face au Dynamo Moscou.

 

Olivier, Montpellier est désormais un leader confortable en LAM. Comment allez-vous gérer cette fin de saison régulière dans cette position-là ?
Ça ne va pas changer grand-chose à notre posture. On est là où on avait l’ambition d’être, sans aucune prétention. On voulait être dans le top du classement, on travaille pour ça. C’est encore un besoin pour le club de montrer de la régularité au très haut niveau. C’est comme cela qu’on s’est construit depuis quatre ans. C’est vraiment ce qu’on recherche, avec le président, d’avoir une image positive, une image d’équipe régulière, avec du travail bien fait. On n’est pas rentré dans la logique des séries. On essaie de repousser nos propres limites au quotidien. C’est la meilleure façon de bien préparer les Play-Offs. Bien sûr, on sera attendu, mais on est avant tout attendu par notre propre ambition. On ne s’est pas caché depuis le début, on a posé nos ambitions, les joueurs, le staff, de se présenter dans la saison pour essayer d’aller gagner le titre. Aujourd’hui, on avance, comme d’autres équipes, comme celles collées à nous. Cannes, Chaumont, Tours et tous les autres. C’est la bataille partout. Nous, on a un peu de marge pour ne pas être stressés dans tous les sens. On va essayer de continuer à bien gérer. Là, on a un beau cadeau avec la demi-finale de Coupe d’Europe à Moscou mercredi. ça va continuer à nous challenger. On est dans notre truc. On avance. On verra dans quelques semaines si ça tient. Mais d’ores et déjà, on fait un travail phénoménal cette année. On sait pourquoi on se lève depuis le début de la saison. On sait que c’est une mission compliquée, mais on se remplit de confiance sur ce qu’on est capable de faire.

 

Ce qui est assez notable, c’est tout à la fois la grande discipline dans votre jeu et cette grande variété offensive !

On n’est pas dépendant. J’irais même plus loin : c’est la philosophie du jeu que je prône depuis que je suis arrivé, avec un jeu à haute intensité, un jeu équilibré et surtout ne pas créer des dépendances d’un côté ou de l’autre du filet. Ça se traduit dans la construction d’équipe. Ryan (Sclater) est un pointu à profil de vitesse, qui convient parfaitement à notre jeu. On a des centraux d’une grande complémentarité, de la vitesse avec Nico Mendez, de l’altitude avec Palacios, on s’appuie sur une «récep» qui est l’une des meilleures de France. On a maintenant des joueurs avec de l’expérience, qui arrivent dans les bonnes années. Je ne parle pas de Javier (Gonzalez) et Alexis (Gonzalez) qui, eux, font durer le plaisir (sourire) et qui sont d’une grande jeunesse encore en termes d’état d’esprit, de volonté de performer. C’est un équilibre. Effectivement, on est discipliné, mais on prend goût à défendre tout le boulot qu’on a mis en place.

 

Un tel équilibre aurait pu froisser certains egos, or, ce n’est visiblement pas du tout le cas ?
Tout le monde a adhéré au projet, à ce projet de jeu, d’équipe. Il a fallu un petit peu de temps pour que tout le monde y voit un peu clair dans les différents équilibres. Que Javier et Tom (Thomas Gill, le deuxième passeur) comprennent quelle est l’ADN de cette équipe. Nico Le Goff n’a pas forcément quarante ballons au centre, comme peuvent en avoir les centraux de Tourcoing, mais on n’y trouve l’équilibre et ça ne l’empêche pas d’avoir des gros matches, comme celui contre Tours. On essaie d’avoir une multitude de forces dans notre jeu et de les utiliser en fonction des besoins, de la stratégie de telle ou telle équipe. C’est ce qui nous définit aujourd’hui. L’idée c’est de faire durer cela et de rester performant sur les prochaines semaines.

 

Montpellier avait pour habitude ces dernières années de réussir ses saisons régulières mais de coincer un peu en Play-Offs. Est-ce une crainte que vous avez encore ?
Non. L’an dernier, il n’y a pas eu de Play-Offs et on était déjà très solide. Et les premières années étaient des exercices où on a lancé des jeunes joueurs. Aujourd’hui, on n’est plus seulement dans la formation. On est allé chercher des joueurs qui ont gagné, qui savent gagner, qui ne vont pas pointer en Play-Offs en se disant : «Là, c’est chaud, c’est plus dur.» Après, on n’a pas été éliminés par des peintres non plus ! On perd à Paris sur une série énorme, on perd contre Chaumont où, là, on finit sur une mauvaise qualité de jeu sur la dernière année de Jean (Patry). Mais globalement, on était encore à courir après plusieurs choses : montrer que l’on travaille bien, pérenniser les qualifications en Play-Offs, le seul objectif qui m’était assigné au tout début. Mais comme on a explosé les compteurs, la gourmandise est très vite arrivée, mais on n’était pas encore stabilisé. Aujourd’hui, on a stabilisé beaucoup de choses. On fait un gros boulot avec le club pour continuer à progresser sur ces petites choses «invisibles» au quotidien, mais qui sont des immenses détails et des clés de performance dans la durée. On travaille dans la «compet» et autour, on continue d’avoir cette envie de progresser. On est tout le temps dans cette recherche-là. J’ai l’impression que ça transpire, que le club bouge. Ça crée de l’appétit. On a un groupe cette année qui est, humainement, très équilibrée, qui est riche de variété, de force de caractère, de folie. On verra si c’était la recette idéale. On ne s’est jamais projeté trop loin, si ce n’est dans l’ambition. On n’a jamais eu peur. Ce n’est pas aujourd’hui que l’on va commencer. On va jouer les ballons en Play-Offs comme on joue les ballons en saison régulière. Même si de temps en temps le ballon est un peu plus lourd. Mais il est plus lourd pour tout le monde.    

 

Et puis il y a aussi cette demi-finale de CEV, un gros rendez-vous dans l’histoire du club ?
Et puis quelle demi-finale ! Le Dynamo Moscou est en tête de la Superligue russe, il a gagné la Coupe de Russie. C’est quelque chose qui va, quoi qu’il arrive, continuer à nous faire grandir, à nous obliger à sortir de notre zone de confort et aller chercher encore des choses pour nous adapter, sinon on va se faire corriger. Les mecs sont très impatients d’en découdre. On a envie de se pointer et de regarder ce que l’on est capable de faire sur ces deux confrontations. Parfois, je m’arrête et je me dis : «Mais on parle de Montpellier comme d’une grosse machine !» Quand je suis arrivé, l’équipe se maintenait les années précédentes à la dernière ou l’avant-dernière journée. Il faut rester humble et gourmand. C’est fabuleux ce que l’on vit et les deux matches qui sont face à nous, ce sont des cadeaux que l’on s’est fait. On a envie de s’amuser.