Billetterie

« Persuadé qu’on a une excellente équipe »

le 06/12/2019
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Confronté à un début de saison délicat, notamment avec l’absence pour raison de santé du coach, Brice Donat, Poitiers essaie de gérer au mieux la situation. Mais son président, Claude Berrard, reste convaincu que le SPVB 2019-2020 est un bon cru, capable de rentrer dans le Top 8 et disputer les Play-Offs.

 

Poitiers a connu un début de saison très délicat, avec notamment les ennuis de santé (oreille interne) de votre entraîneur, Brice Donat. Comment avez-vous géré la situation ?

On le gère mal au départ. On le gère très mal parce que ce n’était pas prévu. Il était déjà malade, mais je pensais qu’il allait reprendre. C’est au dernier moment, dans les derniers jours, que ça s’est passé. Il était vraiment en incapacité de reprendre. Il a fallu s’adapter et heureusement que l’on avait Rogerio (Brizola, entraîneur-adjoint). Autrement, j’aurais dû prendre un autre entraîneur et le garder jusqu’en juin ! Je remercie la commission qui nous a autorisés à faire cela. De toute façon, c’est quelque chose de provisoire, qui n’aurait pas pu durer au-delà du 1er janvier. Mais depuis deux jours, je peux annoncer qu’il (Brice Donat) va revenir !

 

C’est une bonne nouvelle ça !

Ça a été décidé il y a deux jours. Je l’ai annoncé à mes joueurs hier. Il devrait reprendre au 1er janvier, à la fin de son arrêt puisqu’il est arrêté jusqu’au 31 décembre.

 

Et comment va-t-il ?

Ce que je peux dire, d’autant plus que je suis médecin, c’est qu’il a la forte volonté de reprendre mais il n’est pas encore à 100%. Il va falloir qu’il soit entouré. De toute façon, Rogerio reste son adjoint, à 100%, et on va lui alléger le travail. Mais il va falloir aussi qu’il s’allège son travail.

 

Ce n’est pas trop le style de Brice Donat d’en faire moins pourtant ?

Ah non. De toute façon, c’est un malade (sourire) ! Un malade de boulot. Mais à un moment donné, on va adapter son travail. Par exemple, la musculation le matin, avec le préparateur physique, il n’a pas besoin d’y être. Il peut se reposer et être là l’après-midi pour l’entraînement. Pour les soirées, je ne suis pas chez lui, mais il va falloir qu’il débranche les vidéos ! Il passe des heures et des heures, ce qui est formidable puisque ça nous permet tous les ans de sortir un joueur extraordinaire du chapeau. On a eu Nimir (Abdel Aziz), on a eu Mohamed (Al Hachdadi), là il nous sort le petit Brésilien que personne ne connaissait (Chizoba Neves Atu), qui se retrouve 4e meilleur marqueur du championnat ! Il a un don extraordinaire pour ça, mais ce don est fait de beaucoup de boulot. Là, il va falloir qu’il débranche un peu de temps en temps.

 

Après ce qu’il vient de traverser, il a sans doute pris conscience de cela non ?

Il en est très conscient mais je ne suis pas persuadé qu’il l’applique. Il est tellement perfectionniste qu’il aura toujours envie de le faire. Il dit qu’il en fait trop, mais je ne suis pas persuadé qu’il va en faire moins. Il a ça dans la peau et je ne peux pas râler parce qu’il travaille trop (sourire).

 

Avez-vous senti le groupe affecté par l’absence de son coach en début de saison ?

Oui bien sûr. Cette équipe, c’est lui qui l’a composée, c’est lui qui a discuté avec eux. Il a eu un contact permanent avec eux et quand ils arrivent, ils ne savent même pas quelle tête il a ! Il y a forcément un manque du côté des joueurs. Sans vouloir dénigrer Rogerio, qui a fait un formidable boulot. Avec Julien Gomme, ils ont sauvé la maison ! Mais c’est sûr que les joueurs attendent l’arrivée de l’entraîneur principal. Ils ont été frustrés sur cette première partie de saison et ils attendent ça. Et puis, vous avez vu le championnat. C’est un championnat de fou ! On perd un point à Tourcoing, un point à Rennes et deux points à Cannes, qu’on ne doit jamais perdre. Et avec quatre points de plus, on serait 6e !

 

Il n’y a donc pas de défaitisme chez vous, mais plutôt de l’optimisme ?

Je reste persuadé depuis le début qu’on a une excellente équipe. Je suis persuadé que l’on va être meilleur que les précédentes saisons. On a tout eu là : l’entraîneur qui n’était pas là, le passeur américain (Micah Ma’a) qui est arrivé très tardivement et notre pointu titulaire, l’Estonien (Renée Teppan), qui est arrivé avec une épaule blessée et qui est seulement en train de revenir ! Je ne suis pas du tout pessimiste. On a un gros potentiel, qui marche en alternatif jusque-là. Et puis, il ne faut pas oublier qu’on est qualifié pour les demi-finales de la Coupe de France, avec Toulouse, Paris et Tours. On est un peu un diesel, on démarre doucement. Mais quand on va partir, on va partir (sourire).  Avec la formule de Play-Offs, tu termines 1er ou 8e, tu peux être champion de France ! Il faut être dans les huit, parce qu’autrement, c’est vrai qu’on aurait un peu une impression d’inachevé.

 

D’autant que Poitiers, de par son histoire, reste un bastion du volley français

Oui, mais ça reste aussi une petite ville. Ce qui est certain, c’est que les joueurs qui viennent considèrent toujours Lawson-Body comme un peu un temple du volley. C’est un peu la cathédrale. Je ne pense pas qu’on a retrouvé l’aura que l’on avait quand on était champion ou vice-champion pendant quatre, cinq ans (2007, 2008, 2011, 2012). Une grosse crise comme celle que l’on a vécue, ça laisse toujours des traces. La reprise de confiance se fait au fur et à mesure des années.